3 semaines en Bolivie: du Sud Lipez au Lac Titicaca

Coucou, les amis. Eh oui, le temps s’accélère et le rythme des publications aussi. Alors vous allez probablement recevoir de nos nouvelles un peu (trop?) souvent jusqu’à notre retour qui approche un peu (trop?) vite… La bonne nouvelle, c’est que la perspective de vous voir, ou à défaut de vous entendre, commence vraiment à nous filer la frite! L’autre, c’est qu’en attendant, vous allez devoir lire encore un peu… Et c’est un euphémisme pour l’article du jour… Parce que la Bolivie a été dense, à bien des égards, et l’article l’est aussi… Alors, installez-vous confortablement, mettez votre passe-montagne et votre masque à oxygène, et en route pour des paysages à couper le souffle!

IMG_0121

Le minibus vient nous chercher à 7:30. Nous passons la douane chilienne à San Pedro de Atacama et prenons la route jusqu’à la frontière bolivienne. Après les formalités d’usage, nous retrouvons notre guide et chauffeur de 4×4 pour les 3 jours à venir. Nous sommes déjà haut et le vent est glacial malgré le temps magnifique. Nous buvons un maté bien chaud et c’est parti pour l’aventure dans le sud et le nord Lipez, et le salar d’Uyuni, le plus grand salar du monde.

IMG_9856

Jour 1: nous découvrons les magnifiques lagunes boliviennes, Laguna Blanca et Verde, le désert Dali flanqué d’énormes pierres éjectées ici par une méga-éruption volcanique, Aguas Calientes, le geyser Sol de la Manana à 5000 m d’altitude (!) et la merveilleuse Laguna Colorada, ocre rouge, où broutent quelques lamas.

IMG_9868 Laguna Blanca

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

IMG_9870 IMG_9874 Laguna Verde

IMG_9890 Geyser Sol de Manana

IMG_9909 IMG_9916 Laguna ColoradaIMG_9922

Nous sommes à 4000 mètres d’altitude, dans l’altiplano bolivien, aussi merveilleux qu’hostile pour nos petits cœurs habitués à vivre au niveau de la mer. Les palpitants sont en mode sport, et les migraines sont tenaces. C’est le prix de l’acclimatation. Les feuilles de coca (non, non c’est pas de la drogue, juste une plante pleine de vertus, dont celle d’augmenter le taux de globules rouges, très utile quand on souffre du mal d’altitude) nous seront bien utiles… Nous intégrons notre refuge, et nous nous emmitouflons dans nos lits, sous 5 épaisseurs de couverture, pour résister au froid polaire qui règne dans le dortoir non chauffé. Heureusement, nos hôtes allument un petit poêle dans le réfectoire pendant le dîner, et ça, c’est carrément inespéré.

IMG_9899

Après une nuit en pointillés, nous retrouvons Arnoldo à 7:30 pour cette deuxième journée. Nous choisissons de partir du côté du nord Lipez et La Valle de Rocas  plutôt que de faire d’autres lagunes. Là aussi, les paysage sont incroyables!

IMG_9963 Valle de Rocas

Et c’est un vrai dépaysement d’arriver, après avoir slalomé au pas, dans un dédale de roche, à l’endroit où se cache, derrière un décor de mousse et de petits rus gelés, la superbe Laguna Misteriosa, tout en harmonie. La roche, l’eau, les herbes hautes et dorées, les lamas qui paissent au loin, la famille canard qui barbote, le bleu du ciel, tout semble être fait pour nous donner à voir le tableau parfait. Nous sommes complètement sous le charme.

IMG_0022 Laguna MisteriosaIMG_0002 IMG_0001

C’est ici que nous pique-niquons d’un bon déjeuner préparé par Arnoldo. Malheureusement les enfants n’en profitent pas trop car l’altitude les a un peu détraqués et ils sont à plat aujourd’hui. Nous faisons d’ailleurs quelques détours pour trouver un médecin qui nous prescrit des remontants, car nous avons prévu de rester en altitude encore un moment, et le pouls des enfants à du mal à descendre en dessous de 130 pulsations au repos.

Nous regagnons notre hôtel en sel, du sol au plafond, où nous pouvons enfin prendre une douche. A l’heure du maté, nous rencontrons 5 jeunes voyageuses (1 Espagnole, 1 Française, 2 Suissesses et 1 Anglaise) avec qui nous causons un bon moment avant de dîner dans le noir, à cause d’une coupure de courant. De toute façon, le réveil est prévu à 4:30, alors tout le monde file au lit.  

Hôtel de sel

Il fait encore nuit lorsque nous remontons dans le 4×4 pour 1h30 de piste avant d’arriver au pied d’une petite île couverte de cactus, au milieu du Salar d’Uyuni. Nous grimpons jusqu’au sommet dans l’obscurité et dans le froid, le souffle court, pour profiter du lever de soleil. Le spectacle est magique, la lueur changeante sur cette étendue blanche, à perte de vue, ça ressemble à un rêve. C’est magnifique!

IMG_0048 IMG_0044 IMG_0057 Salar d'UyuniIMG_0069

IMG_0081 Salar d'UyuniIMG_0093

En redescendant, un petit déjeuner nous attend, sur ce désert de sel. Nous reprenons notre route pour une séance photo au milieu du salar, d’une surface équivalente à deux départements français (12000 km2). Le sel craque sous nos pieds et on se sent seul au monde! Puis nous faisons une pause dans un « musée » de sel et dans le petit village de Colchani où s’arrêtent tous les tours pour déjeuner. Nous chinons dans les petites échoppes d’artisanat avant de manger et d’aller  visiter le cimetière des trains, abandonnés ici depuis plus de 70 ans. Petite séance photos avant de quitter Arnoldo et d’aller se poser à l’hôtel d’Uyuni pour la nuit. 

IMG_0113 IMG_0111 Cimetière de trains

Après une bonne nuit de repos et une matinée tranquille, nous prenons un bus pour Potosi, la ville de plus de 100 000 habitants le plus haute du monde, à 4100m d’altitude. Cœur fragile, s’abstenir. Ici, le souffle devient très court, et c’est sans compter que la ville est construite à flanc de colline et ça grimpe sec, sans parler des bus d’un autre âge qui crachent en permanence une fumée noire et épaisse, ce qui rend le peu d’air disponible irrespirable. Pour le reste c’est une ville qui pourrait être agréable…

IMG_0149 Potosi

Il y a ici, ce qui fût une des plus importantes mines d’argent du monde, que les Espagnols ont exploité sans relâche avant de repartir tranquillement, laissant les Boliviens s’assoir sur une fortune inestimable. Tout cet argent, qui convergeait vers l’Europe a permis à l’Espagne de mener grand train tout en essuyant ses dettes auprès des premières grandes banques européennes à coup de lingots. Ce qui a permis à ces grandes banques de financer la révolution industrielle en Europe, et de donner naissance  de l’économie moderne. On a bien du mal à imaginer les conditions dans lesquelles les Indigènes étaient contraints de travailler… Généralement, ils mouraient au bout de quelques mois, à cause des vapeurs de mercure nécessaire à l’extraction de l’argent. Et les mules qui faisaient tourner les roues pour plaquer le minerai ne duraient pas plus longtemps. Au total, ce sont 8 millions d’Indigènes (le mot « indien » est très péjoratif en Bolivie) qui sont morts dans cette ruée vers l’argent. Un véritable génocide. Nous avons choisi de ne pas visiter les mines, toujours en activité, mais la visite de la Maison de la Monnaie (Casa de la Moneda) est passionnante!

