Regards sur le Cambodge

IMG_4117Autant le dire tout de suite, on a beaucoup aimé le Cambodge bien que nous n’ayons fait que le traverser sur notre trajet pour le Vietnam. Bien sûr, nous avions prévu de passer par là car nous ne concevions pas de faire un tour du monde sans passer par Angkor. Et bien entendu le site est à la hauteur de nos attentes voire davantage, tant nous en avions sous-estimé la beauté et l’étendue. Les villes ne nous ont pas particulièrement séduits, les paysages sont beaux sans être époustouflants…Mais ce peuple nous a profondément touché par son accueil et sa gentillesse, lui qui s’est entretué pendant les années Pol Pot semble prendre petit à petit les rennes de son destin avec un large sourire tourné vers l’avenir et la solidarité.

Les plus :

Le peuple : c’est incontestablement pour lui que nous pensons y revenir un jour, pour le découvrir encore davantage et sortir des sentiers battus. L’école de Mr Ross à Siem reap, le réseau de restaurants Friends, le cirque Phare sont autant de structures à destination des enfants orphelins ou démunis qui ont jalonné notre parcours et nous ont donné quelques « leçons de vie ». On dit que si la Thaïlande est le pays du sourire alors le Cambodge est celui du sourire contagieux. Pas faux !

La culture : bien sûr Angkor ! Angkor et Angkor…Et ça continue d’accord, d’accord ! Z’avez vu la notre, de culture ??? Evidemment l’art Khmer et la période angkorienne sont l’essentiel de la culture cambodgienne… Mais on a adoré, en particulier Banteay Srei, à l’écart d’Angkor Wat et de Bayon, très beaux mais surfréquentés, même à l’aube.

La nourriture : la vrai spécialité est l’amok, poisson ou poulet cuit dans une feuille de bananier au curry et lait de coco. Mais n’oublions pas le bœuf Loc Lac, et autres currys. Les fruits frais ont aussi la part belle! Autrement, la cuisine cambodgienne est très proche de la thaïlandaise, nous nous sommes donc régalés. Nous avons également adoré cette chaîne de restauration « Friends » qui sort les enfants de la rue en les formant à un vrai métier. Le service est toujours impeccable, la cuisine inventive et de bonne qualité. Et en plus de se régaler, cela participe d’une bonne action…Bravo !

Les moins:

Touristique? Evidemment à Siem Reap mais rien de plus logique, et il faut sortir de Pub Street et du centre ville si on veut ne pas avoir l’impression d’être en Europe. Phnom Penh ne présente pas un grand intérêt et est assez sale, bien qu’il ne soit pas désagréable de se promener le long du Mékong pour y diner sur une des nombreuses terrasses.

Budget:

Nous avons tout suite senti la différence après l’Inde et la Birmanie! Même si on est loin des tarifs européens sur la nourriture et l’hébergement, on s’en approche parfois pour les visites notamment. Ici on parle et on compte en dollars (« dalla » avec l’accent local)… Alors quand une roupie devient un dollar, ça fait vite des trous dans les poches du short ! Enfin, s’il est logique de payer un droit d’entrée pour Angkor, certains lieux ont compris le filon et en abusent…Comme par exemple le village de Kompong Phluk sur le lac Tonlé Sap. C’est beau certes, mais on s’est fait carrément pigeonner.

Ce pays nous aura marqué et notre dernière journée à la prison S21 est venue nous saisir encore un peu plus. Nous quittons donc le Cambodge sur le grand fleuve Mékong en l’accompagnant jusqu’à la fin de sa course dans le sud du Vietnam, avec un petit pincement au cœur mais avec une forte envie de revenir.

Déjà les embarcations changent, l’agitation sur le fleuve se fait plus intense, l’atmosphère se fait plus lourde et plus moite, nous sommes au sud du Vietnam dans le delta du Mékong, près à remonter jusqu’à l’extrême nord… mais ça c’est une autre histoire.

10 jours au Cambodge

Bayon TempleNous nous levons très tôt pour prendre un vol pour Siem Reap. Le tuk-tuk de l’hôtel vient nous chercher, avec lequel nous visiterons Angkor et les alentours pendant 3 jours. Nous passons l’après-midi tranquille puis nous allons dans le centre de Siem Reap en fin de journée. Le centre est entièrement dédié au tourisme. Marchés, boutiques, restos, bars, les rues sont inondées d’attrape-barang (touristes). Partout des tuk-tuk, des marchands ambulants qui alpaguent le touriste. La musique qui gueule partout, avec le dollar pour seule devise, les vendeurs d’insectes pour le folklore, David en mangera d’ailleurs quelques uns à l’apéro : vers, criquets, serpents… On dîne dans le coin après avoir fait un tour sur le marché et avoir vite compris qu’il n’y avait rien à signaler ici… On reprend un tuk-tuk pour être en forme demain.

