
Ça y est, nous y voilà, dans l’Empire du Milieu. L’arrivée à Beijing se passe sans encombres, les contrôles à la douane sont une simple formalité. Exception faite de la guitare qui semble suspecte et passe au rayon X trois fois de suite… En sortant de l’aérogare, nous sommes saisis par le froid. Il fait 1ºC et nous grimpons vite fait dans la voiture venue nous chercher. Pour ces premiers jours en Chine, nous sommes passés par une agence pour nous faciliter un peu les choses. Le chauffeur ne pipe pas un mot d’anglais… Après avoir pris possession de notre nouvelle « maison » pour les cinq prochains jours, nous déjeunons au restaurant glacial de l’hôtel. Nous passons commande en langage des signes et photos à l’appui aux serveuses en anorak, en buvant de l’eau bouillante. C’est pas très festif mais compte tenu des températures, on ne fait pas les difficiles, et puis ça réchauffe les mains, c’est toujours bon à prendre.
Comme prévu, nous constatons très rapidement qu’internet est plus que contrôlé ici! Exit Google, Facebook et autres réseaux sociaux… Le blog ne fonctionne pas non plus…

Maintenant, il nous faut trouver quelques vêtements un peu chauds pour compléter notre panoplie maillot-short-tongs. Nous savions que le climat serait rude dans le Nord de la Chine, mais ne pouvions pas partir avec l’équipement 4 saisons, faute de place. Nous allons donc faire un peu de shopping dans un des nombreux et immenses malls (centre commercial) pour acheter collants, sous-pulls, polaires, que nous complétons des indispensables bonnets et gants ! Nous sommes abordés à deux reprises par des chinoises, l’une qui s’intéresse naturellement à notre présence ici, l’autre qui nous aide à passer commande au restaurant, en anglais, s’il vous plaît ! Nous sommes agréablement surpris par cette gentillesse spontanée. Nous faisons un petit tour rapide dans les petites rues du quartier où on trouve un peu de tout à manger mais beaucoup de choses non identifiées. Entre les raviolis et les pains vapeur, il y a des collections de brochettes pas toujours ragoûtantes. À la vue des étoiles de mer et des hippocampes, nous reportons le menu découverte à plus tard, ou à jamais… La marche jusqu’au métro est glaçante, nous marchons tête baissée pour affronter le vent glacial qui nous assaille. L’arrivée au bercail est plus que réconfortante.

Aujourd’hui, nous allons visiter le Temple du Ciel après une matinée studieuse. Nous superposons toutes les couches de vêtements dont nous disposons, et partons à la conquête de ce très bel ensemble d’édifices répartis dans un immense parc, un peu tristounet à cette époque de l’année.


Ici avait lieu un certain nombre de cérémonies impériales, comme la prière pour les bonnes moissons. Le grand ciel bleu nous offre des couleurs magnifiques et le site est assez peu fréquenté en cette saison, voilà le seul point positif de ces températures hivernales. Le long de la grande galerie, les Chinois jouent aux cartes et les esprits s’échauffent souvent, et les éclats de voix sont légion.

Heureux mais congelés, nous regagnons notre nid chauffé à défaut d’être douillet, car il est vraiment pénible de rester plus de quelques heures dehors.
Réveil un peu plus matinal pour allez traîner nos guêtres sur la Grande Muraille. Le chauffeur nous attend à 8:00. Après deux heures de route (nous avons choisi le site le plus éloigné pour éviter le tourisme de masse) nous arrivons sur le site où il fait… -12ºC! Il y a encore de la neige par endroits , et nous partons au pas de course pour braver le froid.



Nous arpentons cette portion de la muraille sous un beau soleil, accompagnés tout du long par une Mongole qui nous précède dans notre visite dans l’espoir de nous vendre quelques menus souvenirs à prix d’or. A l’exception de sa présence, nous croiserons un groupe de 3 personnes en deux heures de temps. Autant dire que la Grande Muraille est à nous. C’est tout simplement magnifique, ce chemin de briques grises qui serpente sur les crêtes aussi loin que les yeux puissent voir. Certes la nature est vêtue de son plus simple apparat mais c’est majestueux quand même. Le silence est presque parfait, et c’est assez magique de marcher sur cet édifice mythique.

De retour en ville, nous passons à la gare pour acheter nos billets de train Guilin-Shenzhen pour rejoindre Hong-Kong dans 3 semaines. Là, tout est écrit en Chinois, comme partout, on tourne en rond avant de trouver l’entrée, et c’est vraiment difficile de se faire comprendre. Les téléphones, le guide de voyage et les gestes ne sont pas de trop pour parvenir à nos fins. Sans parler du monde, des queues pour passer les contrôles aux rayons-X présents dans toutes les gares, stations de métro à l’entrée de certains sites touristiques.

