Vietnam Sud: de Can Tho à Hoi An (11 jours)

Hoi An

Nous nous levons tôt pour prendre un minibus jusqu’à la frontière entre le Cambodge et le Vietnam, avant de rejoindre Chau Doc en bateau sur le Mékong. De là, nous prendrons un second bus jusqu’à notre destination du jour, Can Tho, dans le delta du Mékong au sud Vietnam. Le trajet doit durer 7 heures, plus ou moins.

Can Tho

Le minibus récupère 2 autres couples à leur hôtel respectif, puis nous dépose tous sur une grande barge-restaurant d’où partent les bateaux sur le Mékong. Les deux couples embarquent et on nous demande d’attendre un peu pour notre bus. Puis, un gars propose à David de faire le trajet en bateau, beaucoup plus sympa, moyennant 5 $ de plus par personne. David refuse, sauf si c’est au même prix. 20 minutes plus tard, le gars revient et dit à David : ok, vous pouvez monter dans le bateau, sans supplément… Presque bon prince! Nous embarquons dans un petit bateau lent et bruyant, pour arriver à Chau Doc à 16h! Quand le même trajet en bus ne devait durer que 4 heures. Mais il faut attendre encore 1 heure pour prendre le bus pour Can Tho. Encore 4 heures de route avec la climatisation à fond, comme la musique locale d’ailleurs, puis la diffusion d’un spectacle « comique » qui durera jusqu’à l’arrivée. Sous les applaudissements, le « sound system » du bus est au bord de la rupture, et nos nerfs n’en sont pas loin non plus!  Bilan des courses: 14 heures porte à porte pour arriver à Can Tho… Juste le temps de déposer nos sacs à l’hôtel, et nous ressortons pour essayer de trouver un restaurant qui sert encore. Le seul qui nous accepte alors qu’il commençait à fermer est une « pizzeria » tout ce qu’il y a de plus vietnamien, qui a ouvert ses portes… aujourd’hui! Et oui, c’est la journée de la guigne!! Heureusement que le sourire et la gentillesse du serveur nous font oublier le goût de la pizza. On est loin du gastro mais pas loin de la gastro…

Ballade sur le Mékong

Ce matin, pas de stress. Nous allons nous promener sur les bords du Mékong, et ne faudra pas longtemps pour qu’une femme nous propose un petit tour d’une heure en barque à moteur sur le Mékong et ses canaux. On accepte puisque de toute façon il est trop tard pour le marché flottant que nous reportons à demain. Petite ballade sympa, même si le temps est très couvert. Les plus petits bateaux circulent entre les plus gros, et ici l’activité sur le Mékong ne s’arrête jamais.

En famille avec Sa

Depuis que nous le suivons, au nord du Laos, il est devenu de plus en plus actif au fur que à mesure que nous descendions vers le Sud. Sur les  canaux, des petites maisons sur pilotis et une barque devant chacune d’elles, pour seul moyen de locomotion. Dans le fleuve, on fait la vaisselle, on lave son linge… Les enfants nous disent « Hello » et Sà, notre batelière, nous apprend quelques mots de vietnamien, et c’est pas facile du tout!!! Retour sur la terre ferme et rendez-vous avec Sà demain matin, à 5h30 pour le marché flottant de Cái Rang.

Sà

Nous allons déjeuner sur les bords du Mékong, avant de retourner à l’hôtel pour une après-midi à travailler sur le blog et le programme des prochains jours. Puis nous allons dîner sous la pluie. David teste le serpent, pas mal, et moi la fondue vietnamienne, un bouillon brûlant bien parfumé dans lequel on fait cuire de petits morceaux de viande et de poisson, avec des plein d’herbes fraîches, des fleurs de courgettes… Et ensuite on verse un peu de tout ce délicat méli-mélo sur les nouilles de riz. C’est un vrai régal.

Le réveil sonne à 5h30. Ça pique! David et moi nous préparons doucement pour ne pas réveiller les enfants, puis nous descendons pour retrouver Sà, mais il pleut. Je décide de ne pas faire la balade pour éviter d’attraper mal encore une fois. David lui ne renonce pas et va visiter le marché flottant sous la flotte. Puis après un petit déjeuner tous les 4 devant l’élection de Miss Monde, nous remballons doucement nos affaires avant d’aller prendre notre bus frigorifique avec de la bonne variété vietnamienne, pour Ho Chi Minh City (3h30).

Ho Chi Minh

Nous nous posons dans le quartier routard de Pham Ngū Lão. La ville est immense et le flot perpétuel des deux roues est hallucinant. Comme nous ne restons que 2 nuits, nous avons choisi ce quartier « facile » bien que très occidentalisé, façon Khaosan Road à Bangkok avec les scooters en plus et quelques bars filles. A la nuit tombée, nous décidons d’aller au 50ème étage de la Bitexo Financial Tower (emblème s’il en est de la nouvelle prospérité vietnamienne) pour une vue à 360º sur cette ville gigantesque. Les enfants sont ravis, c’était un peu le but d’ailleurs. En redescendant, une machine crache de la mousse pour simuler la neige sur le grand sapin qui trône au pied du building. Chacun y va de son selfie, et au vu de la population, on sent tout suite que nous sommes dans les beaux quartiers. Ensuite, nous nous baladons sur les Champs-Élysées de Saïgon, l’avenue Nguyen Huê, pétaradante de couleurs et bordée de boutiques et d’hôtels de luxe. Il y a un monde fou. Puis nous allons dîner et rentrons en taxi sous la pluie.

Ho Chi Minh

Réveil tranquille ce matin. Nous décidons de trouver un centre commercial ou quelque chose qui y ressemble pour trouver un petit cadeau aux enfants, histoire de marquer le coup. Nous allons vers Saigon Square (conseillé par l’hôtel) en traversant d’abord rapidement le marché Bên Thành, parce les enfants ne raffolent pas de ce genre de visite. Arrivés à Saïgon Square, nous nous retrouvons dans une espèce de marché couvert où on ne vend que des vêtements comment dire, « locaux » et nous rebroussons chemin aussitôt. Nous retournons sur les « Champs-Élysées », où nous allons dans un autre centre commercial très bling bling, très cher et très vide! Nous sommes très…déçus! Déjeuner et retour à l’hôtel parce qu’il faudrait peut-être travailler un peu. Mais avant, on s’échauffe les baskets, on s’agite les mirettes, parce qu’ici à Saïgon, traverser la rue est un sport extrême dans lequel David s’est illustré, non sans une certaine témérité… Mais pour la médaille, il manque encore un peu d’entraînement! Il faut juste savoir que les scooters ne s’arrêtent jamais, au mieux ils slaloment entre les piétons mais c’est plus souvent le contraire! Ouf, on y est arrivé… En fin de journée, on va boire un verre dans le quartier avant d’aller dîner dans un tout petit resto extra: le Bun Cha. Mae craque finalement sur une paire de baskets. Joyeux Noël ma douce.

Ce matin, les yeux des enfants ont du mal à s’ouvrir. Nous n’insistons pas trop et allons prendre le petit-déjeuner sans eux. Nous somme le 24 décembre, et l’hôtel nous offre un breakfast Deluxe dans un hôtel du même groupe, au bord d’une jolie piscine. Le buffet est généreux et le service adorable, la journée commence bien, c’est déjà Nöel! Dommage que les enfants ne soient pas venus. Puis, le temps de faire les sacs, nous rejoignons le bus qui nous emmène à Mui Ne, en bord de mer. Et là, surprise! C’est un bus couchette ( il est 11h du matin) avec une banquette inclinée pour chaque passager. Bouteille d’eau et lingette rafraîchissante, s’il vous plaît! Le voyage s’annonce  déjà merveilleux… Et c’est pas fini: il y a le wifi, oui Madame! Le rêve quoi, Noel continue. Du coup, nous avons profiter du trajet (4h) pour réserver nos prochains hôtels.

Bus couchette

Notre déjeuner de Noël a consisté en un sandwich vietnamien, plein de choses difficilement identifiables à l’exception du concombre et de la coriandre. Sur nous quatre, 50% s’en sont contentés, on vous laisse deviner qui?!  Bananes et pamplemousse ont complété ce déjeuner exotique, dans notre bus top confort. Nous sommes arrivés à Mui Ne, gentille station balnéaire où les vagues pourraient presque frapper à la porte de notre chambre.

Mui Ne

Le courant est fort et les voiles des kitesurf virevoltent au-dessus de la mer agitée. Avec David, nous nous mettons en quête d’un endroit sympa pour « réveillonner » ce soir. C’est Noël quand même, et ce soir nos proches nous manquent encore plus que d’habitude. Nous irons dans un restaurant au bord de l’eau, avec barbecue à volonté. En attendant, nous buvons une bière en amoureux, avec le soleil couchant en toile de fond (c’est romantique, hein?). Puis nous allons réveillonner tous les quatre,  autour d’un repas pas terrible arrosé d’un mauvais vin. Vers 22h30, nous rejoignons Morphée, en laissant derrière nous ce Noël qui n’en avait que le nom.

Mui Ne

A 6h30, la mer nous chante sa douce chanson, et nous ne résistons pas. Alors que les enfants dorment, David et moi enfilons nos maillots pour aller piquer une tête. Il faut d’abord descendre la digue bétonnée qui protège les hôtels (construits bien trop près de l’eau, c’est ahurissant)  des vagues puissantes. À marée basse, la digue pentue est couverte d’algues super glissantes mais le temps d’avertir David du danger, je l’entends pousser un petit cri , et je le vois dégringoler toute la pente sur le cul, juste au moment où un touriste passait justement par là. David fait bonne figure en rigolant devant le gars, et moi je suis pétée de rire de mon côté… J’ai mis 10 minutes à m’en remettre et j’en pleure en l’écrivant! C’est pas drôle, il s’est fait mal mon chéri, maintenant il est tout tordu du dos et moi de rire…!