Angkor Wat

Réveil à 4:30 pour aller voir le lever de soleil sur Angkor Wat. Nous faisons la queue pour acheter nos billets, puis allons arpenter le site comme la foule de courageux qui se presse ici. Nous arrivons de nuit pour voir la lueur du jour grandir peu à peu. Le site se révèle doucement, magnifique! Merveilleusement conservé et vraiment imposant, on se sent bien petit dans cette merveille archéologique. Les bas reliefs incroyablement conservés semblent presque récents pour certains.

IMG_3525 IMG_3515 Angkor WatLes énormes blocs de pierre juste superposés, pour former cet édifice aussi imposant que somptueux, d’inspiration hindouiste. Alors nous errons, passons, repassons, changeons de point de vue, surpris que le temple n’ait pas plus mal vieilli au vu du nombre de visiteurs (3 millions par an) qui foulent ces vieilles pierres datant du XIIème siècle. IMG_3486

Angkor WAt

Mais Angkor Wat, le plus célèbre et le plus grand de ces temples, n’est pas le seul, et le site est gigantesque. Nous partons à la découverte d’autres édifices, qui constituent la « petite boucle », ce qui nous prendra une bonne partie de la journée. Tous sont magnifiques bien que très différents. D’influence hindouiste pour les uns, bouddhiste pour les autres, chaque monument à son style, et dégage une atmosphère particulière.

Byon Temple

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AngkorCertains ont beaucoup plus souffert que d’autres, du nombre des années, du tourisme, des fromagers géants qui ont répandu leurs racines tentaculaires jusqu’à tout détruire sur leur passage. Il fait très chaud, il fait souvent faire grimpette pour gravir les marches raides, mais quelle belle journée ! Les enfants ont fait quelques petits sommes dans le tuk-tuk.

Avec Mr Kosal

Nous passons l’après-midi au calme, avec baignade et petite sieste pour seules activités. En soirée, nous allons voir une représentation du cirque Phare, un cirque cambodgien qui forme des enfants des rues aux arts en général, et au cirque en particulier. Nous passons un super moment, la troupe a une pêche incroyable, et les numéros s’enchaînent avec en toile de fond, le rapport des faibles et des puissants, pour une petite heure de pur plaisir. Nous nous sommes tous régalés !

IMG_3708 Banteay Srei

Le lendemain, nous partons seuls avec David pour une 2ème journée à travers le site d’Angkor. Les enfants ont quartier libre à l’hôtel mais ils doivent avancer dans leur travail. Nous découvrons encore des monuments merveilleux, chargés d’histoire et d’émotion bien difficiles à décrire. Ce sont juste de pures merveilles et tout particulièrement Bantaey Srei dont les sculptures sont d’une finesse incroyable, les couleurs sont magnifiques et il est particulièrement bien conservé. Mais là, les photos seront plus parlantes que les mots.

IMG_3710 IMG_3759Les marchandes de souvenirs nous interpellent toujours à la sortie d’un site: « Mister Lady » ou « Madam Sir », « two for one dalla » ($) ce sera quelques fois l’occasion de blaguer un peu avec elles. En tout cas le sourire est toujours de mise, et ça fait du bien, on avait un peu oublié ça après le Laos.

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Nous retrouvons les enfants qui ont passé une bien bonne journée sans nous, piscine, resto, boulot, réseau… Le rêve en somme! L’expérience est à renouveler, ça fait du bien à tout le monde… Le soir, dîner au Marum, un restaurant qui fait partie du réseau Friends qui forment des jeunes défavorisés au métier! Les restos que nous avons testés sont très sympa, cadre agréable et calme, service impeccable et cuisine créative mais excellente. Et en plus on fait une bonne action alors on ne peut que vous recommander ces établissements à l’occasion d’un séjour au Laos ou au Cambodge.

Tonle Sap

Aujourd’hui nous allons faire un tour sur le Tonle Sap, le plus grand lac d’Asie du Sud-est, à 45 minutes de Siem Reap. Bon, on va faire vite, cette virée est à éviter si on considère le prix très élevé et le peu d’intérêt de la visite. Le village Kampong Phluk , monté sur d’immenses pilotis prend un droit d’entrée de 20$/personne, bateau compris (ouf!) auquel il faut rajouter 5$/personne de barque pour aller dans la mangrove dire bonjour à une vendeuses de coca en pirogue qui vous vendra aussi cahiers et crayons pour les enfants défavorisés.

IMG_3832 Sur le Tonle Sap

Kompong PhlucAutant vous dire que le Tonle Sap est un très bel endroit qu’il est préférable de visiter depuis un autre village. On s’est senti tellement pigeon que David a roucoulé pendant tout le chemin du retour!