Aujourd’hui, nous allons visiter la Cité Interdite, lieu de résidence des empereurs dans la Chine impériale. Nous sortons du métro sur la tristement fameuse place Tian’anmen. Aussi austère que gigantesque, elle est surtout l’occasion d’évoquer avec les enfants les évènements dont elle fut le siège, et par extension, le contexte politique que la Chine d’aujourd’hui laisse dans son sillage. Et c’est le plus officiellement du monde que trône sur la porte de la Paix Céleste, l’entrée de la Cité Interdite, le portrait du Grand Timonier, devant lequel on se photographie, avec une fierté non dissimulée. Car ici, le « grand » Mao est encore adulé. Le site, qui rassemble les palais publics et privés des différents empereurs, de leurs épouses et concubines, est une pure merveille.


Les édifices sont majestueux et même si on ne peut pas y pénétrer, on devine, à travers les portes grandes ouvertes, la beauté des lieux. Nous passons de palais en palais, sur ce site immense très prisé des touristes Chinois, même à cette période de l’année. On imagine mal ce que ça doit être aux beaux jours…Les noms même des palais sont de petits poèmes : palais de l’Harmonie Suprême, de la Pureté Céleste, de la Longévité Tranquille, de l’Eternel Printemps sont autant d’invitations à un voyage dans le temps, où on se retrouve transporté au temps de la grande Chine Impériale.

Les pieds, les mains, le nez, les lèvres anesthésiés, nous rentrons nous mettre au chaud. Puis, le soir, nous décidons d’aller manger un bon canard laqué à quelques kilomètres de l’hôtel. Le réceptionniste nous conseille de prendre le bus, que nous mettrons un moment à trouver, après s’être faits refoulés deux-trois fois par des taxis plutôt directs !

Dernière journée à Beijing. Nous allons nous promener vers les tours du Tambour et de la Cloche, dans un quartier de hutongs, ces ruelles étroites bordées de maisons basses traditionnelles en briques grises qui tendent à disparaître peu à peu, au profit d’immenses tours d’habitations.


Le quartier est très animé ce samedi, les Chinois flânent en grignotant dans les petites rues où se succèdent boutiques et maison de thé. Ce quartier piéton est bien agréable et nous remontons le long des lacs Houhai et Xihai, gelés à cette époque. Les chinois viennent y faire du patins à glace et de la luge bricolée. Puis nous rentrons rassembler une nouvelle fois nos affaires car nous avons un avion de bonne heure demain pour Chengdu, capitale du Sichuan.


Le taxi vient nous chercher à 6:30. Le jour n’est pas encore levé et la neige est tombée pendant la nuit. À l’aéroport, les pistes sont blanchies par la neige et nous décollons avec 1h30 de retard, après avoir dégivré les ailes de l’avion. À l’arrivée, le taxi nºX, rangée 1, colonne 3, qui ne veut pas nous prendre au début parce qu’il ne comprend pas, démarre alors que je n’ai qu’un pied dans la voiture… Puis, arrivés à destination, il recule involontairement pendant que je prends les sacs dans le coffre….Chengdu est une petite bourgade provinciale de…14 millions d’habitants ! Ici encore, d’immenses tours poussent un peu partout et la ville est gigantesque.


Nous nous retrouvons pour le déjeuner dans un restaurant qui se transforme en cercle de jeux aux heures creuses. Comme toujours la serveuse reste près de nous pendant que nous choisissons, soit un temps certain puisque tout est écrit en chinois et que les photos ne nous parlent pas vraiment. Ici on joue aux cartes en fumant et en buvant du thé – et en crachant, accessoirement- là on fait une partie de Mah Jong pendant que nous mangeons des plats super pimentés et que nous découvrons les saveurs subtiles du poivre de Sichuan.

Nous profitons de ces trois jours à Chengdu pour rattraper notre retard dans les cours. Nous allons déambuler dans le quartier piéton de Dragon Town, succédané d’un quartier à l’ancienne, bordés de boutiques et de maison de thé. Partout, on mange, on se fait déboucher les oreilles avec de grandes tiges métalliques, on fait du shopping, c’est vivant et plutôt sympa comme endroit. Puis nous poursuivons à pieds vers la rue Jinli, piétonne elle aussi et gavée de gargotes, de bars et d’échoppes très touristiques. Dommage car l’endroit est plutôt mignon et bien entretenu, mais ça, c’est un standard en Chine. Les rues sont toujours impeccables, et partout, on nettoie à longueur de journée. Nous mangeons quelques xiaochi, les snacks chinois à grignoter dans la rue.

Aujourd’hui nous allons visiter la base de reproduction des pandas. Pandas géants et pandas rouges se partagent la vedette dans ce grand et joli parc planté de bambous de toutes sortes. La visite est très sympa, on ne se lasse pas de regarder ces gros nounours un peu balourds dévorer leurs branches de bambous, ou ces bébés plus joueurs qui chahutent un peu maladroits. Les pandas rouges, bien différents et plus petits que leurs cousins, sont plus vifs et très beaux aussi. Nous rencontrons Jacky, un français qui fait aussi le tour du monde en famille. Nous parlons un bon moment avant d’échanger nos mails. Peut-être nous recroiserons nous pendant le voyage, qui sait? Le hasard fait souvent bien les choses.