La baignade matinale est vraiment agréable, on voit des hommes et des femmes qui s’affairent à ramasser les coquillages avec leur petite charrette à brasser le sable, pendant que la mer est basse et encore calme. Mui Ne est un spot de windsurf et surtout de kitesurf, et l’après-midi, la mer s’agite vraiment et les voiles colorées flottent à l’horizon. Après la petite baignade, nous marchons un peu sur la plage, puis nous retrouvons les enfants pour un petit déjeuner en famille. Nous passons le reste de la journée au calme, avec un peu de travail au programme. Le soir, nous sommes allés manger dans un resto du bord de mer, un parmi tant d’autres qui semblait plus fréquenté. Le concept est simple: sur le trottoir, on choisit dans les viviers, poissons, crevettes, langoustes, clams, calamars ou pour les plus aventuriers, crocodile, tortue, grenouille qui sont préparés au barbecue. Tous les restaurants de la rue principale font la même chose, et si le concept est bon le service de celui-ci est à pleurer…

Ce matin, je réveille Maé pour une petite baignade matinale. On se régale. David en profite pour aller à la petite agence de voyage d’en face pour réserver les billets de train, un peu plus compliqué que prévu car nous n’avions pas anticipé qu’il fallait 13 heures pour aller à Hoi An, notre prochaine destination. Le prix lui non plus (40€/personne) n’était pas vraiment prévu! Bref, David réserve donc. Ensuite nous louons deux mobs pour aller un peu explorer les alentours. Direction le village de Mui Ne, où nous trouvons difficilement un endroit pour déjeuner au bord de l’eau (oui, on a beaucoup de problèmes ;-)).

Mui Ne

Après quoi nous allons piquer une tête dans les vagues sur une plage complètement déserte, avant de reprendre nos bécanes, jusqu’aux dunes de Mui Ne. A peine nous nous arrêtons sur le bord de la route qu’une horde de gamines nous harcèlent pour nous louer un grand morceau de plastique semi-rigide qui fait office de luge pour dévaler les pentes ensablées. Nous nous garons, et la meute revient à l’assaut, malgré notre refus. Certaines nous suivent même dans la montée dans l’espoir de nous voir changer d’avis…

Les dunes de Mui Ne

C’est beau, ces jolies dunes orangées, qui font face au rivage. C’est pas le Pyla non plus, mais c’est assez surprenant de voir ça ici, au Vietnam. Les enfants s’éclatent dans le sable, roulé-boulé et course poursuite, j’adore!

Les Dunes de Mui Ne

Ensuite, nous filons vers la Fontaine de la Fée, un genre de petit canyon creusé dans les dunes, où coule un petit cours d’eau verdoyant que l’on remonte les pieds dans l’eau. Rien d’extraordinaire, mais la ballade est très agréable, et peu fréquentée. On discute, on blague, on se chamaille, on passe un bon moment.

Fairy stream

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Un peu plus tard, nous allons dîner dans le restaurant attenant au minigolf. Le cadre est le repas sont parfaits! Puis nous faisons une partie de minigolf, dans un très beau jardin tropical. Excellente dernière soirée à Mui Ne.

Le train Mui Ne - Hoi An

Nous nous retrouvons à 7h30 au petit déjeuner. Un gars de l’agence de voyage nous dépose les billets de train et nous voilà partis en taxi pour la gare. En regardant les billets, David s’étonne que les numéros de sièges (de couchettes en fait) ne soit pas consécutifs. Puis, il voit qu’il est inscrit hard sleeper (comprenez banquette dure) alors que nous avions réservé des soft (plus confortables, quoi!). Ça sent bizarre, là! Je regarde les billets à mon tour, j’essaye de voir ce qui se cache sous ce gros feutre noir qui renâcle la dissimulation. C’est en fait une petite étiquette coloriée au feutre. Et en soulevant, surprise, c’est comme les tickets de tacOtac, tu vois la somme que tu aurais pu gagner! Nous on voit la somme qu’on aurait dû payer, 2 fois moins cher que ce que nous avons donné à ce bandit. Tout devient plus clair: on a payé le double du prix, pour des banquettes pourries dans des compartiments séparés et en plus, le train arrive à 35 kilomètres de Hoi An. Comment vous dire que ce sentiment d’être pris pour un pigeon est insupportable, surtout que nous nous étions renseignés dans une autre agence avant, qui était au même prix. Comme quoi la pratique est courante, et c’est très très énervant. Nous essayons de changer de catégorie à la gare, mais sans succès.  Nous montons dans le train, David et Pablo dans une cabine de 6 couchettes, et Mae et moi dans celle d’à côté. Un couple de Vietnamiens mal léchés arrivent, dans la cabine, nous bousculent pour déposer tous leurs sacs, avec un regard noir. Maé et moi nous grimpons comme nous pouvons, à l’aide d’un pauvre cale-pied par étage, jusqu’à notre couche, au dernier niveau, le pire! Nous nous allongeons sur notre planche de bois généreusement garnie d’un « matelas » de 2cm d’épaisseur, puisque nous ne tenons pas assises. Il y a environ 30cm entre notre front et le plafond, d’où jaillit l’intarissable source d’air froid, qui vient se nicher là, juste dans le cou!

Le train Mui Ne - Hoi An

Les 13 heures de train vont passer très lentement, de petits sommes, en wagon « restaurant » où tous les employés se retrouvent pour manger en buvant du whisky et en fumant des clopes. On se demande presque si les passagers ont le droit d’être là… Nous passerons finalement une bonne moitié du trajet dans les wagons classiques, avec des sièges, après avoir arpenté la rame en long et en large, et avoir vu toutes les catégories du train – où les inégalités sociales ne sont que trop criantes – et s’être rendu compte que nos couchettes, en fait, c’est le grand luxe!

Le train Mui Ne-Hoi An

Pablo lui récupère  tout le sommeil qu’il a en retard, et manifestement, il est vraiment dans les choux. Juste avant d’arriver, en voulant prendre les billets de train en photo pour vous montrer la grossière dissimulation du bandit, je vois qu’une faute s’est glissé dans le nom de Pablo, ce qui nous donne: David Patpo! Ça se pause là! C’est sur qu’en pot, on a fait mieux! Allez, demain, tout ira mieux…

Pas de pot

Le réveil est un peu dur ce matin. Mais on se motive. Nous prenons des vélos à l’hôtel et partons à la conquête de Hoi An, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Nous garons nos biclous pour découvrir la ville à pied. Nous faisons un petit tour au marché,  et déambulons dans cette belle ville basse, où se mélangent le bois et la ville pierre.

Marché

Hoi An

De l’influence chinoise, il reste pas mal de maisons anciennes en bois sculpté que nous visitons pour certaines. L’architecture de Hoi An est très agréable et colorée, mais il n’est pas toujours facile de faire abstraction de la foule de touristes et de la ribambelle de boutiques qui s’y rapportent… C’est la rançon du succès, comme toujours…

Hoi An

Hoi An

Nous repérons un coiffeur local, où Pablo va se faire couper les douilles après le déjeuner. Nous faisons quelques boutiques de cuir pendant ce temps avant de retrouver un Pablo, tout nouveau, tout beau! Nous retournons à l’hôtel pour retrouver nous petits camarades de classe, Apple et Asus.

La coupe vietnamienne

Hoi AnRetour en ville, chaussures sur mesures et dîner au Bazar café dans un joli cadre. Au réveil, il pleut. Nous en profitions pour travailler, réserver les billets de bus et les  hôtels, puis nous déjeunons sur les quais sous la pluie.

Hoi An à vélo
Hoi An à vélo

Nous profitons d’une petite accalmie pour pédaler jusqu’à la plage. En chemin, nous faisons la rencontre de Michel et Yvette, un couple de français venus s’installer ici il y a 4 ans. Ils se proposent de nous faire visiter le coin en vélo, jusqu’à la plage.

Hoi An

Hoi An

Hoi An

Hoi An

Nous traversons des rizières, des élevages de crevettes, avant d’arriver à la plage qui n’existe plus vraiment de ce côté là, la mer a gagné la bataille contre la terre où quelques resorts ont du fermé boutique pour avoir construit bien trop près du rivage. Alors que la nuit commence à tomber, Michel et Yvette nous emmène sur le marché où ils ont leurs habitudes. Ils nous emmène manger un morceau d’ananas frais chez Mama Li, leur maraîchère préférée. Puis nous leur offrons un verre avant de nous séparer. Encore une de ces jolies rencontres que le hasard dépose incognito sur le chemin. Le soir, après dîner, nous rentrons à l’hôtel sous la pluie en riant, ce genre de petites scènes qui ressortent plus vivement sur le patchwork des souvenirs.

Hoi An

Ce matin, nous dormons un peu plus que d’habitude. Nous faisons un petit saut à Hoi An pour aller à la poste, faire un peu  de shopping et déjeuner près du pont Japonais. Puis les enfants restent à l’hôtel et nous repartons, toujours en vélo, vers le port de Cua Dai en vélo avec David.

Port de Cua Dai

Port de Cua Dai

Ce petit village de pêcheurs est tout mignon, et nous nous perdons dans les petites rues où un Vietnamien tient à nous montrer ses crabes, dans un dialogue de sourd. Sur le chemin du retour, nous faisons une petite pause au bord de la rivière. Demain, nous partons pour Hué et sa cité impériale.

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Regards sur le Cambodge

IMG_4117Autant le dire tout de suite, on a beaucoup aimé le Cambodge bien que nous n’ayons fait que le traverser sur notre trajet pour le Vietnam. Bien sûr, nous avions prévu de passer par là car nous ne concevions pas de faire un tour du monde sans passer par Angkor. Et bien entendu le site est à la hauteur de nos attentes voire davantage, tant nous en avions sous-estimé la beauté et l’étendue. Les villes ne nous ont pas particulièrement séduits, les paysages sont beaux sans être époustouflants…Mais ce peuple nous a profondément touché par son accueil et sa gentillesse, lui qui s’est entretué pendant les années Pol Pot semble prendre petit à petit les rennes de son destin avec un large sourire tourné vers l’avenir et la solidarité.

Les plus :

Le peuple : c’est incontestablement pour lui que nous pensons y revenir un jour, pour le découvrir encore davantage et sortir des sentiers battus. L’école de Mr Ross à Siem reap, le réseau de restaurants Friends, le cirque Phare sont autant de structures à destination des enfants orphelins ou démunis qui ont jalonné notre parcours et nous ont donné quelques « leçons de vie ». On dit que si la Thaïlande est le pays du sourire alors le Cambodge est celui du sourire contagieux. Pas faux !