Puis après un peu de travail à l’hôtel, nous allons visiter une école qui apprend l’anglais à des enfants des rues, orphelins, ou même tout juste sortis de prison. Financée en partie par le propriétaire de notre hôtel et autres mécènes, l’école accueille 175 élèves, dont 18 ont été adoptés par le fondateur de cette école, Mr Ross. Nous assistons à une heure de classe avec ses enfants magnifiques et souriants, qui ont soif d’apprendre et d’échanger avec nous. Mr Ross' School

La jeune professeur bénévole n’a que 20 ans. C’est très enrichissant pour nous de voir l’envers de la carte postale, la réalité cambodgienne loin du décorum touristique qu’est Siem Reap, mais la ville a d’autres visages que le hasard, ou le destin nous a permis de découvrir. L’expérience a marqué Pablo et Maé aussi, dans le bon sens du terme. Les choses prennent forcément une autre dimension quand on est confronté à ses semblables…

Nous dînons à l’hôtel pour cette dernière soirée, où toute l’équipe est vraiment adorable et efficace. Le propriétaire nous rejoint à la fin du repas, nous demande si nous avons aimé l’école, nous explique qu’il adore les enfants, qu’il a grandit sous le régime de Pol Pot, travaillé comme soldat quand le pays était aux mains du Vietnam. Encore un Monsieur d’une infinie gentillesse qui a dû voir et vivre de choses terribles.

Aujourd’hui nous quittons Siem Reap avec dans le cœur les splendeurs d’Angkor, le cirque Phare, l’école, et le staff de cet hôtel qui nous a offert bien plus que le gîte et le couvert. Zam l’un des réceptionnistes, gardera aussi un joli petit coin dans nos cœurs. Sans oublier Mr Kosal qui nous a trimballé pendant tout ce séjour à Siem Reap

Phnom Penh

Nous rejoignons Phnom Penh en bus (6 heures) dans lequel nous sommes les seuls occidentaux. Avec de la « bonne » musique cambodgienne en qui hurle dans les baffles… Nous arrivons à Phnom Penh à la nuit tombée après un long trajet sur des chemins de terre rougeâtre. La poussière épaisse s’immisce partout dans le bus, et à l’arrivée les sacs en sont recouverts. Arrivés à l’hôtel, le cafard géant retrouvé dans la salle de bain a raison de ma bonne humeur. Allez hop, on change de chambre. Et oui, je suis une chochotte, que voulez-vous… Nous allons dîner chez Friends, le réseau de restaurant qui fonctionne avec des jeunes en difficultés. Et c’est toujours aussi bien.

Musée des Beaux-Arts à Phnom Penh

Aujourd’hui, allons visiter le musée des Beaux-Arts de Phnom Penh avec David. Le bâtiment rouge aux allures de temple est très joli. A l’intérieur, de très belles pièces de l’art khmer originaires d’Angkor pour la plupart mais aussi d’autres sites Khmer. Bouddha, Shiva, Vishnou en bronze, en grès, en bois se partagent la vedette. Certaines pièces très anciennes sont magnifiquement conservées, et traduisent bien toute la richesse de l’art khmer. Puis nous sommes allés, comme toujours, faire un tour au marché de la ville.

IMG_3919 Marché Central à Phnom PenhJe ne vous refais pas tout le parcours mais le marché central de Phnom Penh est immense et on y trouve vraiment de tout. On en profite pour goûter le fruit du jaquier dont la saveur est un mélange de melon et de banane. C’est pas mal du tout. Ici, tout est d’une fraîcheur incroyable, les poissons sont encore vivants pour certains, dans les grandes bassines oxygénées, il y a des crevettes de toutes les tailles, des crabes et des demoiselles (sorte de langouste d’eau douce à queue plate) qui frétillent. Régal des yeux. Nous en profitons pour acheter du délicieux poivre de Kampot, aussi puissant que parfumé. Nous profitons de l’après midi pour travailler avec les enfants. Les cours, le blog, nous sommes un peu à la traîne, il faut bien l’avouer…! Nous allons dîner sur les quais du Mékong. En sortant, un chauffeur de tuk-tuk parlant un français parfait nous propose ses services pour le lendemain. Le courant passe tout de suite, il connaît bien son pays, son histoire compliquée, ses affres, et après une petite négociation tarifaire, Sopheak nous donne rendez-vous à 9:00 le lendemain, devant l’hôtel. Nous avons hâte de le retrouver et d’en apprendre plus sur ce pays meurtri et sur son peuple qui nous avons tout de suite aimé, et dont le passé tourmenté nous échappe un peu.

Phnom Penh

Aujourd’hui, le programme est chargé en émotions. Nous allons « visiter » les Killing Fields (les champs de la mort où des milliers de Cambodgiens ont été exécutés sous le régime de Pol Pot) et S-21, la prison la plus tristement célèbre sous le régime des Khmers Rouges, dont seulement 7 personnes sont ressorties miraculeusement vivantes. Nous avons laissé le choix aux enfants de venir ou non, et Pablo a préfèré rester à l’hôtel. Nous attendons Sopheak, le chauffeur de tuk-tuk, impatients, mais il n’arrivera jamais… Déçus, nous succombons aux sollicitations d’un de ses confrères très insistant. Nous voilà partis sur les immenses artères de la capitale. La ville n’est pas belle et très sale dès qu’on s’éloigne du centre, l’air est poussiéreux et pollué, la circulation est dense et un peu folle. Encore une ville que nous ne détestons pas sans l’aimer pour autant. Nous visitons d’abord les Killing Fields de Choeung Ek où tous les prisonniers de S-21 ont été sauvagement exécutés. Dans le grand stupa central, le mémorial abrite de nombreux ossements retrouvés dans les fosses communes. La visite, si elle est instructive, fait froid dans le dos, mais il est bien difficile pour nos esprits libres d’imaginer l’horreur de cette période macabre dont je vous passe les sordides détails. Et c’était hier…