Le Cerro Rico

Puis nous avons visité la cathédrale de Potosi, avant de monter sur le clocher pour profiter d’une  belle vue sur la ville et le Cerro Rico (la « colline riche » autrement dit la mine). Pour le reste, nous l’avons joué tranquille, à marcher calmement dans les rues épuisantes, à regarder vivre les gens: les femmes vêtues de leur traditionnelles jupes plissés sur d’épais bas de laine, portant leur gros fardeaux de tissus multicolores sur leurs longues tresses noires. Les jeunes qui animent la place centrale, et les vieux à la peau aussi rude que le climat… Les Boliviens ne sont pas très souriants de prime abord, ils paraissent même renfrognés, mais dès qu’on s’adresse à eux, et qu’on brise un peu la glace, ils changent complètement d’attitude et deviennent adorables, serviables, souriants… 

Nous reprenons la route pour Sucre, la capitale constitutionnelle. La belle ville coloniale est bien plus agréable que Potosi et moins haute aussi, ce qui rend les ballades un peu moins éprouvantes. Nous passons 4 jours ici, sans trop de programme, si ce n’est celui de ralentir un peu le rythme de nos pérégrinations et d’augmenter celui du travail… Et oui, la fin de l’année scolaire est déjà là! Sinon, nous montons à la Recoleta et sa place à arcades qui domine la ville, nous profitons du petit marché artisanal, avant de rejoindre Tarabuco, village réputé pour son marché du dimanche, où l’on trouve essentiellement de très beaux tissages colorés. Occasion rêvée de charger encore un peu les sacs à dos… Puis nous retrouvons Larissa et Mélanie, les 2 Suissesses rencontrées sur le Salar avec qui nous passons notre dernière soirée à Sucre. Très sympa! 

IMG_0194 IMG_0195 IMG_0199 Sucre

IMG_0218

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Tarabuco

Le taxi déglingué vient nous chercher très tôt, et nous passons faire le plein à la station…de gaz! Autant dire que dans les côtes, on se demande si on va pas descendre pousser le tas de tôle.  Nous rejoignons La Paz en  avion. Nous survolons l’altiplano bolivien et la Cordillère Royale et ses sommets enneigés avant d’atterrir. En arrivant de l’aéroport, la ville construite à la verticale, à flanc de montagnes, est impressionnante. Pour le reste, pas grand chose à signaler, à par que nous essayons de comprendre comment  (et pourquoi) les Boliviens arrivent à vivre sans chauffage, parce que nous, on y arrive pas! Et des fois, on ferait bien un feu de camp avec le mobilier de la chambre! Parce que là, on est encore à plus de 3500 mètres d’altitude, alors il fait un peu frisquet sans chauffage! Au fait, si vous prévoyez de construire une maison, n’oubliez pas d’enterrer un fœtus de lama sur le terrain avant, ça vous apportera chance et bonheur, ma parole bolivienne…! La preuve!

IMG_0250 IMG_0251 La PazIMG_0260

Allez zou! En route pour Copacabana, au bord du lac Titicaca, côté bolivien, dans un bus glacial, que les merveilleux paysages ne parviendront pas à réchauffer! Et quand le lac apparaît, c’est une vraie merveille, aux eaux d’un bleu profond, nichée au milieu des montagnes altières de la Cordillère Royale. Au milieu flottent quelques îles, et par endroit, sans aucun relief à l’horizon, on dirait l’océan! Dans notre hôtel avec jolie vue sur le lac, nous lézardons au soleil dans nos chiliennes (ben oui…) pour emmagasiner la chaleur avant la nuit, parce ce que les grille-pain qui nous servent de chauffage risquent de ne pas nous aider beaucoup… Pas grave, notre peau commence à prendre l’aspect du cuir, et nos chaussettes en poil de lamas feront le reste.

IMG_0297 IMG_0289 IMG_0290 IMG_0305IMG_0318 IMG_0309 IMG_0323 Copacabana

Au matin, nous allons visiter la cathédrale avec David, puis nous allons faire un petit tour au bord de la « plage » en famille. C’est pas la grande forme aujourd’hui, l’altitude fait des siennes… On est encore à 3800 m d’altitude quand même!

Aujourd’hui, nous partons sur Isla del Sol, une île du Lac Titicaca. Après 2 heures d’une traversée en bateau au ralenti, nous arrivons sur l’île pour une marche de quelques heures sur le Sentier des Crètes avec des panoramas de toute beauté sur le lac et la Cordillère Royale à l’horizon. C’est superbe, mais la marche à 4000 mètres est encore une fois difficile. Nous trouvons un hôtel pour la nuit avec une terrasse sur le lac et une belle vue sur le coucher de soleil. Un peu plus tard nous nous endormons comme des masses.

IMG_0337 IMG_0341 IMG_0361 IMG_0363 IMG_0366 IMG_0377 Isla del Sol

Ce matin nous reprenons un bateau pour Copacabana où nous prenons un bus pour Puno, un gros village au bord du lac Titicaca, côté péruvien cette fois. Notre séjour en Bolivie s’achève sur les superbes paysages du lac, et des images d’Indigènes aux longues tresses noires et chapeau melon, de lamas  et d’ânes, d’un peuple charmant pour peu que l’on casse un peu la glace. Mais déjà le Pérou nous attend.

IMG_0393

 

Chili 2 : San Pedro de Atacama

IMG_9785Nous passons la frontière entre l’Argentine et le Chili, au Paso de Jama, à plus de 4200 m d’altitude, après avoir fait fouiller la voiture et les sacs par la douane chilienne. Nous parcourons les hauts plateaux avec les montagnes à perte de vue, quelques volcans en toile de fond et les premières neiges, encore timides.

IMG_9672

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La route, comme infinie, est à nous seuls et c’est à peine si nous avons croisé quelques véhicules depuis notre départ de Purmamarca, en Argentine. La végétation a presque complètement disparu et le vent, que plus rien ne freine, est cinglant. Nous longeons les lagunes altiplaniques posées au beau milieu de ces terres inhospitalières et splendides! On s’arrête toutes les 5 minutes pour faire « quelques » photos de ces paysages époustouflants, sous les souffles agacés des enfants…

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

IMG_9677

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Nous descendons ainsi, tranquillement, vers San Pedro de Atacama que semble surveiller l’imposant Licancabur, au cône presque parfait. Quelle merveille, ce volcan!

IMG_9690

Nous arrivons dans le village poussiéreux de San Pedro de Atacama, en évitant les chiens errants qui se jettent sur les voitures pour faire la course, et nous tournons un bon moment avant de trouver l’hostal.

IMG_9796

Nous passons 3 nuits ici, et ce n’est pas de trop tant il y a à voir et à faire dans ce désert magnifique. Il nous faut faire des choix.

Nous consacrons notre première journée aux superbes lagunes. Tebenquiche d’abord, une très belle lagune gorgée de sel, avec cette guirlande de montagnes et de volcans qui cernent le désert d’Atacama. Cette ligne d’horizon, aux confins de la Cordillère est vraiment, vraiment superbe… Et on est tenté de penser que l’absence humaine n’est pas étrangère à la magie des lieux. Les mots manquent pour décrire tant de beauté.

IMG_9741 IMG_9714

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Puis nous rejoignons la lagune Chaxa, plus délicate encore, dans laquelle se reflète l’horizon et les silhouettes des flamands roses, assez rares à cette époque. La nature, dans sa plus pure expression, nous fascine, dans ce silence absolu.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La matinée passe ainsi, au rythme de nos contemplations. Puis, nous laissons les enfants respirer un peu sans nous, à l’hostal, et allons David et moi, et quelques poignées de minibus touristiques, admirer le soleil qui se couche sur la Vallée de la Lune. Le spectacle est grandiose!

IMG_9788

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La deuxième journée sera un peu plus fun pour les enfants, et sur les bons conseils de nos tourdumondistes rencontrés à Santiago, nous allons passer la matinée sur la dune de la Vallée de la Mort pour une séance de sandboard.