La culture : bien sûr Angkor ! Angkor et Angkor…Et ça continue d’accord, d’accord ! Z’avez vu la notre, de culture ??? Evidemment l’art Khmer et la période angkorienne sont l’essentiel de la culture cambodgienne… Mais on a adoré, en particulier Banteay Srei, à l’écart d’Angkor Wat et de Bayon, très beaux mais surfréquentés, même à l’aube.

La nourriture : la vrai spécialité est l’amok, poisson ou poulet cuit dans une feuille de bananier au curry et lait de coco. Mais n’oublions pas le bœuf Loc Lac, et autres currys. Les fruits frais ont aussi la part belle! Autrement, la cuisine cambodgienne est très proche de la thaïlandaise, nous nous sommes donc régalés. Nous avons également adoré cette chaîne de restauration « Friends » qui sort les enfants de la rue en les formant à un vrai métier. Le service est toujours impeccable, la cuisine inventive et de bonne qualité. Et en plus de se régaler, cela participe d’une bonne action…Bravo !

Les moins:

Touristique? Evidemment à Siem Reap mais rien de plus logique, et il faut sortir de Pub Street et du centre ville si on veut ne pas avoir l’impression d’être en Europe. Phnom Penh ne présente pas un grand intérêt et est assez sale, bien qu’il ne soit pas désagréable de se promener le long du Mékong pour y diner sur une des nombreuses terrasses.

Budget:

Nous avons tout suite senti la différence après l’Inde et la Birmanie! Même si on est loin des tarifs européens sur la nourriture et l’hébergement, on s’en approche parfois pour les visites notamment. Ici on parle et on compte en dollars (« dalla » avec l’accent local)… Alors quand une roupie devient un dollar, ça fait vite des trous dans les poches du short ! Enfin, s’il est logique de payer un droit d’entrée pour Angkor, certains lieux ont compris le filon et en abusent…Comme par exemple le village de Kompong Phluk sur le lac Tonlé Sap. C’est beau certes, mais on s’est fait carrément pigeonner.

Ce pays nous aura marqué et notre dernière journée à la prison S21 est venue nous saisir encore un peu plus. Nous quittons donc le Cambodge sur le grand fleuve Mékong en l’accompagnant jusqu’à la fin de sa course dans le sud du Vietnam, avec un petit pincement au cœur mais avec une forte envie de revenir.

Déjà les embarcations changent, l’agitation sur le fleuve se fait plus intense, l’atmosphère se fait plus lourde et plus moite, nous sommes au sud du Vietnam dans le delta du Mékong, près à remonter jusqu’à l’extrême nord… mais ça c’est une autre histoire.

10 jours au Cambodge

Bayon TempleNous nous levons très tôt pour prendre un vol pour Siem Reap. Le tuk-tuk de l’hôtel vient nous chercher, avec lequel nous visiterons Angkor et les alentours pendant 3 jours. Nous passons l’après-midi tranquille puis nous allons dans le centre de Siem Reap en fin de journée. Le centre est entièrement dédié au tourisme. Marchés, boutiques, restos, bars, les rues sont inondées d’attrape-barang (touristes). Partout des tuk-tuk, des marchands ambulants qui alpaguent le touriste. La musique qui gueule partout, avec le dollar pour seule devise, les vendeurs d’insectes pour le folklore, David en mangera d’ailleurs quelques uns à l’apéro : vers, criquets, serpents… On dîne dans le coin après avoir fait un tour sur le marché et avoir vite compris qu’il n’y avait rien à signaler ici… On reprend un tuk-tuk pour être en forme demain.

Angkor Wat

Réveil à 4:30 pour aller voir le lever de soleil sur Angkor Wat. Nous faisons la queue pour acheter nos billets, puis allons arpenter le site comme la foule de courageux qui se presse ici. Nous arrivons de nuit pour voir la lueur du jour grandir peu à peu. Le site se révèle doucement, magnifique! Merveilleusement conservé et vraiment imposant, on se sent bien petit dans cette merveille archéologique. Les bas reliefs incroyablement conservés semblent presque récents pour certains.

IMG_3525 IMG_3515 Angkor WatLes énormes blocs de pierre juste superposés, pour former cet édifice aussi imposant que somptueux, d’inspiration hindouiste. Alors nous errons, passons, repassons, changeons de point de vue, surpris que le temple n’ait pas plus mal vieilli au vu du nombre de visiteurs (3 millions par an) qui foulent ces vieilles pierres datant du XIIème siècle. IMG_3486

Angkor WAt

Mais Angkor Wat, le plus célèbre et le plus grand de ces temples, n’est pas le seul, et le site est gigantesque. Nous partons à la découverte d’autres édifices, qui constituent la « petite boucle », ce qui nous prendra une bonne partie de la journée. Tous sont magnifiques bien que très différents. D’influence hindouiste pour les uns, bouddhiste pour les autres, chaque monument à son style, et dégage une atmosphère particulière.

Byon Temple

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AngkorCertains ont beaucoup plus souffert que d’autres, du nombre des années, du tourisme, des fromagers géants qui ont répandu leurs racines tentaculaires jusqu’à tout détruire sur leur passage. Il fait très chaud, il fait souvent faire grimpette pour gravir les marches raides, mais quelle belle journée ! Les enfants ont fait quelques petits sommes dans le tuk-tuk.

Avec Mr Kosal

Nous passons l’après-midi au calme, avec baignade et petite sieste pour seules activités. En soirée, nous allons voir une représentation du cirque Phare, un cirque cambodgien qui forme des enfants des rues aux arts en général, et au cirque en particulier. Nous passons un super moment, la troupe a une pêche incroyable, et les numéros s’enchaînent avec en toile de fond, le rapport des faibles et des puissants, pour une petite heure de pur plaisir. Nous nous sommes tous régalés !

IMG_3708 Banteay Srei

Le lendemain, nous partons seuls avec David pour une 2ème journée à travers le site d’Angkor. Les enfants ont quartier libre à l’hôtel mais ils doivent avancer dans leur travail. Nous découvrons encore des monuments merveilleux, chargés d’histoire et d’émotion bien difficiles à décrire. Ce sont juste de pures merveilles et tout particulièrement Bantaey Srei dont les sculptures sont d’une finesse incroyable, les couleurs sont magnifiques et il est particulièrement bien conservé. Mais là, les photos seront plus parlantes que les mots.

IMG_3710 IMG_3759Les marchandes de souvenirs nous interpellent toujours à la sortie d’un site: « Mister Lady » ou « Madam Sir », « two for one dalla » ($) ce sera quelques fois l’occasion de blaguer un peu avec elles. En tout cas le sourire est toujours de mise, et ça fait du bien, on avait un peu oublié ça après le Laos.

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Nous retrouvons les enfants qui ont passé une bien bonne journée sans nous, piscine, resto, boulot, réseau… Le rêve en somme! L’expérience est à renouveler, ça fait du bien à tout le monde… Le soir, dîner au Marum, un restaurant qui fait partie du réseau Friends qui forment des jeunes défavorisés au métier! Les restos que nous avons testés sont très sympa, cadre agréable et calme, service impeccable et cuisine créative mais excellente. Et en plus on fait une bonne action alors on ne peut que vous recommander ces établissements à l’occasion d’un séjour au Laos ou au Cambodge.

Tonle Sap

Aujourd’hui nous allons faire un tour sur le Tonle Sap, le plus grand lac d’Asie du Sud-est, à 45 minutes de Siem Reap. Bon, on va faire vite, cette virée est à éviter si on considère le prix très élevé et le peu d’intérêt de la visite. Le village Kampong Phluk , monté sur d’immenses pilotis prend un droit d’entrée de 20$/personne, bateau compris (ouf!) auquel il faut rajouter 5$/personne de barque pour aller dans la mangrove dire bonjour à une vendeuses de coca en pirogue qui vous vendra aussi cahiers et crayons pour les enfants défavorisés.

IMG_3832 Sur le Tonle Sap

Kompong PhlucAutant vous dire que le Tonle Sap est un très bel endroit qu’il est préférable de visiter depuis un autre village. On s’est senti tellement pigeon que David a roucoulé pendant tout le chemin du retour!

Puis après un peu de travail à l’hôtel, nous allons visiter une école qui apprend l’anglais à des enfants des rues, orphelins, ou même tout juste sortis de prison. Financée en partie par le propriétaire de notre hôtel et autres mécènes, l’école accueille 175 élèves, dont 18 ont été adoptés par le fondateur de cette école, Mr Ross. Nous assistons à une heure de classe avec ses enfants magnifiques et souriants, qui ont soif d’apprendre et d’échanger avec nous. Mr Ross' School

La jeune professeur bénévole n’a que 20 ans. C’est très enrichissant pour nous de voir l’envers de la carte postale, la réalité cambodgienne loin du décorum touristique qu’est Siem Reap, mais la ville a d’autres visages que le hasard, ou le destin nous a permis de découvrir. L’expérience a marqué Pablo et Maé aussi, dans le bon sens du terme. Les choses prennent forcément une autre dimension quand on est confronté à ses semblables…

Nous dînons à l’hôtel pour cette dernière soirée, où toute l’équipe est vraiment adorable et efficace. Le propriétaire nous rejoint à la fin du repas, nous demande si nous avons aimé l’école, nous explique qu’il adore les enfants, qu’il a grandit sous le régime de Pol Pot, travaillé comme soldat quand le pays était aux mains du Vietnam. Encore un Monsieur d’une infinie gentillesse qui a dû voir et vivre de choses terribles.

Aujourd’hui nous quittons Siem Reap avec dans le cœur les splendeurs d’Angkor, le cirque Phare, l’école, et le staff de cet hôtel qui nous a offert bien plus que le gîte et le couvert. Zam l’un des réceptionnistes, gardera aussi un joli petit coin dans nos cœurs. Sans oublier Mr Kosal qui nous a trimballé pendant tout ce séjour à Siem Reap

Phnom Penh

Nous rejoignons Phnom Penh en bus (6 heures) dans lequel nous sommes les seuls occidentaux. Avec de la « bonne » musique cambodgienne en qui hurle dans les baffles… Nous arrivons à Phnom Penh à la nuit tombée après un long trajet sur des chemins de terre rougeâtre. La poussière épaisse s’immisce partout dans le bus, et à l’arrivée les sacs en sont recouverts. Arrivés à l’hôtel, le cafard géant retrouvé dans la salle de bain a raison de ma bonne humeur. Allez hop, on change de chambre. Et oui, je suis une chochotte, que voulez-vous… Nous allons dîner chez Friends, le réseau de restaurant qui fonctionne avec des jeunes en difficultés. Et c’est toujours aussi bien.