Killing Fields

Le marché russe nous permet de reprendre un peu nos esprits. Il est moins agréable et beaucoup plus « parfumé » que le marché central. Nous achetons quelques souvenirs de rigueur avant de rejoindre la prison S-21 (Tuol Sleng) devenue le musée du crime génocidaire. Dés que l’on pénètre ici, les quatre bâtiments qui constituent la prison dégagent quelque chose de sombre, d’effrayant, malgré la jolie cour arborée qui ne suffit pas à adoucir cette atmosphère pesante. Les chambres de tortures, les cellules, communes et individuelles, les clichés des bourreaux et de leurs victimes… Chaque étape de la visite est un pas de plus dans l’horreur. Maé renoncera rapidement à la visite, et comment lui en vouloir ? Pourtant, cela nous semblait être un passage obligé pour appréhender l’histoire et l’âme du Cambodge. A la fin de notre visite dans ce lieu extrêmement chargé, nous allons à la rencontre de Chum Mey, un des 7 survivants de ce sanctuaire, qui vend le livre de son histoire, là, à quelques dizaines de mètres de sa cellule, là où il a été torturé pendant 12 jours et 12 nuits, sans relâche, avant que les Khmers Rouges ne découvrent que ses compétences de mécanicien leur seraient très utiles pour réparer les machines à écrire de la prison. C’est ce qui lui sauvera la vie. Et pourtant… J’ai rarement vu autant de lumière dans les yeux d’un homme… Notre seul regret est de ne pas avoir pu échanger avec lui qui ne parle que le Khmer. Puisse le reste de votre vie être aussi douce que possible Monsieur Chum Mey.

Nous ressortons glacés par ce que nous avons vu et appris, et déjà notre regard a changé. Cet homme, ici, et cette femme là-bas, a vécu d’une manière ou d’une autre le régime génocidaire de Pol Pot. Comment renaître après cela ? Le sujet occupe nos esprits et nos conversations y reviennent souvent. Et il reviendra encore et encore, inévitablement.

Phnom PenhNous retournons sur les quais pour notre dernière soirée au Cambodge. Dans les rues, des stands de cuisine de rue près desquels s’amoncellent les ordures d’où émergent de temps en temps des blattes mutantes, pléthore de restaurants et de bars à filles où des mâles occidentaux malsains et bidonnants portent sur eux la raison de leur présence ici… En rentrant à l’hôtel, le propriétaire français interpelle David et lui remet une lettre en lui expliquant qu’un chauffeur de tuk-tuk est passé ce matin, tout désolé de n’avoir pas pu honorer sa promesse : dans sa lettre Sopheak s’excuse de ne pas avoir pu venir nous chercher à cause d’une panne de moto… Ça nous a beaucoup touché, vous l’imaginez. Nous laissons le Cambodge à regret. Nous n’avons fait que le traverser mais il nous laisse un goût d’inachevé. Le peuple cambodgien mérite à lui seul qu’on s’attarde ici, même s’il vaut mieux avoir engrangé quelques liasses de dollars ! Demain, nous rejoignons le Vietnam en bateau et en bus, pour une première étape dans le delta du Mékong.

En route pour le Vietnam

Nous vous souhaitons à toutes et à tous, une merveilleuse année 2016, pleine de couleurs et d’éclats de rire, avec le bonheur pour seule destination.

Regards sur le Laos

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On s’était fait tout une idée de ce pays tout d’abord par la manière d’y entrer en faisant une croisière de 2 jours sur le Mékong puis aller à la découverte de Luang Prabang, ancienne capitale royale classée au patrimoine mondial. Et puis la découverte de sa gastronomie, de sa population bercée par 40 années de communisme et puis, et puis et puis… Et puis il s’est mis à flotter ! Flotter sévère même … Et puis on a attrapé la crève, et puis on a pas pu faire les visites prévues et puis le pays est beaucoup plus touristique qu’on ne le croyait et puis… Et ben , peut être qu’on était un peu fatigué et moins réceptif aussi…

Les plus :

Les paysages : essentiellement composés de montagnes ou de massifs karstiques, le tout entourant le Mékong comme épine dorsale, le Laos est vraiment un très beau pays et c’est sans doute ici  que nous avons vu les plus beaux paysages pour le moment.