IMG_2675 IMG_2674

C’est aussi fun qu’épuisant, parce que grimper la dune à plus de 3500 m d’altitude, et sous un soleil de plomb, ça décrasse les poumons, même des plus jeunes… On vous laisse imaginer l’état des vieux… On passe un super moment, dans un décor extraordinaire, avant d’aller de désensabler les portugaises et les baskets…

IMG_2671 IMG_2676

Puis les enfants restent au bercail, et nos vieux poumons repartent chercher de l’air dans la Vallée de la Lune qui porte bien son nom. Les petites grimpettes sur les sommets qui dominent la vallée finissent de nous achever, mais  les panoramas en valent la peine.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

IMG_9821

Après quelques emplettes dans le village, nous rentrons pour un pique-nique nocturne à l’hostal, avant une bonne nuit de sommeil. Demain, nous entamons notre périple en Bolivie, par 3 jours et 2 nuits dans le sud Lipez et le Salar d’Uyuni, mais ça c’est une autre histoire…

Nous quittons ici le Chili, car nous déciderons finalement de ne pas faire le parc de Lauca dans le nord, à cause de la fatigue générale et de trajets rendus trop compliqués. Nous avons vu ici des paysages fantastiques qu’il est très difficile de décrire, tout autant que le plaisir et l’émotion qu’ils nous ont procuré.


REGARDS SUR LE CHILI

Nous savions que notre arrivée en Amérique du Sud  allait marquer un tournant important dans notre rotation autour de la terre. Après tous ces mois en Asie et dans le pacifique, le Chili était la porte d’entrée dans une civilisation proche de la notre, nous permettant de nous ré-acclimater doucement, tant le dépaysement fut total jusqu’ici. Ici, la religion, les modes de vie, l’alimentation, les rites sont directement issus de nos civilisations européennes, espagnoles et portugaises notamment. Alors le dépaysement se fait différent,  plus rare, moins surprenant. Ce qui change aussi, c’est le rapport à la sécurité. Bien que nous n’ayons été confronté à aucune forme d’insécurité, les rappels à la prudence des autochtones ont été permanents à Santiago et Valparaiso, et nous ont sans doute incité à rester sur nos gardes… Souris au monde et il te sourira dit-on ! Souriants, sans doute l’étions nous un peu moins… Hormis notre passage sur l’île de Pâques, plus polynésienne que chilienne à notre avis, il faut bien admettre que nous avons été plus vigilants ici, sans tomber dans la paranoïa, même si pour acheter une bouteille de vin, le commerçant vous sert derrière des grilles… C’est vrai que le contraste avec l’Asie se pose là, derrière les barreaux!

Alors il faut s’éloigner de ces grandes villes polluées, stressées et stressantes pour atteindre les grands espaces que le pays nous offre, et là… c’est une bonne claque que l’on reçoit de plein fouet tant les paysages sont magiques, grandioses, magnifiques ; nous n’avons parcouru que le désert d’Atacama et nous avons beaucoup aimé, cela restera sûrement parmi les plus beaux paysages de notre aventure.

Difficile donc d’avoir un avis tranché sur ce pays que nous n’avons fait qu’effleurer, mais nous savons qu’il regorge encore de beautés incroyables qu’un seul voyage ne suffit pas à découvrir, du parc de Lauca au nord à Torres del Paine au sud… Il y a de la place pour plusieurs voyages au Chili. En attendant d’y reposer nos baluchons, la voix de Neruda calmera nos impatiences…

Oh Chile, largo pétalo de mar y vino y nieve, ay cuándo (…) me encontraré contigo…

Ô Chili, long pétale d’océan, de vin et de  neige, ah! quand (…) viendra l’heure des retrouvailles…

P. NERUDA

Et comme d’habitude à la fin de chaque pays, une petit résumé en images et musique…

Argentine (1ère partie) – Le Noroeste

IMG_9661

 Au départ de Valaparaiso, nous prenons la route vers la frontière Argentine: passage du col sous la neige à plus de 3500 m d’altitude alors que nous étions au bord de la mer 2 heures plus tôt! Puente del Inca nous accueille, où tout semble sorti d’ un décor de film. Nous arrivons dans le refuge avant de partir dans la nuit noire dîner dans un resto où les lumières s’allument  pour nous accueillir, un peu comme si on réveillait toute la famille qui s’affaire pour nous faire à manger… Et finalement on se régale d’un délicieux bife de chorizo (genre de faux filet) et frites maison pour braver le froid à 2500 m d’altitude.

IMG_8884                              IMG_8887

Nous dormons au refuge étriqué et sommaire mais à l’accueil agréable, faisons quelques photos du Puente del Inca, un pont naturel creusé par les eaux dans la roche. Puis nous allons dans le parc de l’Aconcagua et ses paysages magnifiques, même si le sommet du continent américain a la tête dans les nuages ce matin.

IMG_8915 IMG_8910 IMG_8916 IMG_8929 IMG_8942

Après ce grand bol d’air, nous reprenons notre chemin jusqu’à Upsallata, où nous déjeunons. La route est magnifique. Puis nous prenons 2 auto-stoppeurs paumés dans le désert, avant de se paumer à notre tour… Le trajet jusqu’à San Juan nous prendra plus de 6 heures du coup. Nuit étape à San Juan et dîner italien: à éviter en Argentine… Nous reprenons la route jusqu’à San Augustin de la Valle Fertil. On se pose dans un hôtel bien sympa où Mario nous donne un tas de bons conseils. Chambres avec poêle à bois, déco gaucho-andine. On fait un tour en voiture dans la quebrada de la Valle Fertil, aux abords de San Augustin. Sur la piste, nous croisons des cavaliers, passons près de fincas isolées, et traversons de petits cours d’eau, dans un décor très minéral, rocheux, parsemé d’épineux et de cactus candélabres. Dîner dans le village d’un bon bife de chorizo, parce que en dehors de la viande, il n’y a pas grand chose d’autre que de la viande!

IMG_8991

Ce matin les enfants sont malades. Ils ont un bon rhume tous les deux. On prend un super petit déjeuner concocté par Mario et Marisa et nous nous  remettons en route pour le parc d’Ischigualasto. On pousse d’abord un peu plus loin pour voir un grand défilé rocheux conseillé par Mario.

Puis nous visitons du parc en convoi de voitures. Le site date du triassique (230 millions d’années). La ballade dure 3:30 à slalomer dans cette vallée désolée où broutent quelques vigognes, cousines éloignées des lamas. La Vallée de la Lune est aussi belle qu’étrange et les paysages sont surprenants. Malgré le ciel plombé qui ternit les superbes couleurs du parc, nous passons un bon moment dans ce décor qui rappelle parfois l’ouest américain.

IMG_9036 IMG_9045

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Nous filons jusqu’à Villa Union pour la nuit et repartons vers Cafayate via Belén où nous passons la nuit. En chemin pour Cafayate nous allons visiter le musée de la Pachamama, la Terre-Mère, chère aux populations Andines.

IMG_9111

Puis nous allons voir les ruines Quilmes, un ancien village vieux de 1000 ans, qui fut le dernier à être pris par les conquistadores, tant le peuple a résisté.

IMG_9127 IMG_9132

A Cafayate, nous posons nos sacs à notre hostal, où Rolando, nous donne plein de bons conseils. Au programme: nous faisons la Quebrada de las Conchas, un canyon encaissé dans la vallée où l’ancien océan a laissé derrière lui des formations rocheuses extravagantes pour nous offrir un défilé spectaculaire sur plusieurs dizaines de kilomètres.

IMG_9178 IMG_9188 IMG_9196 IMG_9217 IMG_9229 IMG_9261   IMG_9220

IMG_9168

Dans un sens, puis dans l’autre, le décor change sans arrêt, c’est vraiment incroyable. De retour, nous allons déjeuner dans la belle bodega Piatelli tout en dégustant quelques vins de la région.

IMG_9298 IMG_9311

La route continue pour Cachi. Nous reprenons la mythique route 40, qui se transforme en piste entre Cafayate et Cachi. Nous traversons les vallées Calchaquiès. Paysages irréels faits de lacs disparus, d’océans contrariés par le soulèvement des Andes invincibles. Décor minéral où la roche semble tendre la main au ciel, presque à la verticale.  Et puis de temps en temps, à la faveur d’un fleuve acharné, un ruban de verdure s’étire dans la vallée, interlude de fraîcheur dans ces terres hostiles.