Musée des Beaux-Arts à Phnom Penh

Aujourd’hui, allons visiter le musée des Beaux-Arts de Phnom Penh avec David. Le bâtiment rouge aux allures de temple est très joli. A l’intérieur, de très belles pièces de l’art khmer originaires d’Angkor pour la plupart mais aussi d’autres sites Khmer. Bouddha, Shiva, Vishnou en bronze, en grès, en bois se partagent la vedette. Certaines pièces très anciennes sont magnifiquement conservées, et traduisent bien toute la richesse de l’art khmer. Puis nous sommes allés, comme toujours, faire un tour au marché de la ville.

IMG_3919 Marché Central à Phnom PenhJe ne vous refais pas tout le parcours mais le marché central de Phnom Penh est immense et on y trouve vraiment de tout. On en profite pour goûter le fruit du jaquier dont la saveur est un mélange de melon et de banane. C’est pas mal du tout. Ici, tout est d’une fraîcheur incroyable, les poissons sont encore vivants pour certains, dans les grandes bassines oxygénées, il y a des crevettes de toutes les tailles, des crabes et des demoiselles (sorte de langouste d’eau douce à queue plate) qui frétillent. Régal des yeux. Nous en profitons pour acheter du délicieux poivre de Kampot, aussi puissant que parfumé. Nous profitons de l’après midi pour travailler avec les enfants. Les cours, le blog, nous sommes un peu à la traîne, il faut bien l’avouer…! Nous allons dîner sur les quais du Mékong. En sortant, un chauffeur de tuk-tuk parlant un français parfait nous propose ses services pour le lendemain. Le courant passe tout de suite, il connaît bien son pays, son histoire compliquée, ses affres, et après une petite négociation tarifaire, Sopheak nous donne rendez-vous à 9:00 le lendemain, devant l’hôtel. Nous avons hâte de le retrouver et d’en apprendre plus sur ce pays meurtri et sur son peuple qui nous avons tout de suite aimé, et dont le passé tourmenté nous échappe un peu.

Phnom Penh

Aujourd’hui, le programme est chargé en émotions. Nous allons « visiter » les Killing Fields (les champs de la mort où des milliers de Cambodgiens ont été exécutés sous le régime de Pol Pot) et S-21, la prison la plus tristement célèbre sous le régime des Khmers Rouges, dont seulement 7 personnes sont ressorties miraculeusement vivantes. Nous avons laissé le choix aux enfants de venir ou non, et Pablo a préfèré rester à l’hôtel. Nous attendons Sopheak, le chauffeur de tuk-tuk, impatients, mais il n’arrivera jamais… Déçus, nous succombons aux sollicitations d’un de ses confrères très insistant. Nous voilà partis sur les immenses artères de la capitale. La ville n’est pas belle et très sale dès qu’on s’éloigne du centre, l’air est poussiéreux et pollué, la circulation est dense et un peu folle. Encore une ville que nous ne détestons pas sans l’aimer pour autant. Nous visitons d’abord les Killing Fields de Choeung Ek où tous les prisonniers de S-21 ont été sauvagement exécutés. Dans le grand stupa central, le mémorial abrite de nombreux ossements retrouvés dans les fosses communes. La visite, si elle est instructive, fait froid dans le dos, mais il est bien difficile pour nos esprits libres d’imaginer l’horreur de cette période macabre dont je vous passe les sordides détails. Et c’était hier…

Killing Fields

Le marché russe nous permet de reprendre un peu nos esprits. Il est moins agréable et beaucoup plus « parfumé » que le marché central. Nous achetons quelques souvenirs de rigueur avant de rejoindre la prison S-21 (Tuol Sleng) devenue le musée du crime génocidaire. Dés que l’on pénètre ici, les quatre bâtiments qui constituent la prison dégagent quelque chose de sombre, d’effrayant, malgré la jolie cour arborée qui ne suffit pas à adoucir cette atmosphère pesante. Les chambres de tortures, les cellules, communes et individuelles, les clichés des bourreaux et de leurs victimes… Chaque étape de la visite est un pas de plus dans l’horreur. Maé renoncera rapidement à la visite, et comment lui en vouloir ? Pourtant, cela nous semblait être un passage obligé pour appréhender l’histoire et l’âme du Cambodge. A la fin de notre visite dans ce lieu extrêmement chargé, nous allons à la rencontre de Chum Mey, un des 7 survivants de ce sanctuaire, qui vend le livre de son histoire, là, à quelques dizaines de mètres de sa cellule, là où il a été torturé pendant 12 jours et 12 nuits, sans relâche, avant que les Khmers Rouges ne découvrent que ses compétences de mécanicien leur seraient très utiles pour réparer les machines à écrire de la prison. C’est ce qui lui sauvera la vie. Et pourtant… J’ai rarement vu autant de lumière dans les yeux d’un homme… Notre seul regret est de ne pas avoir pu échanger avec lui qui ne parle que le Khmer. Puisse le reste de votre vie être aussi douce que possible Monsieur Chum Mey.

Nous ressortons glacés par ce que nous avons vu et appris, et déjà notre regard a changé. Cet homme, ici, et cette femme là-bas, a vécu d’une manière ou d’une autre le régime génocidaire de Pol Pot. Comment renaître après cela ? Le sujet occupe nos esprits et nos conversations y reviennent souvent. Et il reviendra encore et encore, inévitablement.

Phnom PenhNous retournons sur les quais pour notre dernière soirée au Cambodge. Dans les rues, des stands de cuisine de rue près desquels s’amoncellent les ordures d’où émergent de temps en temps des blattes mutantes, pléthore de restaurants et de bars à filles où des mâles occidentaux malsains et bidonnants portent sur eux la raison de leur présence ici… En rentrant à l’hôtel, le propriétaire français interpelle David et lui remet une lettre en lui expliquant qu’un chauffeur de tuk-tuk est passé ce matin, tout désolé de n’avoir pas pu honorer sa promesse : dans sa lettre Sopheak s’excuse de ne pas avoir pu venir nous chercher à cause d’une panne de moto… Ça nous a beaucoup touché, vous l’imaginez. Nous laissons le Cambodge à regret. Nous n’avons fait que le traverser mais il nous laisse un goût d’inachevé. Le peuple cambodgien mérite à lui seul qu’on s’attarde ici, même s’il vaut mieux avoir engrangé quelques liasses de dollars ! Demain, nous rejoignons le Vietnam en bateau et en bus, pour une première étape dans le delta du Mékong.

En route pour le Vietnam

Nous vous souhaitons à toutes et à tous, une merveilleuse année 2016, pleine de couleurs et d’éclats de rire, avec le bonheur pour seule destination.

Regards sur la Birmanie

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Quelle lourde tâche pour ce petit pays de passer après l’Inde dans notre périple ! Tâche d’autant plus lourde que nous n’avions pas fini de « digérer » notre aventure indienne qui nous a profondément marqué. L’arrivée à Yangon n’ayant rien d’exceptionnel, ça n’a pas facilité l’adaptation, Et il nous a fallu quelques jours pour retrouver nos marques.

Et puis, petit à petit, sur les plages du golfe du Bengale en particulier, nous avons commencé à aimer de plus en plus ce pays et les gens que nous avons rencontrés. Puis, à mi-parcours, les attentats parisiens nous ont évidemment plombé le moral mais le trek nous a permis de retrouver l’esprit du voyage.

Ce que nous avons aimé :

– Le peuple : spontanément accueillant, souriant, serviable, et extrêmement gentil. Quel bonheur d’aller à la rencontre de ces gens qui n’ont rien et qui donnent tant ! Notre accueil chez les Pa’O durant notre trek restera longtemps dans notre mémoire.

– Les paysages : ils sont superbes, souvent vierges dans une végétation luxuriante. Bagan, le golfe du Bengale, le lac Inle sont des sites que nous avons adorés. Les villages traditionnels et leurs maisons de bambou sont un total dépaysement.

– La culture : essentiellement basée sur le bouddhisme, nous avons surtout aimé Bagan et nos ballades en 2 roues au beau milieu des temples…Superbe ! Quant aux pagodes, une ça va, deux ça va et puis… enfin ça va quoi !

– Les expressions : « Just lookin » ! « C’est choli, c’est pas cher et c’est pas moi qui l’a fait, c’est local » !!! « Where you come from ? » « Ah ! bonchour comment ça va ? »

– La nourriture birmane est pas mal et proche de la cuisine Thaï sans être aussi bonne. Nous avons donc bien mangé à peu près partout, mais avons aussi beaucoup mangé Thaïlandais compte tenu de sa popularité dans le pays. Pour les spécialités, il faut quand même essayer la salade de feuilles de thé…

Ce qui nous a moins plu :

  • Les transports : chaque déplacement est une épreuve qui ne dure pas moins de 6 heures sur des routes défoncées, en réparation ou en préparation… A noter beaucoup de femmes réparent les routes en portant et concassant les pierres jusqu’à en faire du gravier qui sera ensuite damer par une machine, conduite elle…par un homme bien sûr !
  • La langue : la pratique de l’anglais est assez bonne sur les grands sites touristiques tels que Bagan ou Inle. En revanche lorsque l’on s’en écarte un peu, il faudrait parler le Birmanglais… et ça, on sait pas ! Nous, on maitrise mieux le franglais. Comme dirait Maé : « S’il vous please ! » Les contacts sont donc souvent succincts.

En conclusion, on a beaucoup aimé le Myanmar avec la chance de le découvrir avant qu’il ne sacrifie totalement ses trésors et son peuple au tourisme de masse. Les enfants ont bien sur préféré la plage et Bagan et le plaisir de faire de la moto en toute liberté et sans casque… puisque de toute façon, les loueurs n’en proposent pas !