La nourriture : pour les fans de la cuisine thaïe que nous sommes, je pense que nous la mettons au même niveau. C’est dire si on s’est régalé tous les jours de ces currys au lait de coco accompagnés de riz gluant et de la spécialité locale :  la saucisse laotienne, grillée à la citronnelle. Les salades de papayes vertes épicées à souhait, ces laap de poulet, bœuf ou  de canard… Un régal ! Autre point très agréable après 2 mois de voyage, la colonisation française à laissé ici quelques traces culinaires : baguette et surtout viennoiseries sont fréquentes et de très bonne qualité ! Nos papilles étaient au paradis ici…

Les moins :

Trop touristique (pour nous) : le pays s’est avéré très touristique en particulier au nord. Le bateau sur le Mékong bondé de jeunes américains dont la principale destination est Vang Vieng pour aller s’alcooliser à outrance, a cassé un peu le mythe. Malgré tout, reconnaissons que notre temps sur place étant assez court, nous ne sommes pas assez sortis des sentiers battus, ce qui nous aurait sans doute procuré plus de plaisir et d’authenticité. Dommage…

La communication :

Sans doute un des effets du tourisme développé, il n’y en a quasiment pas ! Et le sourire a disparu au profit de relations polies et très commerciales. Tout semble dire ici :  » Farang (touriste) tu es, farang tu resteras! » Les quelques personnes avec qui nous avons pu parler nous ont dit qu’on avait dû tomber sur des vietnamiens ou des chinois…Autant dire que notre expertise pour faire la différence est assez mince…faudra qu’on s’installe à Paris 13eme au retour !  Reconnaissons que c’est un peu moins vrai pour le sud où nous n’avions pas prévu d’aller et que nous aurions sans doute préféré sur la durée.

Donc voilà, on a traversé le Laos en suivant le Mékong du Nord au sud sans jamais vraiment tomber sous son charme. Sans doute que nous sommes passés à côté de ce pays mais nous en garderons malgré tout, quelques bons souvenirs, notamment le plateau des Bolavens.

Tout juste arrivés au Cambodge au moment où nous écrivons ces lignes, nous sentons planer dans l’air une toute autre atmosphère qui ne fait que confirmer nos impressions sur le Laos. Mais ça c’est une autre histoire…

Nous profitons de ce dernier article de l’année pour souhaiter, à chacun d’entre vous, de douces et heureuses fêtes de fin d’année, car même si nous sommes vraiment heureux, vous nous manquez, tous autant que vous êtes… Prenez soin de vous, et soyez heureux. ON VOUS AIME!

Laos: de Huay Xai à Pakse (15 jours)

Luang Prabang

Nous quittons l’hôtel de Mandalay vers 13:00 avec Dee Dee, le chauffeur de taxi qui nous a fait visiter la ville hier. Il est très sympa, un peu rock & roll, ce qui n’est pas pour nous déplaire;-). L’avion a une heure de retard, question d’habitude, nos avions ne sont jamais à l’heure… Nous arrivons à Tachileik en fin de journée, juste à temps pour prendre un taxi jusqu’à Mae Sai, en Thaïlande. Avant le passage de frontière, le taxi s’arrête devant un rideau de fer baissé, qui s’ouvre miraculeusement à notre arrivée, où nous changeons le reste de nos kiats birmans en baths thaï… Nous passons un premier poste frontière pour sortir du Myanmar, puis un second, pour rentrer en Thaïlande. Nous déposons nos fardeaux à l’hôtel, où le gars qui nous accueille ne pipe pas un mot d’anglais, ce qui n’est pas de bon augure pour organiser notre trajet de demain jusqu’à la frontière laotienne, en sachant que le bateau que nous devons prendre à Huay Xai part à 11 heures, que nous avons minimum 2 heures de route pour nous y rendre, et que nous devons faire nos visas avant d’embarquer… Pour le moment, nous allons manger une soupe de nouilles et deux beignets aux trois petits stands de rue installés à quelques pas de l’hôtel. Les enfants font même un peu de sport sur les appareils de musculations qui sont posés là, en libre service…

Courte nuit et petit déjeuner rapide préparé à la hâte. La patronne nous a trouvé un taxi pour nous emmener à Chiang Kong, frontière lao-thaïe. Nous passons à nouveau 2 douanes pour sortir de Thaïlande et rentrer au Laos, et nous faisons la queue, comme plusieurs dizaines d’autres touristes, pour obtenir nos visas. Puis un bus nous emmène jusqu’à l’embarcadère où nous prenons le slow boat jusqu’à Luang Prabang, que nous atteindrons après deux jours de navigation sur le Mékong, la « mère des eaux » qui va nous accompagner jusqu’au sud du Vietnam. Huay Xai Le bateau est une énorme pirogue à moteur, dans laquelle sont installés des sièges de bus récupérés, pour pouvoir accueillir les petites fesses sensibles de 150 touristes en mal d’exotisme dont nous faisons tristement partie… Nous nous retrouvons complètement à l’arrière du bateau, près de la cale moteur, d’où surgit un bruit infernal que nous subirons pendant toute la traversée. IMG_3062 Mais le Mékong offre des paysages magnifiques, avec le Laos et la Thaïlande qui se toisent de part et d’autre de ses rives. Enclavé entre de massives collines couvertes de forêt primaire, nous naviguons lentement, comme coupés du monde, si on oublie les 150 personnes à bord, et la douce mélodie du moteur…Pas âme qui vive sur les rivages du fleuve, à peine quelques barques de pêcheurs de temps en temps ! Le paysage défile et c’est un vrai plaisir. Après 5 heures de navigation, nous arrivons à Pakbeng, village-étape où nous passons la nuit.