IMG_9342 IMG_9332 IMG_9356Alors surgissent comme des apparitions, des villages fantômes, et leurs maisons en adobe (brique à base de terre et de paille), où l’on devine la vie sans jamais la voir, à l’ombre d’une église, ou aux couleurs inattendues du linge immobile sur le fil. Et quand d’aventure quelqu’un paraît, il vous salue d’une main haute et le regard franc, qui semble vouloir dire « bienvenidos ».

Nous déjeunons à Molinos avant d’aller visiter la bodega Colomé. On trouve ici le plus ancien vignoble argentin, et surtout les plus hautes vignes du monde, entre 2500 et 3000 mètres d’altitude.

IMG_9386 IMG_9377 IMG_9367

Nous passons la nuit à Cachi, avec un bon petit resto pour finir la journée en beauté. Nous reprenons la route vers Salta le lendemain matin après un passage rapide par la gomeria,  pas pour acheter des gommes mais pour changer le pneu creuvé…

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Nous franchissons le col de la piedra Molino à 3350 m. Magnifique vue au dessus des nuages. On en prend plein les yeux tout le long de la descente qui longe le parc national de los Cardones, vallée verdoyante, fertile, et même fleurie. On se croirait dans un autre pays, dans ces vertes contrées, quand nous étions, 1 heure plus tôt, dans un désert aride. Nous voguons en plein contrastes et nous n’en revenons pas!!!

IMG_9442 IMG_9422

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Pause déjeuner à El Carril avec la télé à fond, une habitude locale à laquelle on ne s’habitue décidément pas! Nous arrivons à Salta – la linda – où nous passerons 2 nuits, le temps de travailler un peu, de se promener dans cette jolie ville, de dîner dans le quartier des peñas, ces restaurants où se produisent des musiciens typiquement argentins, et de visiter le musée archéologique, très intéressant pour comprendre les coutumes incas, et où est exposée, à tour de rôle et pour 6 mois,  une des 3 momies d’enfant ( 5, 6 et 15 ans) que les Incas sacrifiaient en offrande à la Pachamama. Les momies ont été retrouvées à plus de 6000 m d’altitude.

IMG_9507 IMG_9490

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

IMG_9482

Nous reprenons notre chemin vers Purmamarca, en traversant une vaste forêt fleurie, improbable au cœur de ces terres hostiles. Nous arrivons à Purmamarca, notre dernière étape dans le nord ouest de l’Argentine. Nous allons dîner dans un restaurant où il n’y a pas de carte! Gabriel, qui tient les lieux, nous propose un menu  sur mesure: délicieuse salade de quinoa ( fromage de chèvre, roquette, tomate, avocat), raviolis à la viande de lama, ragoût de lama à la strogonoff et un gâteau à la farine de coca et dulce de leche (confiture de lait) excellent!!! Vous l’avez compris, nous nous sommes régalés, et pour vraiment pas grand chose. Sur les conseils de Gabriel, nous reviendrons le lendemain pour goûter sa spécialité: les raviolis de quinoa, mais aussi des aubergines au fromage de chèvre et des steaks de lama parfaitement cuits à la plancha. Et en plus de ces découvertes culinaires, nous avons bien accroché avec Gabriel, un gars simple et généreux. Une belle expérience.

Sinon, à part manger, nous avons traverser la Quebrada de Humahuaca, moins impressionnante que la Quebrada de las Conchas,  à notre avis; nous avons découvert le village de Humahuaca, vite fait; nous sommes montés voir la montagne de Hornocal, qui offre une incroyable palette de couleur à 4350 m d’altitude!

IMG_9568

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

IMG_9541

IMG_9548 IMG_9549

De retour à Purmamarca, nous faisons un tour de la colline aux 7 couleurs et du marché artisanal qui se tient tous les jours sur la place, histoire de trouver une calebasse et une paille à maté, cette herbe pleine de vertus. Allez en route pour le Chili. Direction San Perdro de Atacama.

IMG_9598

Nous montons jusqu’au col à 4170 m. Avant de redescendre vers Salinas Grandes, le plus grand salar d’Argentine et sa maison construite tout en sel! Puis on poursuit sur la route 52, au travers de l’immensité ponctuée, d’autres salars qui apparaissent comme des mirages, dans les plaines andines fouettés par les vents où seules résistent quelques herbes dorées qui semblent suffire aux troupeaux de gracieuses vigognes. Les mots manquent pour décrire l’immense et le merveilleux. Regardez plutôt!

IMG_9642 IMG_9636

IMG_9638

L’Argentine, c’est fini, enfin, pour le moment et avant même de découvrir Buenos Aires, les fincas et les chutes d’Iguazu, nous sommes déjà conquis par ce pays aux contrées hostiles et au peuple charmant.

Chili (1ère partie): Île de Pâques, Santiago et Valparaiso

 

IMG_8720

Notre parcours en Amérique du Sud est un peu compliqué, avec une arrivée au Chili à Santiago, (après l’Ile de Pâques), puis un passage en Argentine pour remonter tout au Nord, à la frontière argentino-boliviano-chilienne, pour repasser au ChiliSan Pedro de Atacama), puis filer vers la Bolivie, avant de revenir vers le Nord Chili (peut-être…), passer au Pérou, prendre un vol pour Buenos Aires et terminer au Brésil… En résumé, ça donne: Chili-Argentine-Chili-Bolivie-Chili?- Pérou-Argentine-Brésil. Ca va, vous suivez?? Bon! Tout ça pour vous dire que nous avons coupé les articles du Chili  et de l’Argentine en deux parties pour respecter la chronologie des évènements. Allez, on y va? Adelante!

A la sortie du petit aéroport de Rapa Nui, Felipe, le gérant de nos cabañas, nous attend avec un joli collier de fleurs, et se propose de nous emmener acheter notre ticket d’entrée pour visiter les différents sites Moais disséminés un peu partout sur l’île. Un peu plus tard, nous faisons 3 courses dans le minuscule village d’ Hanga Roa, pour nous faire à manger dans la cuisine commune des cabañas. Ce sera l’occasion de faire la connaissance de Pascal, un baroudeur au long cours, avec qui nous passons un bout de soirée, à causer…voyages!

IMG_8662

IMG_8660

Nous louons une petite voiture pour visiter l’île et parcourir les différents sites où trônent, majestueux, les impressionnants Moais qui veillent et protegent l’île, dos à l’océan, lorsqu’ils sont montés sur les socles et face à lui, lorsqu’ils sont enterrés.

IMG_8650 IMG_8640

Empreints de mystère, les gardiens de Rapa Nui fascinent. Ces monstres de pierre taillés dans la roche d’un seul bloc posent bien des questions. Qui les a construits, comment ont-ils été déplacés, hissés, dans quel but? Autant de questions qui restent sans réponse, et c’est sans doute ce mystère qui rend l’île plus belle encore.

Et pourtant, Dieu sait si elle est belle cette île… Ses côtes déchiquetées où viennent claquer les vagues, brutalement contrariées dans leur course folle, quelque part dans l’immensité.

IMG_8614 IMG_8613

Les chevaux sauvages qui peuplent l’île au point que l’on pourrait imaginer qu’ils sont les seuls habitants ici.

IMG_8622

Les cratères volcaniques qui aussi différents soient-ils sont particulièrement beaux…

IMG_8666

IMG_8629

IMG_8683

On ressent vraiment sur l’Ile de Pâques, la nature sauvage, le mystère, l’infinité de l’océan, et l’isolement de Rapa Nui, la deuxième île habitée la plus éloignée de toute terre!