Enfin, nous espérons que d’ici 3 mois, les rues du pays s’animeront pour fêter la victoire d’Aung San Suu Khi largement élue lors des dernières élections et que ces célébrations ne seront pas réprimées dans le sang. A ce propos, nous n’avons pas parlé de sa victoire car s’est passé complètement inaperçu ici. Nous avons dû demander pour connaître le résultat plus d’une semaine après le vote. Il lui faudra plusieurs mois pour constituer un gouvernement, et le pays ne célèbrera sa victoire qu’à ce moment-là. On ne sait jamais, et n’oublions pas que les militaires disposent de 25 % des sièges parlementaires, de toute éternité ! Voilà enfin une petite lueur d’espoir pour ce peuple qui souffre depuis si longtemps. Ce que nous avons ressenti en tout cas c’est que le passé douloureux de ce peuple adorable explique sûrement pour beaucoup leur discrétion excessive qui ne facilite pas toujours les échanges…

Mais tout ça est déjà derrière nous, au moment où nous écrivons ces lignes nous avons déjà prix un avion, 2 taxis, 2 tuk-tuk, 2 bateaux et passé 2 frontières pour arriver au Laos… Et c’est pas fini

En attendant la suite de notre Wonderful Worldwide Tribe Trip, voilà une petite vidéo de ces trois semaines passées au Myanmar.

Et continuez à nous envoyer vos petits messages et commentaires…je crois qu’on aime bien ça, à nous aussi ça fait du bien !

De Bagan à Mandalay (10 jours)

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Le moment est venu de quitter Bagan, où nous avons fait le plein de jolis souvenirs.

        Le minibus vient nous chercher pour nous conduire jusqu’à Kalaw. La route est belle, montagneuse, tapissée d’une forêt impénétrable d’où dégoulinent d’immenses lianes emmêlées. En chemin, on croise tout juste quelques petits villages de bambou. Les heures s’égrainent doucement au rythme du paysage qui défile sous nos yeux. Nous arrivons à Kalaw en début d’après-midi. A 1300 mètres d’altitude, il fait bien plus frais. On se met au travail car on a pris beaucoup de retard et il faut envoyer les devoirs avant de partir en trek.

Entre Kalaw et Inle

       Nous partons avec un jeune couple de Belges, et notre guide Wei Wei, une jeune birmane de 20 ans, qui fera définitivement partie des belles rencontres de ce voyage. En chemin, nous découvrons la campagne birmane, les champs de colza ou de maïs, les plantations de gingembre ou de riz des montagnes, le piment qui sèche au soleil. Les collines sont recouvertes d’un patchwork aux couleurs du Myanmar : rouge, jaune, vert. Wei WeiWei Wei nous apprend plein de petites choses sur les plantes médicinales : l’une qui traite les saignements, l’autre les piqûres, celle-ci est efficace contre le diabète ou encore celle-là avec laquelle on fait des bulles en soufflant entre les fibres de la tige cassée…Nous nous arrêtons dans un village Pa’O, une des minorités ethniques qui vivent dans ces montagnes. Nous déjeunons dans une grande maison en teck où Piu, notre cuistot attitré pour le trek, nous a précédé pour nous concocter un bon repas copieux : bouillon aux herbes, nouilles sautées, salade d’avocats, salade de tomates et cacahuètes, oranges, clémentines, etc… Nous mangeons tous les 6, assis en tailleur autour de la table basse, avant de fermer nos yeux pour une heure de pause avant de reprendre la marche.

Entre Kalaw et Inle

       Nous traversons ensuite de petits villages, assistons à la grande fête des donations qui a lieu dans tout le pays pendant plusieurs jours. Ici, toute la communauté s’est réunie près du monastère, chacun a revêtu son habit traditionnel noir, et les femmes ont arrangé leur turban de la plus belle des manières. Pendant plusieurs jours, les gens apportent de la nourriture, des couvertures, des ustensiles et même de la lessive, bref, tout ce qui peut être utile aux moines. Puis, ces donations sont rangées, suspendues à des panneaux mobiles qui sont ensuite apportés en procession et en musique au monastère. Wei Wei nous offre des tronçons de bambou remplis d’une pâte de riz gluant sucrée : extra ! La marche continue de montagnes en vallées, de forêts de bambous en rizières. IMG_2485Nous croisons trois petites en chemin qui récupèrent nos bouteilles en plastique pour les rapporter au village. Wei Wei nous explique que par ici, les enfants ne vont qu’à l’école primaire pour apprendre à lire et à compter, puis ils vont travailler la terre, comme le reste de la famille. En attendant, elles sont chargées d’aller chercher l’eau à la rivière. Nous arrivons enfin au village où nous passerons la nuit. C’est un petit village hors du temps, où vivent 500 âmes, fait de maisons de bambou et de chemins poussiéreux.

IMG_2495Devant chaque bicoque ou presque, une charrette à bœufs tout en bois pour le travail de la terre. Ici on cultive surtout la pomme de terre, le piment et le maïs. Nous faisons la connaissance de Nala, notre hôte, avec qui nous échangeons nos prénoms et quelques sourires. Nous nous installons à l’étage de cette maison en teck et en bambou, dans la pièce principale. Nos matelas sont déjà installés au fond.

IMG_2520 Nous faisons un petit tour du village : les hommes et les femmes se lavent près de leur réserve d’eau, les enfants s’amusent en poussant un pneu avec un bâton ou font de  la luge sur une couronne de paille de riz… certains villageois terminent quelques briques, d’autres font sécher le maïs. Le soleil tombant, nous faisons quelques parties de cartes avec Wei Wei puis le repas-très généreux- est servi. Ensuite, Nala nous rejoint et nous essayons d’échanger un peu avec Wei Wei pour interprète. Eclairée par une barre de Led alimentée par un panneau solaire distribué gratuitement par la junte (bien plus efficace que n’importe quelle campagne électorale…), la pièce est plongée dans l’obscurité. Puis arrive Ulaw, le mari de Nala, qui rentre de la ville où il est allé vendre ses récoltes. Nous passons un super moment avec lui, il est drôle, baragouine quelques mots de français, et nous essayons d’en faire autant dans son langage. UlawNala et Ulaw ne savent ni lire ni écrire, ils vivent de la terre et leur trois grandes filles suivront le même chemin même si elles, savent lire et écrire. On nait, on vit, on meurt au village… Nous passons une soirée merveilleuse, puis à 21h, tout le monde s’endort pour une nuit douloureuse et froide. Vers 4h du matin, Piu allume le feu dans la pièce d’à côté pour préparer le petit déjeuner. Je suis réveillée par l’odeur de fumée, l’air est vite irrespirable. Finalement, tout le monde revient à la vie, et le petit déjeuner Deluxe est servi. On se contente d’un brossage de dents dans la cour, Wei Wei me met du thanakha sur les joues, nous faisons quelques photos avec Nala et Ulaw avant de les quitter, un brin nostalgiques.

Entre Kalaw et Inle

IMG_2535       Nous voilà repartis dans les vallées brumeuses pour 5 heures de marche, les jambes et les pieds encore douloureux de la veille. Puis très vite la brume matinale laisse place à un soleil de plomb. Enfin, le lac se dessine au loin. Après une pause déjeuner plus qu’appréciée, une pirogue nous dépose à Naungshwe après 45 minutes de traversée.

IMG_2608 Que c’est beau : toutes ces maisons en bois sur pilotis, les jardins flottants où on cultive des légumes qui partiront dans tout le reste du pays, les montagnes tout autour et leur camaïeu de cultures, le ciel azur… C’est magique d’arriver ici de cette manière ! Fin de journée tranquille avant de découvrir le lac Inle plus en profondeur demain.

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       Le bateau taxi nous attend à 8h30 pour une virée jusqu’à 16h. Nous commençons par le marché de Maing Tawk, où il se vend beaucoup moins de produits frais que de souvenirs en tout genre. Mais l’artisanat local est plutôt intéressant, et c’est parti pour une séance de marchandage.

Lac InlePour le reste du programme, visite de ferronnerie, d’ateliers d’orfèvrerie, de tissage, de fabrique de cheeroots. Puis nous traversons les jardins flottants, avant de terminer par la visite du monastère Nga Phe Chaung construit sur pilotis, tout en teck. Vieux de 150 ans, il est magnifique ! Puis nous regagnons la terre ferme, pour une soirée calme.

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Début de journée tranquille, puis un peu de travail avant d’aller à Taunggyi pour la grande fête des ballons. C’est en fait le point d’orgue du festival des donations. A une heure du lac Inle, dans la montagne, un immense festival est organisé, aux allures de Foire du Trône, mais puissance 4. Pas beaucoup de manèges, mais des centaines de stands de toutes sortes, genre « lancé de balles en mousse sur des canettes de coca », de la musique hurlante et une foule si dense qu’il a fallu s’en extirper à plusieurs reprises, en s’abritant chez le premier vendeur de bonnets venu… Attention aux mouvements de foule ! Finalement, on a choisi de se poser à une table pour boire un verre et manger un bout, en attendant le décollage des ballons, truffés de feux de Bengale, tirés vers le sol et donc très dangereux ! Finalement, nous verrons décoller 3-4 ballons décorés de sponsors luminescents sans grand intérêt (mais ce n’est que notre avis…). Il faut imaginer un immense terrain pouvant accueillir des manèges, des stands, plus de 200000 personnes au pifomètre, des gens entassés par terre sur des nattes qui viennent de tout le Myanmar pour assister à cette fête. Nous ne parlerons que rapidement des toilettes qui n’ont pour seul mérite que celui d’exister, mais en faire silence reviendrait à ne relater qu’une partie des évènements, et on ne peut pas vous faire ça 😉 . Pour ne pas heurter les plus sensibles, nous vous dirons seulement que l’utilisation de chaux vive y est largement répandue, mais pas toujours efficace… Bref, nous repartons déçus, groggy, un peu barbouillés par cette dernière et étrange soirée à Inle.