Le Mékong

Le Mékong

Le lendemain, nous embarquons dans un bateau plus petit, et beaucoup moins bruyant, c’est vraiment plus agréable. Au matin, le Mékong est plongé dans une brume épaisse, qui lui donne des allures mystérieuses. Nous reprenons notre route au fil de l’eau, et les joues fouettées par l’air frais. Quel bonheur…Nous nous laissons bercer par les courants du fleuve, pendant près de 7 heures avant d’arriver à Luang Prabang. Mais le voyage n’est pas tout à fait terminé puisque nous débarquons en fait à 10 bons kilomètres de la ville que nous rejoindrons en tuk-tuk commun, avant d’en prendre un autre pour arriver à notre hôtel… Nous faisons un petit tour au night market, où il se vend toutes sortes de souvenirs, et nous allons dîner dans cette jolie petite ville basse que nous découvrirons mieux à la lumière du jour.

Luang Prabang

Après une matinée de travail, nous changeons d’ hôtel car celui-ci est vraiment excentré et le wifi ne fonctionne pas, or nous en avons besoin pour envoyer les devoirs. Après quoi, nous nous baladons le long des rives du Mékong, à l’ombre des grands arbres. Nous traversons le pont de bambou, reconstruit chaque année après la saison des pluies, pour aller voir ce qu’il se passe de l’autre côté. Puis nous marchons sans but précis, à la découverte de cette ville paisible, classée au patrimoine mondial de l’Unesco d’ailleurs. Ensuite nous allons visiter le joli petit temple Wat Maï. Luang Prabang

Les enfants rentrent à l’hôtel, tandis que David et moi grimpons sur le mont Phousi pour voir le coucher de soleil sur la ville. Et même si le panorama vaut le coup d’oeil et la grimpette, il ne faut pas s’attendre à passer un moment en tête à tête, devant l’astre qui s’évanouit… A moins de se prendre pour un couple de stars hollywoodiennes sous le crépitement des appareils photo de paparazzi acharnés… Bref, nous avons préféré redescendre plus vite que  le soleil pour éviter les bouchons dans l’escalier, c’est dire ! Nous récupérons nos deux amours pour aller dîner dans un des nombreux petits restos sympathiques de Luang Prabang.

Luang Prabang

Pas de planning précis aujourd’hui, nous prenons notre temps pour lézarder un peu avant d’aller casser la croûte au bord du Mékong dans un endroit un peu branchouille mais calme à cette heure-ci. Puis nous errons dans les petites rues de Luang Prabang et notre visite du Palais ne pourra pas se faire comme prévu, puisqu’il ferme ses portes 10 minutes plus tard…

Luang PrabangNous faisons un petit tour dans les ruelles où les petits stands de rue commencent déjà à faire griller toutes sortes de brochettes pour les clients du soir. Juste à l’arrière de la grande rue de Luang Prabang, ce dédale de gargotes sent bon la vie locale. Finalement, la journée est passée comme un rien, sans doute avions-nous besoin d’un peu de ça : se laisser aller à ne rien faire… Luang Prabang

Quelques gouttes commencent à tomber lorsque nous rentrons à l’hôtel, et nous traversons le marché de nuit sous la pluie pour aller dîner. Les petites vendeuses sont obligées de remballer leur marchandises avant l’heure. Nous rentrons à l’hôtel en tuk-tuk, encore un peu mouillés, et pas très réchauffés. Demain, nous prévoyons d’aller voir les magnifiques cascades de Kuang Si.

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Au réveil, la pluie tambourine sur les toits, comme elle l’a fait toute la nuit. En attendant l’accalmie, David et moi allons visiter l’ancien Palais Royal… Bon… En sortant, la pluie reprend de plus belle, nous allons prendre un café en espérant que ça se calme. Au final, nous rentrons à l’hôtel au triple galop sous des trombes d’eau, et nous arrivons trempés. Nous renonçons définitivement à aller voir les cascades qui se trouvent à une bonne heure de tuk-tuk de Luang Prabang ! Grosse déception, mais c’est comme ça… Pour essuyer notre déception, Maé et moi allons au spa pour tester le fish massage. Après hésitations, nous prenons la formule 30 minutes, mais les 5 premières minutes nous vraiment fait douter. 50 poissons gloutons qui vous boulottent chaque pied, c’est juste insupportable au début, comme l’impression d’avoir des fourmis en version longue, et très franchement le court-métrage aurait suffit. Surtout quand Maé retire ses pieds et que les voraces se ruent sur les miens… On a bien rigolé toutes les deux, et nous sommes ressorties avec des jolis petons tout doux ! Fin de journée à l’abri et dernier dîner ici. Il pleut si fort qu’on s’entend à peine parler !