IMG_8603 IMG_8597 IMG_8585

Pour le reste, nous avons dégusté nos premières empanadas, ces délicieux chaussons fourrés de viande ou de tout plein d’autres choses, car oui, nous sommes déjà au Chili! Et puis, pour finir en beauté, nous avons assisté au spectacle de musique et de danse Maori du groupe Kari Kari. Et quel pied nous avons pris à regarder danser ces hommes et ces femmes dans leurs costumes traditionnels, entre les démonstrations de virilité masculine et les déhanchés langoureux des femmes, à écouter ces rythmes tribaux, tambour battant et ukulele agité, réveillant en nous un je-ne-sais quoi d’animal, comme une réminiscence de nos origines les plus lointaines… Bref, une heure de pur bonheur!!! Enfin, nous avons fait une dernière virée, avant de nous envoler vers le Chili, et faire la rencontre de Sébastien, à l’aéroport, qui nous a donné des conseils précieux sur l’Amérique du Sud. C’était un peu court ces 3 nuits à l’Ile de Pâques, mais nous avons beaucoup aimé.

IMG_8513 IMG_8525


IMG_8721

Nous arrivons tardivement à Santiago où nous prenons possession de notre petit appartement pour 3 nuits. Nous visitons le quartier Bellavista où nous mangeons et (re)croisons une famille de Français en tour du monde. On discute un peu et on échange nos adresses mail. Peut-être qu’on se recroisera un peu plus tard en Amérique latine. On prend le funiculaire jusqu’au sommet du cerro San Cristobal et sa vierge qui domine la ville. La vue est plombée par la pollution. Nous redescendons à pied, puis traversons à nouveau le quartier de Bellavista, et le Parque Forestal. Les jours suivants nous avons arpenté le quartier Santa Lucia, puis déambulé pour voir el Palacio de la Moneda, et la Plaza de Armas, la Cathédrale et l’église San Francisco.

IMG_8749 IMG_8747 IMG_8746 IMG_8724

Après avoir un peu galéré pour trouver un 4×4 que l’on pourrait restituer à San Pedro de Atacama en passant par l’Argentine, nous quittons Santiago sans trop de regrets car nous ne lui avons pas trouvé grand intérêt.

IMG_8769

Valparaiso en revanche, est beaucoup plus originale et colorée. Construite à flanc de collines autour du grand port commercial, la vielle ville est très originale et donne envie de se perdre dans le dédale des ses rues escarpées. Et ce que nous faisons, toujours surpris par les peintures qui décorent chaque façade du quartier historique des cerros Concepcion et Alegre.

IMG_8843 IMG_8827 IMG_8788 IMG_8859 IMG_8826 IMG_8797 IMG_8758 IMG_8756

On se délecte des meilleures empanadas de la ville à Las Deliciosas, juste en bas de l’appartement. Et allons visiter La Sebastiana, une des 3 maisons chiliennes de Pablo Neruda. La maison a été réhabilitée après avoir été saccagée au moment du putsch de Pinochet. La maison offre une vue imprenable sur Valparaiso et sa baie et elle a une âme bien a elle, pleine des objets de ce grand poète. Et le soir, nous nous endormons à la lecture de sa Centaine d’amour, 100 sonnets plein d’amour pour sa femme Matilde. La première partie de notre séjour chilien s’arrête sur ces jolies notes colorées et poétiques… Ah non! Avant de se mettre en route vers l’Argentine, nous passons par la case « policia municipal  » pour payer notre papillon… On ne va pas se quitter sur ce mauvais souvenir, mais plutôt sur une note d’amour et de poésie, parce qu’on en manque cruellement, non?

 

Mathilde, nom de plante ou de pierre ou de vin,
nom de ce qui est né de la terre, et qui dure,
la croissance d’un mot a fait lever le jour,
dans l’été de ton nom éclatent les citrons.

Sur ce nom vont courant les navires de bois
entourés par l’essaim bleu marine du feu,
les lettres de ton nom sont l’eau d’une rivière
qui viendrait se jeter en mon coeur calciné.

Oh ce nom découvert sous un volubilis,
nom semblable à l’entrée d’un tunnel inconnu
qui communique avec tous les parfums du monde !

Oh-envahis moi de ta bouche qui me brûle,
cherche en moi, si tu veux, de tes yeux de nuit, mais
laisse-moi naviguer et dormir sur ton nom.

 
                                  Pablo NERUDA (1904 – 1973 )

                                        ( La Centaine d’amour )

IMG_8856

Tahiti et Moorea: le soleil était ailleurs…

IMG_8218

À l’arrivée sur le tarmac du petit aéroport de Papeete, les passagers sont accueillis en musique, au son des ukuleles, par un petit trio polynésien. Le propriétaire de l’appartement que nous avons loué nous accueille avec un collier de fleurs et nous nous installons pour 3 jours à Papeete dans notre « maison » avec une jolie vue sur le lagon.

IMG_8183

 Le lendemain, on se pose un peu, et David va chercher la voiture de location que nous emmènerons à Moorea en bateau. Il n’y a pas des tonnes de choses à faire ou à voir à Papeete, alors nous faisons le traditionnel tour de l’île en voiture: petit pique-nique à la pointe Vénus, pause photo dans la baie (surfeurs), passage au trou du souffleur, dans lequel la mer s’engouffre avant d’être recrachée par le trou de l’autre côté de chemin.

IMG_8193 IMG_8197

Puis nous prenons le bateau pour Moorea. Nous arrivons dans notre Faré pour les 10 jours à venir. Le petit jardin, fleuri d’hibiscus et de tiaré donne directement sur le lagon, avec l’île de Tahiti en toile de fond! Il fait beau, chaud, ça sent bon.

IMG_8330

Alors David et moi, on chevauche notre kayak pour aller dire bonjour aux poiscailles du lagon et ils sont nombreux dans ces eaux cristallines. On lutte un peu contre le courant pour rejoindre la rive, où nous attend une petite colonie de gros crabes! Hum, on se ferait bien une petite soupe là… Puis au jour 2, nous faisons le tour de l’île, de ses petits commerces, des vendeurs de bord de route, où on se ravitaille en fruits, légumes, et poisson… Nous découvrons la magnifique baie de Cook et sa voisine, plus sauvage, la baie d’Opunohu.

IMG_8224

IMG_8221

L’île au relief accidenté, couverte d’une incroyable végétation, est magnifique. Et le lagon… une vraie carte postale! C’est tellement beau! Mais ça c’était avant la pluie: une première averse, puis une autre, mais des averses tropicales, bien copieuses, puis les jours se sont succédés, nous laissant de moins en moins de répit, au point que l’eau du lagon est devenue marron au fil des jours, les rivières ont débordé et on a même appris plus tard que des maisons, construites avec trois fois rien, avaient été emportées par des coulées de boues ou des rivières en crues.. Et nous, nous désespérions de pouvoir faire quelque chose, à un moment où à un autre…

IMG_8415

Heureusement, nous avons trouvé deux petites ouvertures au milieu du déluge: nous avons réussi à faire un bon tour de quad, avec Louis, notre guide, à slalomer dans le cœur de l’île, et sur ses hauteurs, entre les champs d’ananas ( qui sont juste divins!), le mont Rotui, les baies de Cook et d’Opunohu vues du Belvédère, la pause dégustation de confitures au lycée agricole, où nous avons été accueillis par des vendeuses adorables, au sourire communicatif, avant de grimper avec nos engins sur la colline magique et sa vue imprenable sur le lagon…dans les nuages!

IMG_8242 IMG_8254 IMG_8277

IMG_8279 IMG_8292

La pluie est revenue à la charge, déterminée à ne plus nous lâcher sur toute la route du retour, soit une bonne demie-heure sous des trombes d’eau! C’était drôle au début, puis c’est devenu hallucinant avant d’être douloureux tellement la pluie tombait fort! Mais on s’est dit qu’on avait payé la note et qu’après ça le beau temps allait revenir… Mais non! Ca n’a pas arrêté pendant tout le séjour… Jusqu’à la deuxième ouverture dans laquelle on s’est engouffrés pour aller nager avec les raies et les requins « pointe noire » au lagoonarium. Nous avons passé un super moment, même sans soleil, et notamment grâce à Wilfried, à sa bonne humeur et à son ukulele, « ouais, ouais, ouais… ».