IMG_2775Mandalay nous attend après une journée de route. Le lendemain, nous partons pour la journée visiter les 4 anciennes cités royales, situées autour de Mandalay, que sont Amarapura, Mingun, Sagaing, et Inwa, Mandalay ayant été la dernière des capitales royales. En attendant l’heure du déjeuner des moines auquel nous voulons assister, nous passons rapidement voir un atelier-boutique de sculpture sur bois, puis les frappeurs d’or, qui tapent à longueur de journée, avec des masses de 3 kilos, sur des clapets qui renferment les feuille d’or, jusqu’à obtenir une finesse d’ 1 :10ème de millimètre, avant de servir à recouvrir les Bouddhas du pays. Ensuite, nous allons découvrir la pagode Mahamuni à Mandalay, dont le Bouddha est littéralement boursouflé sous les monceaux de feuilles d’or qui recouvrent son corps, mais seuls les hommes ont le privilège d’aller en déposer. La pagode est belle et la visite agréable. IMG_2758Puis nous rejoignons Amarapura et le monastère Mahagandhayon, pour assister au petit déjeuner des moines, qui prennent leur unique repas de la journée à 10h15. Il y a 1700 moines dans ce monastère, et les voir défiler dans le calme absolu pour aller s’asseoir avec leur timbale remplie de nourriture dans l’immense réfectoire est assez émouvant. Tous ces hommes et enfants, tout vêtus de rouge, inspirent le respect et dégagent une sérénité bienfaisante. Mais le flot de touristes, dont nous faisons partie, gâche un peu la magie du rituel, et nous ne nous sentons pas complètement à notre place. Mingun Nous rejoignons Mingun, où nous grimpons sur l’immense pagode inachevée qui aurait dû trôner sur les rives de l’Irrawaddy à plus de 150 mètres de haut, mais du haut de ses 50 mètres, elle offre déjà un très beau panorama sur ce fleuve enchanteur. Puis, pas loin de là, nous allons voir la grande cloche de Mingun. SagaingNous rejoignons ensuite Sagaing, sa pagode U Ponya et son beau panorama sur toute la vallée de l’Irrawaddy et les collines alentours. Ensuite, nous prenons un petit bateau pour traverser un petit affluent du fleuve, avant de débarquer à Inwa, qui a remporté nos faveurs! Nous grimpons dans nos calèches bringuebalantes, pour découvrir ce très beau village hors du temps.

IMG_2813 Inwa (Maha Aung)Nous visitons deux monastères de styles très différents, Maha Aung, construit en dur, mais très joli à cette heure où le soleil lui donne des teintes ocre jaune, et Bagaya, tout en teck sculpté, vraiment magnifique, où vit un seul moine qui donne quelques cours à des enfants défavorisés.

Inwa (Monastère Bagaya)Le monastère a près de 180 ans, et sous les craquements du bois, on sent planer la spiritualité… Nos calèches nous ramènent vers l’embarcadère, en traversant ce si beau village qui semble être resté à l’écart du monde. Puis nous repassons par Amarapura pour aller découvrir le pont U Bein, tout en teck, merveilleux au coucher de soleil, même si là encore, le tourisme a fait une entrée fracassante…Pont U bein

       Pour notre dernière journée à Mandalay, nous visitons l’ancien Palais Royal, détruit pendant la dernière guerre mondiale et reconstruit à l’identique.  Palais Royal  Puis, nous allons voir la maison du Roi Mindon devenue monastère. Tout en teck, c’est encore une merveille que nous prenons le temps de découvrir.Maison du Roi Mindon

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IMG_2931Ensuite, nous allons à l’étonnante pagode Kuthodaw où plus de 700 petits stupas abritent autant de stèles sur lesquelles est gravé le canon bouddhique dans son intégralité. C’est assez impressionnant ! Pour finir la journée, nous allons sur la colline de Mandalay, point de vue incontournable (et pas contourné d’ailleurs…) sur la ville au soleil couchant. IMG_2943C’est sur ces belles images que s’achève notre escale birmane. Le temps est passé bien vite ici, et même si nous sommes heureux de poursuivre notre chemin vers l’inconnu, le Myanmar nous a offert de vrais moments de bonheur, et nous gardons dans un coin de notre tête qu’il recèle encore bien des trésors à découvrir.

        Demain, nous rejoindrons Tachileik en avion, à la frontière thaïlandaise, puis nous passerons la nuit à Mae Sai, côté thaï, avant de rejoindre Chiang Kong en taxi, point de passage vers Huay Xai, au Laos. Nous passerons 4 postes frontières sans encombre (sortie Birmanie, entrée Thaïlande, sortie Thaïlande, entrée Laos) avant de nouvelles escapades laotiennes, mais ça, c’est une autre histoire… !

Regards sur l’Inde

IMG_0861Un mois s’est écoulé depuis notre départ, et notre séjour en Inde est déjà derrière nous. A postériori, nos impressions sont très positives malgré certains aspects qui peuvent être rebutants. Sans faire de long discours, voici les plus et les moins de cette première étape. Mais ce n’est là que notre regard, personnel donc…

LES PLUS:

  • le peuple avant tout, gentil, accueillant, jamais agressif.
  • la culture : les codes vestimentaires, les différentes religions, les castes, les Maharajas, les Moghols, la colonisation, Gandhi… L’Inde est un pays complexe que nous n’avons qu’effleuré, mais le peu de ce qu’elle nous a raconté nous a séduit.
  • la nourriture : paratha, naan, chapati, paneer, seek kabab, daal, butter chicken, lassi, thali, chicken tikka, byriani, raita… Quel régal ! C’est toujours un plaisir de passer à table en Inde, et nous n’avons jamais vraiment mal mangé. Mais c’est sûr qu’il vaut mieux aimer la cuisine épicée.
  • les forts et les temples dans le Rajasthan, car même si nous en avons visité beaucoup, ils ont tous leur charme et leur particularité.
  • la douceur de vivre et le calme relatif du Kerala, où nous avons trouvé les gens plus agréables encore que dans le Nord, et la cuisine meilleure aussi.
  • Shaadi avec qui nous avons passé 3 semaines, et qui nous a appris pas mal de choses. Nous n’oublierons pas son anglais-franco-penjabi, ses expressions toutes faites, ses méditations matinales en voiture, ses turbans colorés et sa zénitude légendaire.

LES MOINS:

  • le bruit permanent et surtout les klaxons.
  • la saleté qui est partout, à laquelle se rajoutent les bouses de vaches qui jonchent les rues, mais on finit par faire avec.
  • même si nous le savions en y allant, et sans prétendre qu’il puisse y avoir de niveaux de misère plus supportables que d’autres, celle que nous avons vue par endroit  et notamment à Delhi fait froid dans le dos.
  • les sollicitations permanentes et insistantes, pour tout et n’importe quoi.
  • les regards insistants qui peuvent mettre mal à l’aise parfois.

Finalement, nous nous sommes très vite acclimatés dans ce vaste pays si singulier. Pour les enfants, les moins ont sans doute pris un peu plus de place que les plus, mais le temps fera son œuvre, et pour nous parents, ce mois en Inde n’a été que du bonheur, nous n’en espérions pas tant de leur part. L’Inde était une phase importante du voyage, et ils l’ont traversée à merveille…

A Bundi, un homme nous a dit : l’Inde, c’est comme la cigarette : la première fois, ça n’est pas très bon, mais quand on a commencé, on ne peut plus s’en passer. Et je crois qu’il a dit vrai !

Ce petit mot était aussi prétexte à vous redire combien nous sommes heureux de partager cette aventure avec vous, de lire vos commentaires, et d’avoir l’impression que tous ceux que nous aimons sont ici, sur ce blog. Quelle chance nous avons de vous avoir ! Vous avez bien mérité une petite vidéo. A bientôt pour de nouvelles aventures birmanes, et la suite de ce Wonderful Worlwide Tribe Trip:-)

De Bundi à Delhi (13 jours)

IMG_1672Nous reprenons la route pour Udaipur via Bijaipur où nous passons la nuit. Sur le chemin, nous traversons de très jolis paysages. C’est un vrai plaisir de regarder les paysans labourer la terre avec leurs buffles, les femmes porter les fagots de bois ou les réserves d’eau potable sur leur tête, le long de la route, les enfants ébouriffés et poussiéreux qui jouent dans les cahutes.IMG_1217 Ici, pas de voiture ou presque, quelques motos au mieux, mais des vaches et des chèvres menées à la baguette par de vieilles bergères en sari. Dans les petites parcelles de terre rouge, on fait pousser le riz, la canne à sucre, ou le blé. A l’heure du déjeuner, on voit les jeunes filles apporter le repas aux paysans restés dans les champs. Le trajet défile, de village en village, avec ces minuscules maisons en pierres sèches et aux toits de branchages. A notre passage, certains nous regardent, surpris, d’autres nous offrent un sourire, certains enfants agitent la main en criant des « Hello » ! Ici, la vie a l’air plus douce qu’ailleurs, loin du tumulte des grandes villes indiennes ; chacun semble remplir son rôle, et le travail est l’affaire de tous, même des anciens. Ici, la retraite ne peut être que spirituelle.

Shiva Temple

Avant d’arriver à Bijaipur pour la nuit, nous visitons un vieux temple dédié à Shiva. Encore un petit bijou perdu au milieu de nulle part.

Juste le temps pour moi d’adopter une petite bactérie locale, et nous repartons vers Udaipur. Encore quelques heures de route, en traversant toujours cette jolie région agricole. Nous nous arrêtons visiter le Fort de Chittorgarh,en cours de restauration car il est très abîmé, sa tour, son temple, son réservoir, et toujours ces colosses en pierre taillée, recouverts de minuscules détails, ça reste un plaisir à regarder.

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Puis Shaadi nous arrête casser la croûte dans un boui-boui en bord de route. Souvenir mémorable. Arrivée à Udaipur dans un haveli un peu glauque, mais avec un beau toit-terrasse, où nous passerons le plus clair de notre temps.

La classe

La vue sur le lac est superbe, sur la rive opposée on devine les femmes qui font leurs ablutions sur le ghat, comme les hommes, qui eux y viennent à l’aube. Un peu plus loin, l’immense palais domine le lac du haut de ses larges façades ocre jaune. Voilà le décor qui servira de salle classe aux enfants pendants 3 jours… C’est peut-être pour ça qu’on est en retard ?

Udaipur

Première journée à Udaipur : nous nous promenons un peu en ville, croisons nos french girls rencontrées à Bundi et tapons un peu la causette ; puis nous allons visiter le palais. Enfin, surtout David et Pablo, car Maé et moi avons raté l’essentiel… Bref ! Ensuite, nous avons déambuler autour de Clock Tower et ses ruelles marchandes, avant de faire une pause déjeuner assis en tailleur au bord du lac. Repas qui fera le bonheur de ma petite bactérie.