Nous rentrons chez « nous » après avoir dégusté de délicieux xiaolongbao ( les bouchées vapeur). Demain nous nous envolons pour Lijiang, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, notre première étape dans le Yunnan.

La petite surprise du jour, en arrivant à pieds, engoncés dans nos vêtements et sacs sur le dos, aux portes du vieux Lijiang est de découvrir qu’il faut payer un droit d’entrée de 80 yuans par personne ( 12€ ) pour la préservation de la ville! Nous arrivons dans notre joli petit hôtel tout en bois qui s’organise autour d’une belle petite cour arborée et fleurie. Le revers de la médaille, c’est que ces belles demeures en bois sont de vrais gruyères et du coup il fait vraiment froid dans la chambre ! Ne parlons pas de la salle d’eau qui est glaciale… Le seul moyen de nous réchauffer est d’allumer les deux petits chauffages d’appoint et de se camoufler sous la couette. Mais le réveil à 4:00 du matin nous ayant achevé encore un peu plus que nous ne l’étions déjà, nous nous endormons tous pendant presque 3 heures. Puis nous allons marcher dans la vieille ville, entièrement pavée et piétonne. Partout, il n’y a que des maisons (boutiques, hôtels, restaurants, agence de voyage…) tout en bois et aux toits de tuiles grises, ce qui donne un charme tout particulier à la ville, bien qu’elle soit une des plus touristiques de Chine. Mais on comprend pourquoi. Heureusement que la saison hivernale nous permet de traverser tous ces sites touristiques plutôt tranquillement, en évitant les marées humaines qui déferlent ici dès les premiers beaux jours. Même si elle est perchée à 2400 mètres d’altitude, le froid reste supportable mais la marche nous essouffle plus vite que d’habitude.

Nous continuons à arpenter les ruelles, toutes plus jolies les unes que les autres, jusqu’à rejoindre l’étang du Dragon noir, pour une petite promenade dans un décor enchanteur, malgré le temps maussade.



De retour à l’hôtel, nous essayons d’organiser une excursion pour le lendemain aux gorges du Saut du Tigre, mais nos diverses tentatives échouent. Nous sommes un peu déçus, mais quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! Nous en profitons pour récupérer un peu ce matin, et comme Pablo se réveille un peu fiévreux, nous allons nous promener en duo avec David après avoir déjeuné dans un food court de rue où on se sustente de toutes sortes de choses délicieuses (ou pas) à la portion. Pour nous ce sera que du bon: pommes de terre, tofu épicé, ribs de yak aux petits légumes, ravioli géant au poulet, brochettes d’agneau et de yak. En revanche, ces toutes petites choses (angry birds dans le texte, qui ressemblent à des fœtus de porc…) ne nous ont pas tentés.



Nous prenons un bus local pour aller visiter le village de Shuhe, un peu dans la même veine que Lijiang mais en beaucoup moins beau. Nous ne nous éternisons pas et de retour à Lijiang nous décidons de nous perdre un peu dans le dédale des ruelles de la ville, moins fréquentées, bercées par de petits canaux… C’est vraiment adorable, nous aimons beaucoup Lijiang qui n’a pas volé son classement au patrimoine mondial de l’Unesco.

Elle aussi belle de jour que de nuit, et quelques soit le temps. Nous avons envie de boire un café sur les hauteurs de la ville, là où les terrasses de quelques cafés dominent les jolis toits de la ville. Mais les cafetiers ont bien compris le filon et vendent l’expresso jusqu’à 68 yuans (10€). Sinon pour la photo solo, c’est seulement 20 yuans (3€). Hahaha, la bonne blague… Tout pigeon que nous sommes, nous ne nous poserons pas sur cette branche-là!


Nous continuons à errer et nous finissons par nous perdre vraiment, pour arriver sur un marché à l’entrée de la ville ! Quand on ne les cherchent pas, c’est eux qui nous trouvent ! L’occasion rêvée de sortir un peu de la carte postale et de plonger dans la vie locale et de trouver enfin, et vraiment par hasard, le poivre de Sichuan que nous cherchons en vain depuis plusieurs jours. Nous retrouvons finalement le chemin de notre igloo où nos deux bébés phoques nous attendent. Après avoir fait sauté les plombs en allumant la couverture chauffante, nous nous couchons…en chaussettes.
Aujourd’hui nous partons pour Dali à 2h30 de route, dans un bus non chauffé ! Chacun y va de sa toux grasse, de ses raclements de gorge, de son crachat dans le sac plastique… « C’est quand qu’on arrive? »