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Aujourd’hui, la pluie a enfin cessé, un peu trop tard, c’est dommage. Nous quittons Luang Prabang pour Vang Vieng en minibus. Les paysages sont encore magnifiques. Aux rizières succèdent les montagnes couvertes de forêt tropicale. De gros nuages vaporeux camouflent encore les sommets, et s’engouffrent dans les vallées. Les fortes pluies des deux derniers jours et probablement aussi la mousson ont laissé des traces : chutes de pierres, coulées de boue, ruisseau au milieu de la route qui s’est transformée en chemin caillouteux… La pente est raide et le chauffeur roule en première poussive, celle qui appelle à l’aide la seconde… Ca va être long ! Vang Vieng

Vang Vieng, la repentie, nous attend. Même si Vang Vieng est apparemment guérie de ses dérives festives, nous ne savons pas trop à quoi s’attendre ici. David va nous chercher une guesthouse abordable, avec une très belle vue sur les massifs karstiques. Il nous faudra passer dans l’eau avec nos coquilles sur le dos avant d’atteindre notre Graal, les pluies diluviennes ayant fait gonfler la rivière. Nous travaillons un peu sur la terrasse en bord de rivière, avant de la retraverser pieds nus pour aller dîner. Je sens les premiers frissons et la gorge qui picote, David commence à tousser, parce que nous avons décidé d’être toujours malades ensemble, pour ne pas perdre trop de temps!

Vang Vieng

Le lendemain, nous ne sommes pas en forme du tout, mais les ratés de Luang Prabang nous poussent à l’action, sous peine de passer complètement à côté du Laos. Nous louons deux mobs, et nous partons à la découverte des alentours, où se cachent nombre de cascades et de grottes, qui se méritent pour la plupart. Et aujourd’hui, très clairement, nous n’avons pas l’énergie nécessaire à grimper sur un gros rocher pendant une heure.

Vang Vieng Nous nous perdons un peu dans la campagne splendide, faisons quelques dérapages pas toujours contrôlés dans la boue épaisse, avant de se poser un moment au Blue Lagoon, un joli lagon turquoise très fréquenté en ce dimanche. Maé prend un petit bain rapide, et nous allons déjeuner dans un endroit paisible, au bord d’un étang que nous partageons avec les poules, les canards et les chats affamés qui sautent sur les tables pour réclamer pitance. Nous hésitons à reprendre la ballade, mais le corps n’y est pas, il demande son reste, et nous le lui donnons.

Vang Vieng

Pause sieste à l’hôtel, puis dîner au bord de la rivière avec un travesti adorable pour serveuse. Pablo à la cote… Pancakes dans la rue pour les enfants, plutôt des crêpes croustillantes d’ailleurs, confectionnés avec une pâte qu’on étire à la main jusqu’à ce qu’elle devienne très très fine, avant de la cuire sur une grande plaque brûlante. Ils sont si bons que nous reviendrons demain matin pour le petit déjeuner avant de grimper dans le bus qui nous récupère à 10 heures.

Madame Pancake

Arrivés à Vientiane, on se pose un peu puis on va découvrir la ville à pieds. Nous avons un peu de mal à nous repérer au début, mais nous traversons un petit marché de stands de rue où des Lao jouent à la pétanque. Nous sommes arrivés ensuite dans un petit quartier sympa où nous avons goûter d’un bon café et d’un croissant comme on les aime, un des vestiges de la présence française au Laos, alors nous n’allons pas nous priver!  Puis nous sommes allés faire un tour au night market où nous avons acheté un pantalon à Maé avec les jambes décousues mais pas la boutonnière, quand soudain… ben rien, en fait! Nous sommes repassés chercher Pablo pour aller dîner dans un restaurant lao-thaï très bon et au calme…

Vientiane

Aujourd’hui, nous partons tous les deux David et moi faire notre marché du jour, vous le savez maintenant, on adore ça, rien de tel pour s’immerger dans l’ambiance locale. Poissons, tortues, grenouilles, côtoient les fruits et légumes, les poissons et crevettes séchées, et tout plein de trucs inconnus pour nous. Super! Marché à VientianeMais nous réalisons que ce n’était pas le marché initialement prévu, donc nous enchaînons sur un deuxième, un brin moins sympa, puis nous ramenons des croissants aux enfants. Et c’est pas fini…

Marché à Vientiane

Plus tard, nous déjeunons dans le coin où nous rencontrons une française expatriée au Laos avec qui nous discutons un long moment. Nous échangeons sur les gens, le pays, on parle du Cambodge aussi, et elle nous fait quelques suggestions. Nous passons le reste de la journée à travailler. Dîner dans une excellente petite adresse. (Lao Kitchen: le lap au canard est à tomber!)

David part très tôt pour une grande marche matinale le long du Mékong et nous ramène de bons croissants. Oui, encore!

Bouddha Park

Nous partons visiter le Bouddha Park à une petite demie heure de Vientiane, où un Lao un peu fantasque a passé une partie de sa vie à créer des oeuvres bouddhistes et hindouistes en béton, avec la volonté de fusionner les deux religions.

Bouddha Park

Visite sympa même s’il n’y a rien d’extraordinaire non plus. Puis, visite du Wat That Luang, le temple et son stupa.