IMG_8333

IMG_8354 IMG_8366 IMG_8405

Le reste de notre séjour, nous avons écouté le tempo de la pluie, tantôt piano, tantôt forte, nous avons joué à cache-cache avec les cafards et trappe-trappe avec les moustiques, nous avons revêtu nos costumes de professeurs exigeants et d’élèves modèles, et nous avons travaillé la patience.

IMG_8329

Nous avons peaufiné la recette de la salade tahitienne, nous avons pris nos habitudes chez les petits vendeurs de route, et nous avons passé nos derniers moments sur l’île de Tahiti, à siroter une délicieuse bière blanche de Tahiti avant de manger dans une roulotte à Papeete sur la place Vaiete avant de prendre notre vol pour l’île de Pâques.

IMG_8433

Mais plus que tout, nous avons pris beaucoup de plaisir au contact des Polynésiens qui sont des gens incroyablement gentils, partout, tout le temps! Leur flegme, leur sourire, leur accent qui chante les « r », leur langue toute ronde pleine de voyelles, et leur accueil, toujours charmant, nous ont fait adoré Tahiti et Moorea. Alors peu importe la pluie, car le soleil était ailleurs: dans la chaleur du peuple polynésien et de ses îles, plus merveilleux encore que toutes les cartes postales du monde. Nous repartons avec dans la tête, des odeurs de tiaré et un petit air de ukulele, et le sentiment d’avoir rencontré un peuple à part. Maururu (merci).

IMG_8417

Et comme d’habitude, une petite vidéo…

Regards sur la Nouvelle Zélande

IMG_7640

Pour notre tour du monde, nombreux sont ceux qui nous ont demandé pourquoi nous ne passions pas par l’Australie. Notre réponse était que nous ne pensions pas avoir suffisamment de temps pour visiter cette « île continent » et que nous préférions découvrir une grande partie de la Nouvelle Zélande. Et bien, nous pouvons dire que nous ne regrettons pas notre choix tant nous nous sommes régalés de la beauté de ce pays. On peut même dire qu’il nous en a manqué un peu d’autant que le climat est parfois un peu capricieux et a contrecarré quelques unes de nos visites dans la région des glaciers dans l’île du Sud et une belle randonnée sur le volcan Tongariro dans l’île du Nord. Autre point à noter, c’est que l’option du voyage en camping-car après 6 mois de bus, de train et d’avion nous a permis de retrouver un mode de vie « comme à la maison » qui nous a fait du bien.

Les plus :

Les paysages et la nature évidemment !

L’île du sud, offre une palette de couleurs incroyables. Les lacs magnifiques aux eaux turquoise comme on en a vu nulle part, les sommets enneigés des glaciers rappelant nos belles Alpes, les fjords et Milford Sound tout au sud, la côte sauvage à l’ouest, au nord le parc Abel Tasman aux airs méditerranéens nous ont régalé. Sans aucun doute l’île que nous avons préférée, quel dommage de ne pas avoir pu survoler les glaciers Fox et Franz Josef en hélicoptère pour cause de mauvais temps. L’île du nord, l’île fumante est moins sauvage plus peuplée, nous a un peu échappé. Il faut dire que le must de cette île est le volcan Tongariro et là non plus, nous n’avons pas pu le voir même depuis la plaine puisqu’il était dans les nuages. Nos déboires mécaniques avec le camping-car nous ont fait annuler la visite de Coromandel au Nord qui était prévue au programme… Heureusement, nous avons beaucoup aimé Rotorua où les fumées jaillissent de partout, le site de Waiotapu est vraiment superbe et impressionnant. Cette partie nous fait penser que l’île du nord est certainement plus surprenante pour nos regards européens, mais il faudra revenir pour s’en assurer !

La facilité de voyage en camping-car:

Si la plupart du tourisme se fait en camping-car c’est que le pays s’y prête parfaitement. Les routes sont sûres et bien entretenues et on trouve partout les infrastructures (parkings, campings, points de vidange) pour garer et recharger le monstre. C’est aussi un voyage en toute liberté pour s’imprégner de l’immensité et de la beauté du pays, et pour peu qu’on ait le temps, il a de jolies pauses à faire un peu partout sur les bords des routes et des chemins de terre !

Les moins

La culture et les villes :

Nous n’avons pas spécialement aimé les villes que nous avons traversées bien qu’il y en ait eu peu. Rien de désagréable pour autant (même à Auckland), tout est propre et bien rangé à l’anglo-saxonne, mis à part la ville de Queenstown que nous avons bien aimée et dans laquelle nous aurions pu passer une semaine sans nous ennuyer, on se croirait parfois dans des décors en carton façon « Disneyland ».  Quant à la culture, on pensait ressentir la culture maori tout au long de notre parcours, mais… non ! Sans doute que le fait de voyager en camping-car isole davantage de la population locale et qu’il en aurait été autrement en logeant à l’hôtel. Avec environ 15% de la population sur l’ensemble du pays, la population maori est davantage présente sur l’île du nord. Le seul endroit où nous aurions pu la côtoyer de près était à Rotorua lors d’un diner spectacle pour touristes internationaux à prix d’or… nous avons passé notre chemin. Pour le reste, on s’approche de la culture Anglo-américano-australienne jusque dans les assiettes, avec fish and chips et hamburgers, pas mauvais pour autant… surtout pour les enfants !

Le budget :

Voilà le point qui fâche quand même un petit peu, hein ! Nous pensions qu’après avoir payé notre camping-car, le plus gros de la dépense en hébergement était faite… que nenni ! Il faut brancher le bestiau tous les 2 jours au minimum, notamment si on veut pouvoir recharger les ordinateurs pour pouvoir travailler par exemple. Pour cela, il faut donc aller au camping pour avoir une prise de courant… qui revient en moyenne à 60 € la nuit. Si vous ajouter à cela le wifi payant partout et le prix des attractions à des prix anglo-américano-australiens…on se dit qu’il fera bon retrouver des destinations à prix plus démocratiques… Prochaine étape : Tahiti ! On a vraiment rien compris !!!

Il faut bien reconnaître que nous sommes tombé sous le charme de la Nouvelle Zélande. Ce pays est incontestablement parmi les plus beaux que nous ayons vus, tant il surprend par la diversité de ses deux îles, de sa végétation et de sa faune. Un pays qui vous fait prendre conscience de la puissance mais aussi de la fragilité de la nature et que l’homme n’est, durant le court instant de son passage, qu’invité à son spectacle (vous aurez noté le petit laïus « Nicolas Hulesque » en passant). Pendant 3 semaines, nous avons donc révisé la prononciation de nos voyelles…des Waouh ! Des Oh ! Des Ah ! Des Ah oui ! Sommaire comme vocabulaire ? Mais y avait-il besoin de plus ? Juste ouvrir grand ses yeux, respirer profondément et faire silence…

Alors, les amis, si vous envisagez de visiter la Nouvelle-Zélande, prévoyez large: il faudrait pouvoir attendre le soleil pour ne pas passer à côté de certains sites incontournables, pouvoir perdre son temps le long des côtes sauvages et dans les magnifiques vallées, marcher longtemps, faire des activités sportives en tout genre (canyoning, rafting, saut à l’élastique, skydive, hélicoptère…), se délecter du silence et de la solitude de ce merveilleux pays! Ici, on ne vient pas tant pour le peuple, pas plus pour la culture ou la gastronomie, on vient très clairement pour la nature dans tout ce qu’elle a d’enchanteur, et elle n’aurait pas trop de mal à nous faire rester…

Nouvelle-Zélande: 3 semaines du Sud au Nord

IMG_7487

Nous posons finalement nos bagages à Auckland à minuit et nous nous écroulons  pour un tour de cadran. Au réveil, le temps est à la pluie et au vent.  Ballade un peu arrosée sur le port et dans les rues d’Auckland, le temps de voir les géants des mers de l’America’s Cup et de goûter un bon fish and ships. Le soir nous dînons dans un food court sympa avant de retourner au lit pour notre vol matinal. Difficile de s’endormir après nos 12 h de sommeil. Vers 3 heures, alors que la conscience commence tout juste à s’embrumer, nos 3 voisins avinés se chargent de nous réanimer brutalement. 2 heures plus tard le réveil sonne!!! Nous partons à l’aéroport en taxi sous un vent tempétueux. Au guichet d’enregistrement, l’hôtesse ne nous trouve pas! L’histoire dure un moment puis, à force de vérifications, David s’aperçoit sur la confirmation de vol que nous nous sommes trompés dans les dates au moment de la réservation; nous avons bien réservé le 24, mais du mois de février! C’est LA tuile! Nous sommes obligés d’acheter un autre billet, à prix d’or, pour rejoindre Chirtschurch où nous devons récupérer le camping-car aujourd’hui. Vol prévu à 14:45. Allez, c’est reparti pour 8h d’attente… La Nouvelle-Zélande, ça commence fort!