La vieille ville de Dali est un ensemble de maisons basses de style traditionnel. En partie piétonne, elle est plus authentique que Lijiang dans la mesure où il y a encore ici une vie vraiment locale, et pas uniquement une succession de boutiques touristiques. Pourtant, le charme opère moins. Dali est encerclée par les montagnes et toute proche d’un grand lac, que David et Pablo vont visiter à vélo, pendant que nous nous promenons entre filles dans les rues de la ville. Nous avons été moins actifs que d’habitude. Mais ici, il n’est pas nécessaire d’aller bien loin pour vivre une aventure, pas plus loin que d’aller au restaurant ! La première a pris place dans un boui-boui tout proche de notre guesthouse où on choisit dans un frigo viande, légumes, herbes fraîches en les montrant du doigt avant qu’on ne vous les prépare en deux-deux. Résultat: excellent et gargantuesque, le tout pour 110 yuans ( 16€ à 4). Pas besoin de parler chinois pour se régaler, du moment qu’on peut choisir la viande ( oui, l’aventure a ses limites…!). Puis, une autre fois, nous sommes allés dans un restaurant où il y avait du monde et qui semblait sympa. Au menu, des caractères chinois et un brûleur à gaz intégré dans la table pour la fondue dont tout le monde se régale autour de nous! Il faudra un moment pour réussir à passer commande, et demander à la serveuse, toujours en langage des signes, de nous faire la démonstration… Au final, nous nous sommes régalés malgré un taux d’épices à 9 sur l’échelle de Scoville.

Kunming nous attend à 5h de bus. Dans les faits, il nous faudra un peu plus de temps à cause de la neige qui est tombée en route. La vague de froid qui touche la Chine est arrivée jusqu’à nous et lorsque nous arrivons à Kunming, la neige a blanchit les toits de la ville. Il fait vraiment froid et comme nous le craignons, il n’y a pas de chauffage dans les chambres de notre guesthouse glaciale ! Ce qui est certain c’est qu’il y faisait moins de 10ºC. Nous aurons quand même le droit a un matelas chauffant comme maigre réconfort ! Nous allons faire un tour au parc mais l’endroit est un peu désert et nous avons du mal à trouver un intérêt à cette ballade tant il fait froid. Nous avons même hésité à changer tous nos plans mais comme nous avons pris des billets d’avion et de train, ce ne serait pas franchement raisonnable… Nous allons dîner dans un repaire d’occidentaux ou d’expatriés, ou les deux et décidons d’aller voir la forêt de pierres à Shilin demain, un site classé au patrimoine de l’Unesco. Après une nuit très froide et une douche express compte tenu des conditions extrêmes qui règnent dans la chambre, nous prenons un taxi pour la gare routière afin de rejoindre Shilin. Mais les routes sont gelées et aucun bus ne partira aujourd’hui ! Bon… Encore une déception… De retour à l’hôtel, nous demandons des billets de bus pour Yuanyang, mais c’est le même topo… Pfff! Nous tournons toutes les options dans nos têtes, et nous arrivons finalement à trouver un moyen de rejoindre Jianshui en train puis Yuanyang en bus le lendemain. Ca nous aura pris la journée, cette affaire, mais on y arrive.. Ah oui, j’ai oublié de vous dire que les canalisations de l’hôtel sont gelées et qu’il n’y a plus d’eau dans les chambres…
Ce matin, l’eau n’est pas revenue et la neige est toujours gelée sur les toits. Nous arrivons à la gare 30 minutes avant le départ du train, nous nous mettons dans l’une des interminables files qui mènent aux contrôles pour rentrer dans la gare. Rayons-X et détecteur de métaux une fois, quelques mètres dans la foule compacte et agitée, puis deuxième filtre, on continue à trépigner en se faisant bousculer sévère, puis contrôle d’identité, puis montée d’escaliers serrés au milieu du troupeau… Les minutes passent et nous commençons à nous demander si nous aurons notre train. Nous courons, sacs sur le dos, demandons notre chemin, bousculons à notre tour, pour finalement arriver devant la porte d’embarquement…close ! Nous sommes un peu remontés quand même! David arrive à changer les billets pour un train 3 heures plus tard. Pendant ce temps, nous nous gelons dans cette immense gare en espérant que tout ça en vaut la peine.
Le soleil est revenu, et nous nous réchauffons dans le train, où le contrôleur nous fait le grand show commercial, façon foire de Paris en mandarin, pour vendre les mérites d’une brosse à dent et d’un dentifrice révolutionnaires, on imagine. N’empêche, que, aussi improbable que cela puisse paraître, le gars a tout vendu en l’espace d’un quart d’heure… Puis a suivi le vendeur de pastilles Vichy, et employé des chemins de fer, qui est capable de tenir un speech de 10 bonnes minutes sur le bonbon blanc, debout sur un siège et poing levé, ce qui pourrait faire penser à un discours Maoïste, avec dégustation gratuite pour finir de convaincre les camarades… Le vendeur de rasoir électrique, tout aussi gueulard, affiche un style plus directif et ne fait pas dans la dentelle lorsqu’il s’enquiert du premier passager à sa portée et le rase plutôt sèchement, au point que le pauvre gars grimace sans broncher pendant toute la démonstration… Pendant ce temps, les gens assis derrière nous, qui ne se connaissaient pas au début du voyage, finissent bras dessus, bras dessous et main dans la main, à force d’enquiller les verres d’alcool de riz, règle de bienséance pour tisser du lien avec l’autre. De deux, ils seront une petite dizaine à l’arrivée, riant bruyamment comme s’ils se connaissaient depuis toujours ! Le voyage est finalement passé bien vite, et nous arrivons à Jianshui.