Le lendemain, David et les enfants vont visiter un jardin avec Shaadi, et rentrant, clac ! David se fait un bon petit tour de reins. Résultat des courses : le séjour à Udaipur ne nous a pas été très profitable! Ca, c’est fait…

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Allez, c’est reparti pour Ranakpur via Kumbalgarh où nous visitons… ? Le Fort ! Bien ! Y’en a qui suivent… David est en deux, ou en un seul morceau tout raide. J’en mène pas large non plus… Mais là encore, la région du Mewar que nous traversons est vraiment belle. Plus montagneuse, plus verte, la vie paysanne nous offre de belles scènes de vie. On ne se lasse pas de ces images qui défilent sous nos yeux, avec le CD de méditation matinale de Shaadi en bande son, et le parfum d’encens qu’il brûle chaque matin dans la voiture avant de nous récupérer… Le fort de Kumbalgarh est l’un des seuls que les Moghols n’ont pas réussi à assiéger, mais l’intérieur est d’un intérêt limité, même s’il permet de prendre la mesure de l’immensité du site : la muraille qui encercle le Fort serait la 3ème plus grande du monde. Nous arrivons ensuite à Ranakpur où nous passons la nuit. Nous allons visiter un temple Jaïn vraiment magnifique, entièrement taillé dans le marbre. Il y a là plus de 1400 colonnes, toutes ciselées de manière différente. C’est magnifique !

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Le lendemain, la route nous mène jusqu’à Jodhpur la Bleue. Lessive et travail dans un charmant petit haveli loin de l’agitation et dîner de Rajas (rois) préparé par la maîtresse de maison. Seule ombre au tableau, le petit gamin qui nous servira pendant 2 jours n’a pas vraiment l’air de faire partie de la famille…

Fort de JodhpurA Jodhpur, visite du…? Fort, très bien ! Un des plus jolis pour nous. Et ballade dans la vieille ville, près de la Clock Tower, au cœur du bazar, des motos, des chiqueurs de bétel, des crachats, des klaxons, des regards insistants, des sollicitations en tout genre : tout ce que les enfants adorent 😦

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Le soir, nous dînons à l’hôtel avec deux Françaises avec qui nous parlons voyage. C’est toujours agréable !

Temple Jaïn OsyanLongue journée de route pour Jaisalmer. Nous faisons juste une courte visite au temple Jaïn de Osyan, où une vache a tenté d’encorner David : elle a décelé en lui le torero qui s’ignore. Faut dire qu’il a essayé de lui passer devant, et ça, en Inde, les vaches elles aiment pas trop !!! Puis pause déjeuner dans un restaurant de bord de route, où une nuée de guêpes nous attendait à l’accueil… Pas grand chose de plus sur la route, hormis quelques cultures de coton et de cacahuètes, 2-3 gazelles et une famille d’oiseaux migrateurs au bord d’un lac, des hérons cendrés peut-être ?

IMG_1538 IMG_1542Nous consacrons la matinée suivante à la visite de la citadelle, habitée cette fois, et du Patwon Haveli.

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Les couleurs de Jaisalmer sont magnifiques, toute la ville est construite avec cette pierre ocre jaune à laquelle le soleil donne des reflets mordorés. Dans l’après-midi, nous allons voir avec Shaadi un temple Jaïn au bord d’un lac, puis il nous emmène à Bada Bagh, visiter les chhatris où avaient lieu les crémations des Maharajas, jusqu’au coucher du soleil.

Bada Bagh

Le soir, nous avons voulu sortir de notre hôtel nauséabond et suivre les conseils de bad-trip-advisor, qui s’est avéré ce soir-là être de mauvais conseil, à moins d’être pris d’un irréprésible de manger coréen ; pourquoi pas remarque… Mais ça nous a donné l’occasion de prendre un rickshaw bollywoodien, qui poussait des « Oh ! » et des « Coooow ! » à chaque fois qu’il voyait une vache. On s’est fendu la poire pendant tout le trajet !

IMG_1648Nous passons la matinée au « Gem Past Hotel », puis nous allons déjeuner chez Monica, notre cantoche à Jaisalmer, avant notre Camel Safari in The Desert. Nous sommes seuls avec Anjana, une Indienne de Bangalore et notre chauffeur, Mr Soda. Après une heure de Jeep dans le désert du Thar, qui est plutôt une steppe à cette période de l’année, nous retrouvons nos deux Camel Men, et nos montures à bosse : Mickaël pour David, Mr Goma pour Maé, Mr India pour Moi, et… Marco pour Pablo (Marco, si tu nous regardes…) ! Au bout d’une heure à califourchon à surfer sur la bosse, nous sommes descendus, les jambes arquées, mais heureux !

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Là, les dunes exhibent leur formes généreuses aux rayons du soleil couchant ; nous nous y laissons glisser, rouler, nous les caressons de nos mains et de nos pieds nus, en laissant couler le sable fin entre nos doigts, une fois, dix fois, cent fois…en repoussant, de-ci, de-là des scarabées made in Starship Trooper… Nous entendons juste les clochettes de Marco & Co, qui broutent aux pieds des dunes. Le soleil s’évanouit doucement, laissant la place au crépuscule. Mr Soda nous emmène alors à 2-3 kms de là, voir un spectacle musique et danse en plein air, purement Rajasthani – qui, pour être véritable, doit se dérouler sous une nuée de criquets albinos en folie, sinon c’est du streaming… Mais sinon, les musiciens étaient vraiment bons, même si on aurait pu faire un peu plus court ! Allez, avant de partir, il serait bon d’aller au petit coin avant la nuit dans le désert. Mais ma traversée du désert, à moi, c’est de parcourir, tête baissée, les 15 mètres qui me séparent du lieu dit, sur lesquels les criquets ont formé un joli tapis blanc, sans compté leurs amis volant-sautant ; on aurait dit qu’on jetait des grains de riz, voire des sushis à mon passage… J’ouvre la porte, enfin, elle est là, et derrière… il neige des criquets, mais c’est la tempête, façon congère ! Je préfère les scarabées… Nous rentrons à nos dunes, Mr Soda et nos camel boys nous installent nos couches, là, sous un tapis d’étoiles. A chaque étoile filante, nous formulons de nouveaux vœux, attendant la prochaine jusqu’à ce que les yeux ne puissent plus lutter.

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Nous nous réveillons peu avant le soleil, nous l’attendons même un peu. Nous profitons encore un peu de lui, des dunes et du silence autour d’un tchai tea préparé au feu de bois, puis nous retrouvons nos dromadaires, pour rentrer à Jaisalmer. L’organisateur du safari nous prête une chambre pour prendre une bonne douche. Plus tard, nous prenons le train de nuit qui nous ramène vers Delhi.

La nuit sera bonne, cahin-caha… IMG_1749A l’approche de Delhi, les bidonvilles qui longent les voies ferrées donnent le vertige. A croire que tout ce que nous avions vu jusque-là n’était qu’un aperçu. L’esprit se brouille. Après 18 heures de train, nous retrouvons Shaadi qui nous dépose à la ghesthouse. Chacun vaque à ses occupations, avant le départ pour la Birmanie demain. Mais ça, c’est une autre histoire.

De Delhi à Bundi (10 jours)

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Arrivés à New Delhi, nous faisons connaissance de Shaadi, notre chauffeur pour ces 3 semaines au Rajasthan. Sous son beau turban coloré se cache un homme discret, que nous allons apprendre à connaître. Il nous dépose à l’hôtel et comme la journée est bien entamée, nous allons juste faire un tour dans le bazar de Karol Bagh, qui est à quelques minutes à pieds de notre hôtel.  Les ruelles sont surchargées de piétons, de rickshaws, de motos, de voitures, de chiens errants, au point qu’à un croisement, l’étranglement est tel que plus rien ne bouge, même les passants ont du mal à se frayer un chemin… seule subsiste la cacophonie des klaxons, au point que deux hommes se plantent au milieu pour faire la circulation et désagréger le bouchon. La rue du bazar est aussi surchargée , une marée humaine se tortille dans tous les sens dans un corps à corps inévitable. Whaou! On lutte 2-3 fois contre des gars qui essayent de nous traîner dans leur boutique en faisant valoir que le bazar est dangereux, ils ont tous le même discours bien huilé. Nous continuons notre ballade – ou bagarre, on se sait plus – avant de prendre la tangente pour essayer de s’extirper de la fourmilière. Arrivée à Delhi réussie et journée d’intégration terminée.

Le lendemain, on part pour une découverte plus culturelle de Delhi, en voiture avec Shaadi. Sûr que la visite est plus sereine, mais la ville reste extravagante dans tous ses aspects. La misère, qui a élu domicile sous l’interminable pont du métro, le bruit, la foule, l’enfilade infinie des échoppes et marchands en tout genre, les fruits et les légumes qui colorent les rues, les saris des femmes, les odeurs de pisse et d’épices… tableau anarchique de 17 millions d’humains dans cette ville tentaculaire que nos yeux incrédules balayent obstinément. 

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Avec ce décor en toile de fond, et les jambes recouvertes d’un longyi, nous allons visiter la Mosquée de Delhi (Jama Masjid) la plus grande d’Inde. Une merveille. Une famille d’Indiens me demande de les prendre en photos et de toucher la petite dernière. Puis, le père revient vers Maé un peu plus tard pour qu’elle la touche à son tour et que je les prenne en photo toutes les deux. Pendant ce temps, David est en train est en train de se faire convertir par quelques jeunes et fervents musulmans.

265Puis nous nous baladons à l’extérieur du Fort rouge, déjà très beau, l’intérieur du Fort d’Agra étant plus intéressant d’après Shaadi, qui nous emmène ensuite au Tombeau de Yumayun, un très beau mausolée Moghôl.  Ensuite, visite des quartiers coloniaux Anglais, le palais présidentiel, les ministères, et le mémorial de Gandhi. 273

Comme Shaadi est Sikh et que nous lui posons beaucoup de questions sur sa religion, il nous emmène dans un temple Sikh à Delhi, haut en couleurs… Une belle expérience que nous n’aurions peut-être pas tentée sans lui! Shaadi n’est jamais plus loquace que lorsqu’on lui parle religion! 306

Le lendemain on arrive à Agra, après de longues heures de route. L’état de l’Uttar Pradesh, un des plus pauvres, n’est pas franchement accueillant: pauvreté, saleté, bâtiments croulants, l’eau qui croupit partout…Mais c’est l’Inde, et un autre de ses nombreux visages. En arrivant à Agra, la misère est plus cinglante qu’ailleurs, c’est une réalité!