Finalement nous récupérons notre « maison » après avoir attendu le shuttle du loueur sous des trombes d’eau pendant 45 minutes ( sortez vos parapluies, ça pourrait servir pour la suite…). Après avoir pris toutes les consignes d’usage – et elles sont nombreuses – nous allons faire quelques courses (oui, mais on se gare où avec ce bastringue ?) et nous caler dans le camping du coin. Nous prenons doucement nos marques dans le camping-car ( que nous appellerons Hervé!) où il y a pas mal de choses à gérer: l’eau, le gaz, l’électricité, installer, tout ranger pour rouler, vider les eaux usées, c’est un coup à prendre, mais nous sommes encore en formation! On se met finalement en route vers le lac Tekapo et très vite les paysages deviennent assez sympas pour devenir de plus en plus beaux.

Lac Tekapo

Petite pause photo sur les bords du lac et comme l’emplacement gratuit qui se trouve juste là ne l’est plus, nous continuons un peu la route pour aller se poser pour la nuit  près du lac Alexandrina « pour une poignée de dollars ». Vu le prix des campings, il va falloir alterner les campings payants et les gratuits dans lequel il n’y a pas d’électricité pour brancher Hervé. Et on peut difficilement rester plus d’une nuit en autonomie. Nous nous posons le long de la petite rivière avec les canards qui se promènent entre les camping-cars. Maé et moi allons faire quelques photos sur la colline.

Lacs Tekapo et Alexandrina

IMG_7436

Nous reprenons la route vers le lac Pukaki ce matin. Nous faisons un crochet par le mont st John pour voir le panorama sur le lac Tekapo. C’est très beau malgré le ciel gris. Puis le lac Pukaki se dévoile, majestueux et d’une beauté incroyable! Nous sommes tous émerveillés devant ses eaux turquoises et le manteau blanc du Mont Cook qui se dresse à son extrémité. On est tous d’accord pour dire que c’est le plus beau lac que nous ayons jamais vu!

Lac Pukaki

Lac Pukaki

On en profite pour acheter du saumon pour ce soir (un délice) et pique-niquer dans ce décor fabuleux (je sens que les superlatifs vont vite manquer pour décrire les paysages néo-zélandais!). Puis nous reprenons notre chemin vers le mont Cook en longeant les rives de ce grand lac incroyable. Nous nous posons dans un camping à Glentanner au pied du mont Cook pour la nuit.

Glentanner

Nous sommes encerclés par de belles montagnes, et le lac est tout proche. On apprécie tous une bonne vraie douche au camping! Avant de reprendre notre chemin, nous allons voir le glacier Tasman qui recule d’années en années. Il est bien petit de là où nous sommes, pour ne pas dire inexistant, mais la petite marche est agréable.

Vers le glacier Tasman

Tasman Glacier

En route pour Queenstown, nous ne résistons pas à la tentation de revenir casser la croûte au bord du lac Pukaki, et de racheter du saumon au passage!!!  Bon, entre temps, on a pété le marche-pied d’ Hervé, qu’on avait oublié de rentrer! Ça, c’est fait! Arrivés à bon port, nous nous exilons un peu à l’écart de la ville compte tenu des tarifs exorbitants des campings de Queenstown. Nous passons la nuit dans un cadre merveilleux, au bord du lac Wakatipu, en autonomie, c’est à dire sans électricité.

IMG_7525

Il fait un peu frais au réveil, alors David et moi allons nous réchauffer les baskets pendant que les enfants travaillent. Nous faisons une petite marche de deux heures de 12 Miles Delta à Bob’s Cove en longeant le lac bordé de montagnes pelées, ou en passant dans les jolis sous-bois frais et humides. C’est toujours aussi beau!

IMG_7504 IMG_7514 IMG_7518

Un peu plus tard, nous roulons le long du lac sur la superbe route qui mène jusqu’à Glennorchy, à la pointe nord du lac Wakatipu. Nous nous arrêtons plusieurs fois, tant les paysages sont grandioses. Puis nous revenons sur Queenstown, en quête d’un nouveau camping pour la nuit. Nous allons nous balader dans Queenstown où nous dînons.

IMG_7535 Vers Glennorchie

Aujourd’hui, nous roulons tranquillement, sous la pluie et le vent, jusqu’à Te Anau, point d’entrée dans les Fiordlands. Les paysages sont beaux, même par mauvais temps, et nous donnent à voir chèvres, moutons, Black Angus et cerfs d’élevage, pâturer dans les collines et dans les près. Tout n’est que contraste entre la terre et le ciel, le végétal et l’animal qui complètent la palette de couleurs. Nous nous posons à Te Anau assez tôt et nous en profitons pour satisfaire un peu à nos obligations et réserver la virée en bateau dans les Fiordlands, à Milford Sound.

Au boulot IMG_7541

La virée nous prend la journée entre le trajet en bus et la croisière en bateau dans le Fiord. Là encore, nous en prenons plein la vue, entre les nombreux arrêts que nous faisons en chemin: les Mirror Lakes dans lesquels les paysages se reflètent à la perfection, les forêts sombres et humides qui semblent sortir d’une histoire de Contes et Légendes, la rivière limpide qui coule dans les prairies dorées, d’où semble s’échapper la brume matinale, la descente dans le cirque de Milford Sound où la nature nous rappelle à notre petitesse…

IMG_7544 IMG_7560 IMG_7578 IMG_7588 En route pour Milford Sound

Puis nous embarquons finalement sur le bateau, qui reste à taille humaine, et naviguons pendant deux heures dans le fiord de Milford Sound, sous un soleil radieux (il tombe ici 9 mètres de pluie par an ).  Que dire de Mitre Peak, qui domine le fiord à plus de 1600 mètres d’altitude, des cascades vertigineuses, des eaux sombres et profondes de cette merveille de la nature? Rien! Surtout ne rien dire et juste regarder, respirer, ressentir…

IMG_7605 IMG_7613 IMG_7623 IMG_7631 Milford Sound

Nous retrouvons notre maison à Te Anau pour la nuit avant de repartir vers Wanaka demain.

IMG_7678 Te Anau

En chemin pour Wanaka, nous faisons une halte à Queenstown pour vérifier si les burgers de Ferg sont vraiment les meilleurs de Nouvelle-Zélande voire du monde. Pas trop d’attente pour nous (la queue devant Ferg burger est généralement impressionnante, à toute heure de la journée). Verdict: les burgers sont très bons et vraiment généreux, mais les meilleurs du monde…pas sûr! Nous reprenons la route repus, pour arriver à Wanaka où nous nous posons au camping. La pluie est prévue pour demain et la randonnée sur le Roy’s Peak qui surplombe Wanaka et le lac est incertaine.

Wanaka

Il pleut toute la nuit. Nous renonçons à la randonnée qui dure près de 7 heures; Nous essayons de trouver un garage pour faire réparer le marche-pied mais les garages sont pleins. Pour occuper cet après-midi pluvieux, nous allons à Puzzling World, où il y a toutes sortes d’animations amusantes, illusions d’optiques, décor penché, jeux de réflexion, casses-tête, etc, et un labyrinthe extérieur. Finalement, nous passons un très bon moment ici, on a même du mal à décoller tant les jeux mis à disposition sont addictifs!