Nous arrivons dans notre petite auberge typique, avec chauffage ! Le paradis ! La vieille ville de Jianshui sent bon la province, le rythme est plus lent et la ville n’est pas encore engloutie par les immenses tours d’habitation. La quête d’un restaurant s’avère compliquée, les endroits pour manger font cruellement défaut ici, c’est bizarre! Au point que nos choisirons de faire des dîners-goûters dans la chambre.



Notre projet de nous rendre à Yuanyang pour voir les plus belles rizières en terrasse du Yunnan tombe à l’eau, une fois de plus. La guesthouse que nous avons réservée nous annonce que le village est privé d’électricité et donc de chauffage. Nous sommes un peu contraints d’annuler notre virée, vraiment déçus car nous avons déjà raté Sapa au Vietnam. Les rizières ne veulent pas nous voir, mais nous tenterons à nouveau notre chance à Bali ! Nos trois nuits à Jianshui nous permettent de souffler un peu, en alternant travail, repos et visites : les très beaux jardins de la famille Zhu, un bel ensemble de pavillons traditionnels organisés autour de jolies petites courettes fleuries et arborées et le temple de Confucius, plus grand mais un peu moins charmant à nos yeux.



Nous reprenons le train pour Kunming ce matin, en prévoyant d’arriver à la gare une heure avant le départ, pour éviter les déconvenues de l’aller. Partout, dans les rues de la ville, les marmites qui chauffent au devant des échoppes crachent des nuages de vapeur rendue plus dense encore par le froid matinal. Plus loin, la campagne est plongée dans un épais brouillard qui fera perdre le nord au chauffeur de taxi. Arrivés à la gare nous passons un premier poste de contrôle des passeports, puis un second, 30 mètres plus loin, avec un contrôleur presbyte qui refile le bébé à son collègue au bout de 5 minutes. Puis les bagages passent aux rayons X, avec nouveau contrôle et photographies des passeports, ouverture des sacs pour récupérer une bombe aérosol, nous rendre finalement une paire de ciseaux et laisser passer les couteaux suisses… Nous avons bien fait de prévoir large. Dans le train, nous retrouvons notre vendeur de pastilles Vichy, qui propose des toupies luminescentes aujourd’hui. Encore un petit contrôle des passeports au cas où, espérons que ce soit le dernier…

De la gare nous rejoignons l’aéroport de Kunming pour rejoindre Guilin, ses pains de sucre entre lesquels serpente la rivière Li.
Nous avons traversé le Vietnam du sud au nord comme on ferait un voyage en montagnes russes, en alternant les hauts et les bas ! D’ailleurs le pays est envahi par les russes à tel point que tout est écrit en alphabet cyrillique à Mui Né, des devantures de magasins jusqu’aux cartes de restaurant, mais peu importe là n’est pas le souci ! Après le Cambodge que nous avions quitté à regret, nous sommes donc un peu restés sur notre faim au Vietnam, tout simplement parce que le temps n’a pas toujours été clément avec nous…et la population non plus ! Mais voilà près d’un mois que nous avons quitté le Vietnam au moment où nous publions cet article, et les images reviennent doucement avec un peu plus de recul… Il reste alors que ce pays est très beau, qu’il est facile d’y voyager confortablement et qu’on y mange bien pour pas cher, au milieu de paysages et de scènes de vie magnifiques dont nous garderons l’essentiel.

























































Retour en ville, chaussures sur mesures et dîner au Bazar café dans un joli cadre. Au réveil, il pleut. Nous en profitions pour travailler, réserver les billets de bus et les hôtels, puis nous déjeunons sur les quais sous la pluie.







Autant le dire tout de suite, on a beaucoup aimé le Cambodge bien que nous n’ayons fait que le traverser sur notre trajet pour le Vietnam. Bien sûr, nous avions prévu de passer par là car nous ne concevions pas de faire un tour du monde sans passer par Angkor. Et bien entendu le site est à la hauteur de nos attentes voire davantage, tant nous en avions sous-estimé la beauté et l’étendue. Les villes ne nous ont pas particulièrement séduits, les paysages sont beaux sans être époustouflants…Mais ce peuple nous a profondément touché par son accueil et sa gentillesse, lui qui s’est entretué pendant les années Pol Pot semble prendre petit à petit les rennes de son destin avec un large sourire tourné vers l’avenir et la solidarité.
Nous nous levons très tôt pour prendre un vol pour Siem Reap. Le tuk-tuk de l’hôtel vient nous chercher, avec lequel nous visiterons Angkor et les alentours pendant 3 jours. Nous passons l’après-midi tranquille puis nous allons dans le centre de Siem Reap en fin de journée. Le centre est entièrement dédié au tourisme. Marchés, boutiques, restos, bars, les rues sont inondées d’attrape-barang (touristes). Partout des tuk-tuk, des marchands ambulants qui alpaguent le touriste. La musique qui gueule partout, avec le dollar pour seule devise, les vendeurs d’insectes pour le folklore, David en mangera d’ailleurs quelques uns à l’apéro : vers, criquets, serpents… On dîne dans le coin après avoir fait un tour sur le marché et avoir vite compris qu’il n’y avait rien à signaler ici… On reprend un tuk-tuk pour être en forme demain.
Les énormes blocs de pierre juste superposés, pour former cet édifice aussi imposant que somptueux, d’inspiration hindouiste. Alors nous errons, passons, repassons, changeons de point de vue, surpris que le temple n’ait pas plus mal vieilli au vu du nombre de visiteurs (3 millions par an) qui foulent ces vieilles pierres datant du XIIème siècle. 