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Nous visitons le Fort Rouge, magnifique lui aussi. Pour finir la journée, nous allons admirer la face arrière du Taj Mahal, côté rivière, à l’heure où le soleil se couche et les moustiques se lèvent… Demain, réveil à l’aube pour visiter le  Taj Mahal. 

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À 6h, la queue de touristes est déjà longue!!! Pas très utile finalement de se lever si tôt, puisque tout le monde est déjà là. Le temps de passer les filtres de sécurité, une épopée, il n’y avait plus personne dans la file d’attente. (Pour info, c’est sûrement dans les guides mais nous ne l’avions pas, exit la nourriture, les livres et autres journaux, les lampes torches…)

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Le mausolée est une pure merveille, sans aucun doute, et si l’on arrive à faire abstraction de l’afflux de touristes…C’est le prix à payer pour voir ces monuments d’exception! Et même s’il n’a pas suscité l’émotion espérée, il faut bien admettre que ce colosse de marbre blanc est d’une grande beauté! Et la lumière qui s’en dégage est unique.

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Après cette visite matinale, nous prenons la route pour Jaipur, via Fathepur Sikri, la capitale de l’Empire Moghol au XVIème siècle. Nous avons adoré ce site. Le palais et la mosquée sont magnifiques et ça reste à ce jour un de mes lieux préférés au Rajasthan.

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Après cette belle visite avec un jeune guide aux yeux de biche et les dents rougies par le bétel, nous avons dû lutter ferme pour décliner les sollicitations plus qu’insistantes des vendeurs ambulants qui nous attendaient à la sortie… Heureusement que les sourires de quelques gamines réclamant stylo et shampoing  sont arrivés à point nommé.

Toujours sur le chemin de Jaipur, nous nous sommes arrêtés à Abhaneri pour voir un superbe baori, un puits en escalier qui permettait de descendre au niveau de l’eau, plus ou moins haut selon les saisons. C’est assez hallucinant comme ouvrage.

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Le site conserve aussi de nombreux sous-bassements du temple Hindou voisin qui a été pillé par les Moghols au IXème siècle. Ce petit temple, bien qu’abîmé, est un petit bijou.

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Le lendemain nous visitons le Fort d’Amber (ancien nom de la ville de Jaipur). Encore un lieu très important pour les Hindous qui se pressent ici en masse. Il faut dire que nous sommes à quelques jours de la grande fête de Dussehra, et on sent monter l’effervescence partout où nous passons. Nous nous perdons dans les dédales du fort; encore un bon moment en famille. Les enfants n’ont jamais été aussi épanouis en voyage…

 

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Ensuite, nous avons visité le City Palace de Jaipur (bof…) et dejeuné dans un « boui-boui » (dixit Shaadi) de bonne facture. On aurait aimé déambulé un peu plus dans la ville, le bazar, les quartiers populaires de la ville rose…

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Arrivés à Pushkar le lendemain, nous n’avons pas eu le temps de faire grand chose. Visite du temple de Brama, et rituel hindou au bord du lac en répétant les mots magiques de notre « gourou ». Ensuite nous retrouvons Shaadi pour la fête de Dussehra, cérémonie pendant laquelle on brûle d’immenses statues de papier à l’effigie du démon Ravana. Nous n’avons pas eu de coup de coeur pour Pushkar.

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Le jour suivant, nous avons rejoint Bundi via Ajmer et sa  mosquée. Un vendredi, la rue principale était archi-bondée, comme la mosquée elle-même, et nous n’avons pas trop compris l’intérêt de cette visite. Sans parler du nombre d’estropiés que nous avons vus ce jour-là dans les rues de la ville, c’était dur!

L’arrivée à Bundi a été comme une bouffée d’air frais. Entourée de 3 lacs, il règne ici un calme certain comparé à tout ce que nous avons vu jusque-là. Rien d’autre à faire que de déambuler dans les ruelles de ce gros village et de visiter l’ancien palais encerclé par le fort.

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Le site est très abîmé, mais nous avons adoré cette ballade avec David. Nous avons laissé les enfants souffler un peu ce jour-là, puis David est allé se faire couper les douilles chez le coiffeur du coin, il est rentré tout sourire, avec de nouveaux copains, et un massage du crâne en prime… Moi, j’ai copiné avec  un des artistes- peintre de village, puis nous avons pris un cours de cuisine qui n’en avait que le nom, mais c’était pas mal même si nous n’avons pas touché un couteau. Nous avons aussi rencontré 3 femmes françaises bien sympas avec qui nous avons dîner le soir. Le reste, nous l’avons consacré à rattraper le travail en retard, faire un peu de lessive, et profiter ce cette pause salvatrice. We love Bundi.

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8 jours dans le Kerala: Fort Cochin, Thekkady, Allepey

Chinese fishing Nets

Nous avons passé une bien belle semaine dans le sud de l’Inde, avec une bonne dose de dépaysement. Juste le temps qu’il fallait pour trouver quelques repères dans cet immense pays aux multiples visages, où nous nous sommes pourtant sentis tout de suite bien… Les enfants s’attendaient à « autre chose », mais ils se sont très vite acclimatés, et nous les avons sentis très détendus.

Le lavoir

Fort Cochin -où nous avons choisi de poser les sacs à dos- est le quartier tranquille et verdoyant de Cochin, situé sur une presqu’île, même si le mot tranquille n’a pas tout a fait la même résonance ici… En fait, ce qui résonne surtout, c’est le concert permanent des klaxons, qui rythme notre quotidien à présent.

Ballades à pieds ou en rickshaw, fabriques d’épices, petites échoppes, lavoir, Chinese fishing nets (ces filets de pêche installés sur le bras de mer) ont tranquillement remplis ces deux journées qui nous ont ouvert l’appétit pour le reste de notre séjour en Inde.

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Séchage du gingembre

Nous avons ensuite filé à l’est -6 heures pour parcourir 170 kms de route montagneuse- direction Thekkady, dans le Parc National de Periyar. Outre le temps de trajet qui peut paraître cahuzesque, on pourrait disserter sur la conduite en Inde, mais on ne voudrait pas que nos parents s’inquiètent…Qu’ils se rassurent: à 30 km/h, on travaille un peu les abdos fessiers, à la limite, mais pas plus. Heureusement que la route entre Cochin est Thekkady est magnifique…

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Periyar National Park

La région est très vallonnée, et la végétation tropicale, idéale pour profiter de la nature, des plantations d’épices, des cascades et des éléphants… Ben oui, on est des touristes quand même! Notre « safari » en 4X4 nous a même offert la chance incroyable de voir 2 singes et quelques poules sauvages…

Mais la mention spéciale va sans conteste à notre massage Ayurvédique: 2 heures de massage à l’huile, nus comme des vers en string de papier, avant de passer à la machine à vapeur, pour déboucher les pores, et vider le trop plein d’huile… On est ressorti brillants comme des beignets! Seul Pablo ne s’est pas laissé tenter par l’aventure…Ah bon???

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Backwaters

 

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Puis, on est partis sur Allepey et ses backwaters. Notre homestay était tellement bien situé et agréable (merci Cathy pour ce bon plan!) que nous avons préféré rester dormir à l’hôtel plutôt que de louer un houseboat (péniche locale) pour la nuit. Par l’intermédiaire de l’hôtel, nous avons pu profiter d’une matinée de ballade  sur les backwaters, en bateau privatif, au lever du jour, ce qui était idéal.

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Regarder les Indiens vivre le long de ces canaux, faire leur toilette, leur vaisselle, laver leur linge au bord de l’eau, voir les enfants en uniforme courir sur les berges pour ne pas rater le bateau qui les mènent à l’école, est un voyage dans le voyage, dans lequel on se laisse emporter au rythme lent de la navigation.

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Pour le reste de cette escale, nous sommes allés gribouiller dans le sable de la grande plage de Marari. Il n’y avait personne ou presque, l’eau était vraiment chaude, mais les courants semblaient forts et les maillots étant restés à l’hôtel, nous n’avons pas pu nous baigner.

222Le moment n’en était pas moins extra, et les enfants se sont régalés. Et nous avons fini la journée sur une autre plage, Allepey Beach, où les Indiens aiment se retrouver pour le coucher de soleil. Le hasard a fait qu’un tournage avait lieu sur la plage. C’était excellent de voir l’acteur danser pieds nus dans l’eau, façon Bollywood, tout en chantant en playback devant quelques poignées de curieux!

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Voilà à quoi ressemble cette semaine dans le Kerala. Nous avons vraiment aimé cette partie de l’Inde, les gens sont très accueillants ici, la nature est généreuse et belle et c’était un préambule parfait pour le reste de l’Inde, une bonne manière de prendre quelques repères, avant de rejoindre New Delhi et ses 17 millions d’habitants, de traverser l’Uttar Pradesh et d’arpenter le Rajasthan. Mais ça c’est une autre histoire…

Décollage pas immédiat et arrivée bien méritée…

 
Ayé, nous y voilà! Ça aura été fatiguant et plein de contre-temps, et nous apprenons déjà la patience… D’abord le train pour Paris a été supprimé, puis le jour J, nous n’étions pas sur la liste des passagers pour Cochin via Doha… L’agence a quand même démêlé l’affaire, ce qui nous a permis de passer la nuit à Doha (petite réminiscence saoudienne pour moi:-)), et de faire un petite tour en « ville » le lendemain avant de prendre le vol pour Kochi. Nous sommes finalement arrivés à 3:30 du matin et sortis de l’aéroport à 5:00, puis nous avons roulé une bonne heure sous des trombes d’eau en zigzagant au milieu de l’armada de camions du chantier du métro de Cochin. Les éclairs projetant sur un boulevard d’échafaudages, la pluie qui tambourine sur la voiture, tout ressemblait à une pure mise en scène . Et puis les rues de Fort Kochi se sont révélées peu à peu, à mesure que  le jour se levait, tout en douceur…juste avant la tempête humaine…C’est comme ça que l’Inde nous a accueillis, à moins qu’elle ne nous ait cueillis, comme par magie, là où ne nous l’attendions pas. Sans le savoir nous étions déjà séduits !