Puzzling World IMG_7702 IMG_7708

Nous quittons Wanaka un peu déçus de ne pas avoir pu profiter des randonnées à faire ici, mais nous n’avons pas le temps d’attendre le soleil. Nous allons faire quelques photos du lac avant de se remettre en route pour la région des glaciers. La route est longue et pas très confort à l’arrière du camping-car mais les paysages sont tellement beaux, partout, tout le temps. Entre les immenses lacs, les nuages blancs accrochés au sommet des montagnes, les vertes vallées où paissent moutons, cerfs d’élevage, et Black Angus, les rivières aux eaux vives, les forêts pleine de mystère, l’océan tumultueux… Les paysages se succèdent sans jamais se ressembler. C’est magique! Nous nous arrêtons au pied du Fox Glacier, mais la randonnée d’une heure ne nous rapprochera pas beaucoup du glacier, donc nous ne la faisons pas, et nous continuons vers Franz Josef Glacier où nous trouvons un camping pour la nuit et David réserve un tour d’hélicoptère pour demain, pour une dépose sur le glacier.

Il pleut encore une bonne partie de la nuit, tout le monde se prépare pour le grand moment, (pour ma part, je décide de rester  à terre…). Mais le vol est reporté à la fin de la matinée à cause du temps. Nous en profitons pour travailler et avancer sur le blog. Finalement, le vol est annulé, et nous reprenons la route, déçus, encore … Direction la côte ouest. 5 heures de route un peu fatigantes mais toujours au milieu d’un merveilleux tableau, malgré le temps maussade. Nous entamons la Great Coast Road à l’heure où le jour décline, mais nous devinons encore la beauté de cette côte sauvage, où le pacifique vient terminer sa danse mouvementée. Nous en profiterons mieux demain, après une nuit à Punakaiki.

IMG_7738

IMG_7780

Avant de nous remettre en route, nous descendons à pied avec David voir Truman Cove, une jolie anse accessible en traversant une merveilleuse forêt humide… En arrivant sur le chemin damé, nous voyons un kiwi en train de picorer. Le temps d’armer l’appareil photo calmement, un couple de marcheurs arrivent au pas de course, et notre kiwi se carapate dans les buissons! Pas de photos donc! Puis nous allons découvrir les célèbres Pancake Rocks et leurs blow holes: des trous creusés dans la roche par la puissance des vagues, et qui recrachent le trop plein dans un souffle puissant. L’endroit est aussi beau qu’impressionnant.

IMG_7748 Pancake Rocks

Le bruit et la puissance des vagues, c’est fascinant! Puis nous continuons à longer la côte qui est vraiment splendide, et nous cassons la croûte dans le camping-car, face à une immense plage balayée par les vagues. 

IMG_7804 IMG_7791 IMG_7787

Mais la route est encore longue jusqu’à Motueka, au pied du parc national Abel Tasman, où nous passons deux nuits. Ce matin, nous allons retenter notre chance pour faire réparer Hervé, mais cela nous vaudra juste un petit billet de 50$ pour…rien! Ils n’ont pas réussi à réparer. Nous rejoignons Marahau à quelques kilomètres pour prendre le bateau-taxi qui nous débarque à Anchorage, une grande et belle baie un peu plus au nord.

Anchorage

Et nous voilà partis pour une belle randonnée de 12,5 km dans le superbe parc Abel Tasman. Entre panoramas sur la mer et la forêt et ses rivières, les 4 heures de marche passent finalement assez vite, et nous rejoignons Hervé, fatigués et heureux.

IMG_7835 IMG_7854 IMG_7864 Abel Tasman

Nous passons notre dernière nuit sur l’île du sud, avec des images plein la tête, et prenons la route pour Picton où nous prenons le ferry qui nous emmène sur l’île du Nord.

IMG_7874

L’île du Nord va nous passer un peu sous le nez, la faute à pas de chance et à ce foutu marche-pieds qu’il faut absolument réparer si on veut éviter de payer la franchise de 2500 $… Mouah-ah-ah!

Arrivés à Wellington, nous allons au camping plus que bof de Porirua… Ce qui nous vaudra une petite embrouille de bon matin avec un ours mal léché qui ne veut pas partager son point de vidange… Et ça, c’était avant qu’on (David – je dis « on » par solidarité…) inonde le camping-car pour bien le nettoyer: remarque, c’est vrai qu’il était propre après!! On éponge, un peu, beaucoup, à la folie et on recommence, avant de s’arrêter à Levin pour essayer de faire réparer la patte folle du semi-remorque… Ils ont la pièce, mais un autre modèle, et comme ils ne peuvent pas le monter, on préfère éviter une autre déconvenue… ( pièce qu’on a vue plus tard sur des cousins d’Hervé, la greffe avait marché donc!)

Bref, on fait une pause à Wanganui et passons la nuit au pied du parc national de Tongariro où nous réservons la rando de 7 h sur le Tongariro pour le lendemain. C’était juste pour vous faire croire qu’on était sportifs car là encore, tout est annulé à cause de la pluie !

On part pour le lac Taupo et sa ville, essayons de réparer Hervé !!! Ils n’ont pas la pièce! Ca devient pas drôle!

On s’arrête à  Taupo, mais c’est pas top, voilà le topo ! Nous filons droit jusqu’à Rotorua où nous passons la nuit. Le camping, comme toute la ville, est au milieu des sources d’eau chaude, et partout de la vapeur d’eau s’échappe de la terre. Nous en profitions pour aller faire un plouf dans les hot pools du campings, à 40°C, pour quelques minutes seulement, avant de ressortir complètement cassés, étourdis…

Le lendemain, nous visitons Wai-O-Tapu  et ses curiosités géothermiques. Le site est incroyable, fumeroles, lacs pétillants, odeurs de souffre, eaux chargées en cyanure, arsenic et autres douceurs, c’est juste génial!

IMG_7893 IMG_7898 IMG_7902 IMG_7912 IMG_7940

Partout, le long des routes, des nuages de vapeur s’échappent des bosquets, et en tendant un peu l’oreille, on peut écouter le frémissement de l’eau. C’est incroyable! En sortant, nous allons voir les Mud Pools, petites piscines de boue en ébullition. Les sons qui s’échappent de là  sont digne de la scène du chewing-gum dans « Rabbi Jacob ». Je ne me lasse pas de ce spectacle!

Mud Pool

Puis nous trouvons, grâce à un guide téléchargeable en anglais, une petite chute d’eau chaude quasi secrète, dans laquelle nous nous baignons avec David, les enfants ne le sentent pas… Le pied! 

Rviière Chut

Nous garons Hervé sur le parking gratuit pour les campervan, en face du Polynesian Spa, où nous n’irons spa!! Nous nous réveillerons avec les pukekos, ces beaux oiseaux noirs et bleus que nous aimons bien…

Pukeko

Ce matin, départ pour Matamata et Hobitton, la maison du hobbit dans le « Seigneur des Anneaux ». A 80 dollars par tête, on préfère garder nos économies pour la prothèse d’Hervé. Et nous allons poser nos pneus sur le camping de Raglan, pour notre dernière nuit, où nos voisins octogénaires se feront une joie de nous espionner… Ce matin, nous rejoignons Hamilton pour faire opérer Hervé… Ouf, c’est fait!

Bye Bye Hervé

Voilà, le moment est venu de remonter vers Auckland. Nous passons la dernière nuit à Manukau, tout près de l’aéroport, pour rassembler toutes nos affaires et passer notre dernière soirée en camping-car! La Nouvelle-Zélande est passée à toute vitesse, et même si nous repartons avec le sentiment d’être un peu passés à côté de l’île du nord, des glaciers et des plus belles randonnées (autant dire de pas mal de choses…) le pays a répondu à toutes nos attentes. Nous rejoignons l’aéroport pour nous envoler vers la Polynésie et rajeunir de quelques heures au passage. Et qui sait, quand on sera vieux, on viendra peut-être taper la causette avec les moutons, pendant un an ou deux…Si mon ours est d’accord…Et c’est pas gagné!