Certains ont beaucoup plus souffert que d’autres, du nombre des années, du tourisme, des fromagers géants qui ont répandu leurs racines tentaculaires jusqu’à tout détruire sur leur passage. Il fait très chaud, il fait souvent faire grimpette pour gravir les marches raides, mais quelle belle journée ! Les enfants ont fait quelques petits sommes dans le tuk-tuk.

Les marchandes de souvenirs nous interpellent toujours à la sortie d’un site: « Mister Lady » ou « Madam Sir », « two for one dalla » ($) ce sera quelques fois l’occasion de blaguer un peu avec elles. En tout cas le sourire est toujours de mise, et ça fait du bien, on avait un peu oublié ça après le Laos.


Autant vous dire que le Tonle Sap est un très bel endroit qu’il est préférable de visiter depuis un autre village. On s’est senti tellement pigeon que David a roucoulé pendant tout le chemin du retour!


Je ne vous refais pas tout le parcours mais le marché central de Phnom Penh est immense et on y trouve vraiment de tout. On en profite pour goûter le fruit du jaquier dont la saveur est un mélange de melon et de banane. C’est pas mal du tout. Ici, tout est d’une fraîcheur incroyable, les poissons sont encore vivants pour certains, dans les grandes bassines oxygénées, il y a des crevettes de toutes les tailles, des crabes et des demoiselles (sorte de langouste d’eau douce à queue plate) qui frétillent. Régal des yeux. Nous en profitons pour acheter du délicieux poivre de Kampot, aussi puissant que parfumé. Nous profitons de l’après midi pour travailler avec les enfants. Les cours, le blog, nous sommes un peu à la traîne, il faut bien l’avouer…! Nous allons dîner sur les quais du Mékong. En sortant, un chauffeur de tuk-tuk parlant un français parfait nous propose ses services pour le lendemain. Le courant passe tout de suite, il connaît bien son pays, son histoire compliquée, ses affres, et après une petite négociation tarifaire, Sopheak nous donne rendez-vous à 9:00 le lendemain, devant l’hôtel. Nous avons hâte de le retrouver et d’en apprendre plus sur ce pays meurtri et sur son peuple qui nous avons tout de suite aimé, et dont le passé tourmenté nous échappe un peu.

Nous retournons sur les quais pour notre dernière soirée au Cambodge. Dans les rues, des stands de cuisine de rue près desquels s’amoncellent les ordures d’où émergent de temps en temps des blattes mutantes, pléthore de restaurants et de bars à filles où des mâles occidentaux malsains et bidonnants portent sur eux la raison de leur présence ici… En rentrant à l’hôtel, le propriétaire français interpelle David et lui remet une lettre en lui expliquant qu’un chauffeur de tuk-tuk est passé ce matin, tout désolé de n’avoir pas pu honorer sa promesse : dans sa lettre Sopheak s’excuse de ne pas avoir pu venir nous chercher à cause d’une panne de moto… Ça nous a beaucoup touché, vous l’imaginez. Nous laissons le Cambodge à regret. Nous n’avons fait que le traverser mais il nous laisse un goût d’inachevé. Le peuple cambodgien mérite à lui seul qu’on s’attarde ici, même s’il vaut mieux avoir engrangé quelques liasses de dollars ! Demain, nous rejoignons le Vietnam en bateau et en bus, pour une première étape dans le delta du Mékong.



Mais le Mékong offre des paysages magnifiques, avec le Laos et la Thaïlande qui se toisent de part et d’autre de ses rives. Enclavé entre de massives collines couvertes de forêt primaire, nous naviguons lentement, comme coupés du monde, si on oublie les 150 personnes à bord, et la douce mélodie du moteur…Pas âme qui vive sur les rivages du fleuve, à peine quelques barques de pêcheurs de temps en temps ! Le paysage défile et c’est un vrai plaisir. Après 5 heures de navigation, nous arrivons à Pakbeng, village-étape où nous passons la nuit.




Nous faisons un petit tour dans les ruelles où les petits stands de rue commencent déjà à faire griller toutes sortes de brochettes pour les clients du soir. Juste à l’arrière de la grande rue de Luang Prabang, ce dédale de gargotes sent bon la vie locale. Finalement, la journée est passée comme un rien, sans doute avions-nous besoin d’un peu de ça : se laisser aller à ne rien faire… 




Nous nous perdons un peu dans la campagne splendide, faisons quelques dérapages pas toujours contrôlés dans la boue épaisse, avant de se poser un moment au 


Mais nous réalisons que ce n’était pas le marché initialement prévu, donc nous enchaînons sur un deuxième, un brin moins sympa, puis nous ramenons des croissants aux enfants. Et c’est pas fini…







Nous donnons ce que nous pouvons, mais cela génère des luttes de pouvoir entre elles… Sur la « place » du village, on vend le cochon qui vient d’être fraichement tué. Nous traversons tout ça avant le sentiment désagréable de ne pas être à notre place, et encore moins bienvenus, malgré nous tentatives de sourires et de discrétion.
Des petits Lao se baignent, et la pause est très sympa. Ensuite nous nous arrêtons voir des tisseuses traditionnelles qui fabriquent de jolies pièces avec des perles, et nous finissons par une autre cascade un peu plus fréquentée.

Voilà, le séjour au Laos touche à sa fin sur ces beaux paysages du plateau des Bolavens. Il aura sans doute manqué un peu de contact avec les Lao, de sourire aussi, car la beauté d’un pays ne fait pas tout. Et puis peut être aussi que la fatigue a commencé à se faire sentir ici… Demain, nous décollons pour Siem Reap, au Cambodge.


Wei Wei nous apprend plein de petites choses sur les plantes médicinales : l’une qui traite les saignements, l’autre les piqûres, celle-ci est efficace contre le diabète ou encore celle-là avec laquelle on fait des bulles en soufflant entre les fibres de la tige cassée…Nous nous arrêtons dans un village Pa’O, une des minorités ethniques qui vivent dans ces montagnes. Nous déjeunons dans une grande maison en teck où Piu, notre cuistot attitré pour le trek, nous a précédé pour nous concocter un bon repas copieux : bouillon aux herbes, nouilles sautées, salade d’avocats, salade de tomates et cacahuètes, oranges, clémentines, etc… Nous mangeons tous les 6, assis en tailleur autour de la table basse, avant de fermer nos yeux pour une heure de pause avant de reprendre la marche.
Nous croisons trois petites en chemin qui récupèrent nos bouteilles en plastique pour les rapporter au village. Wei Wei nous explique que par ici, les enfants ne vont qu’à l’école primaire pour apprendre à lire et à compter, puis ils vont travailler la terre, comme le reste de la famille. En attendant, elles sont chargées d’aller chercher l’eau à la rivière. Nous arrivons enfin au village où nous passerons la nuit. C’est un petit village hors du temps, où vivent 500 âmes, fait de maisons de bambou et de chemins poussiéreux.
Devant chaque bicoque ou presque, une charrette à bœufs tout en bois pour le travail de la terre. Ici on cultive surtout la pomme de terre, le piment et le maïs. Nous faisons la connaissance de Nala, notre hôte, avec qui nous échangeons nos prénoms et quelques sourires. Nous nous installons à l’étage de cette maison en teck et en bambou, dans la pièce principale. Nos matelas sont déjà installés au fond.
Nous faisons un petit tour du village : les hommes et les femmes se lavent près de leur réserve d’eau, les enfants s’amusent en poussant un pneu avec un bâton ou font de la luge sur une couronne de paille de riz… certains villageois terminent quelques briques, d’autres font sécher le maïs. Le soleil tombant, nous faisons quelques parties de cartes avec Wei Wei puis le repas-très généreux- est servi. Ensuite, Nala nous rejoint et nous essayons d’échanger un peu avec Wei Wei pour interprète. Eclairée par une barre de Led alimentée par un panneau solaire distribué gratuitement par la junte (bien plus efficace que n’importe quelle campagne électorale…), la pièce est plongée dans l’obscurité. Puis arrive Ulaw, le mari de Nala, qui rentre de la ville où il est allé vendre ses récoltes. Nous passons un super moment avec lui, il est drôle, baragouine quelques mots de français, et nous essayons d’en faire autant dans son langage.
Nala et Ulaw ne savent ni lire ni écrire, ils vivent de la terre et leur trois grandes filles suivront le même chemin même si elles, savent lire et écrire. On nait, on vit, on meurt au village… Nous passons une soirée merveilleuse, puis à 21h, tout le monde s’endort pour une nuit douloureuse et froide. Vers 4h du matin, Piu allume le feu dans la pièce d’à côté pour préparer le petit déjeuner. Je suis réveillée par l’odeur de fumée, l’air est vite irrespirable. Finalement, tout le monde revient à la vie, et le petit déjeuner Deluxe est servi. On se contente d’un brossage de dents dans la cour, Wei Wei me met du thanakha sur les joues, nous faisons quelques photos avec Nala et Ulaw avant de les quitter, un brin nostalgiques.
Nous voilà repartis dans les vallées brumeuses pour 5 heures de marche, les jambes et les pieds encore douloureux de la veille. Puis très vite la brume matinale laisse place à un soleil de plomb. Enfin, le lac se dessine au loin. Après une pause déjeuner plus qu’appréciée, une pirogue nous dépose à Naungshwe après 45 minutes de traversée.
Que c’est beau : toutes ces maisons en bois sur pilotis, les jardins flottants où on cultive des légumes qui partiront dans tout le reste du pays, les montagnes tout autour et leur camaïeu de cultures, le ciel azur… C’est magique d’arriver ici de cette manière ! Fin de journée tranquille avant de découvrir le lac Inle plus en profondeur demain.

Pour le reste du programme, visite de ferronnerie, d’ateliers d’orfèvrerie, de tissage, de fabrique de cheeroots. Puis nous traversons les jardins flottants, avant de terminer par la visite du monastère Nga Phe Chaung construit sur pilotis, tout en teck. Vieux de 150 ans, il est magnifique ! Puis nous regagnons la terre ferme, pour une soirée calme.

Mandalay nous attend après une journée de route. Le lendemain, nous partons pour la journée visiter les 4 anciennes cités royales, situées autour de Mandalay, que sont Amarapura, Mingun, Sagaing, et Inwa, Mandalay ayant été la dernière des capitales royales. En attendant l’heure du déjeuner des moines auquel nous voulons assister, nous passons rapidement voir un atelier-boutique de sculpture sur bois, puis les frappeurs d’or, qui tapent à longueur de journée, avec des masses de 3 kilos, sur des clapets qui renferment les feuille d’or, jusqu’à obtenir une finesse d’ 1 :10ème de millimètre, avant de servir à recouvrir les Bouddhas du pays. Ensuite, nous allons découvrir la pagode Mahamuni à Mandalay, dont le Bouddha est littéralement boursouflé sous les monceaux de feuilles d’or qui recouvrent son corps, mais seuls les hommes ont le privilège d’aller en déposer. La pagode est belle et la visite agréable.
Puis nous rejoignons Amarapura et le monastère Mahagandhayon, pour assister au petit déjeuner des moines, qui prennent leur unique repas de la journée à 10h15. Il y a 1700 moines dans ce monastère, et les voir défiler dans le calme absolu pour aller s’asseoir avec leur timbale remplie de nourriture dans l’immense réfectoire est assez émouvant. Tous ces hommes et enfants, tout vêtus de rouge, inspirent le respect et dégagent une sérénité bienfaisante. Mais le flot de touristes, dont nous faisons partie, gâche un peu la magie du rituel, et nous ne nous sentons pas complètement à notre place.
Nous rejoignons Mingun, où nous grimpons sur l’immense pagode inachevée qui aurait dû trôner sur les rives de l’Irrawaddy à plus de 150 mètres de haut, mais du haut de ses 50 mètres, elle offre déjà un très beau panorama sur ce fleuve enchanteur. Puis, pas loin de là, nous allons voir la grande cloche de Mingun.
Nous rejoignons ensuite Sagaing, sa pagode U Ponya et son beau panorama sur toute la vallée de l’Irrawaddy et les collines alentours. Ensuite, nous prenons un petit bateau pour traverser un petit affluent du fleuve, avant de débarquer à Inwa, qui a remporté nos faveurs! Nous grimpons dans nos calèches bringuebalantes, pour découvrir ce très beau village hors du temps.
Nous visitons deux monastères de styles très différents, Maha Aung, construit en dur, mais très joli à cette heure où le soleil lui donne des teintes ocre jaune, et Bagaya, tout en teck sculpté, vraiment magnifique, où vit un seul moine qui donne quelques cours à des enfants défavorisés.
Le monastère a près de 180 ans, et sous les craquements du bois, on sent planer la spiritualité… Nos calèches nous ramènent vers l’embarcadère, en traversant ce si beau village qui semble être resté à l’écart du monde. Puis nous repassons par Amarapura pour aller découvrir le pont U Bein, tout en teck, merveilleux au coucher de soleil, même si là encore, le tourisme a fait une entrée fracassante…
Puis, nous allons voir la maison du Roi Mindon devenue monastère. Tout en teck, c’est encore une merveille que nous prenons le temps de découvrir.

Ensuite, nous allons à l’étonnante pagode Kuthodaw où plus de 700 petits stupas abritent autant de stèles sur lesquelles est gravé le canon bouddhique dans son intégralité. C’est assez impressionnant ! Pour finir la journée, nous allons sur la colline de Mandalay, point de vue incontournable (et pas contourné d’ailleurs…) sur la ville au soleil couchant.
C’est sur ces belles images que s’achève notre escale birmane. Le temps est passé bien vite ici, et même si nous sommes heureux de poursuivre notre chemin vers l’inconnu, le Myanmar nous a offert de vrais moments de bonheur, et nous gardons dans un coin de notre tête qu’il recèle encore bien des trésors à découvrir.