Wath That Luang

Wat That Luang

Une dame veut nous vendre des « ice kim », occasion pour David de la charrier un peu. Puis nous grimpons sur l’arc de triomphe, le Patuxai, vivier de papillons de nuit, sans aucun intérêt. Nous finissons par le Wat Sisaket, très beau temple où sont conservés des milliers de Bouddhas dans des petites niches. Le temple central est orné de vieilles fresques magnifiques.

Wat Sisaket

En soirée nous allons dîner au Makphet un restaurant membre du réseau Friends, de l’ONG du même nom qui sort des jeunes de la rue pour les former au métier de la restauration et leur assurer un avenir. Le pari est réussi, le repas aussi, et nous retournerons immanquablement dans d’autres restaurants du réseau, puisqu’il y en a plusieurs auu Laos et au Cambodge. Finalement, Vientiane est une ville sans charme particulier mais pas désagréable pour autant. C’est une capitale assez tranquille si on la compare à ses grandes sœurs thaïlandaise, cambodgienne ou vietnamienne.

Vientiane

Aujourd’hui nous prenons le bus pour descendre dans le sud avant de rejoindre le Cambodge par voie terrestre. Nous dormons à Thakek et repartons le lendemain de bonne heure pour Pakse. Un long trajet nous attend, dans un bus vraiment miteux, avec pour clim la porte ouverte et le toit percé, un tableau de bord repeint à la bombe, des housses de sièges béantes et le moteur apparent à l’arrière. Il vaut mieux ne pas trop regarder les détails, et oublier qu’on a pris un bus de jour parce que les bus de nuits ont mauvaise presse… Mais bon, tout se passe bien jusqu’à ce que je tire le rideau pour me protéger du soleil. J’ai réveillé une famille de cafards qui dormaient tranquillement dans les plis du rideau et qui se sont mis à partir dans tous les sens ! J’ai fait le reste du voyage sur une fesse !!

Bolavens

Le lendemain, nous allons découvrir le plateau des Bolavens, ses belles cascades (Tad Fan, Tad Lo, Tad Phaxuam) ses plantations de café, le village de Ban Kok Pung Tai où on fabrique son cercueil de son vivant… ! Les gamines du village accourent de partout pour nous demander tout et n’importe quoi, shampoing, stylo, bananes, dentifrice, et n’hésitent pas à mettre carrément la main dans le sac pour se servir…

BolavensNous donnons ce que nous pouvons, mais cela génère des luttes de pouvoir entre elles… Sur la « place » du village, on vend le cochon qui vient d’être fraichement tué. Nous traversons tout ça avant le sentiment désagréable de ne pas être à notre place, et encore moins bienvenus, malgré nous tentatives de sourires et de discrétion.

Bolavens

Dommage car ce village traditionnel est vraiment beau. Puis nous faisons une pause déjeuner au bord d’une autre très belle cascade.

Plateau des BolavensDes petits Lao se baignent, et la pause est très sympa. Ensuite nous nous arrêtons voir des tisseuses traditionnelles qui fabriquent de jolies pièces avec des perles, et nous finissons par une autre cascade un peu plus fréquentée.

Plateau des Bolavens

Plateau des Bolavens

Plateau des BolavensVoilà, le séjour au Laos touche à sa fin sur ces beaux paysages du plateau des Bolavens. Il aura sans doute manqué un peu de contact avec les Lao, de sourire aussi, car la beauté d’un pays ne fait pas tout. Et puis peut être aussi que la fatigue a commencé à se faire sentir ici… Demain, nous décollons pour Siem Reap, au Cambodge.

Regards sur la Birmanie

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Quelle lourde tâche pour ce petit pays de passer après l’Inde dans notre périple ! Tâche d’autant plus lourde que nous n’avions pas fini de « digérer » notre aventure indienne qui nous a profondément marqué. L’arrivée à Yangon n’ayant rien d’exceptionnel, ça n’a pas facilité l’adaptation, Et il nous a fallu quelques jours pour retrouver nos marques.

Et puis, petit à petit, sur les plages du golfe du Bengale en particulier, nous avons commencé à aimer de plus en plus ce pays et les gens que nous avons rencontrés. Puis, à mi-parcours, les attentats parisiens nous ont évidemment plombé le moral mais le trek nous a permis de retrouver l’esprit du voyage.

Ce que nous avons aimé :

– Le peuple : spontanément accueillant, souriant, serviable, et extrêmement gentil. Quel bonheur d’aller à la rencontre de ces gens qui n’ont rien et qui donnent tant ! Notre accueil chez les Pa’O durant notre trek restera longtemps dans notre mémoire.

– Les paysages : ils sont superbes, souvent vierges dans une végétation luxuriante. Bagan, le golfe du Bengale, le lac Inle sont des sites que nous avons adorés. Les villages traditionnels et leurs maisons de bambou sont un total dépaysement.

– La culture : essentiellement basée sur le bouddhisme, nous avons surtout aimé Bagan et nos ballades en 2 roues au beau milieu des temples…Superbe ! Quant aux pagodes, une ça va, deux ça va et puis… enfin ça va quoi !

– Les expressions : « Just lookin » ! « C’est choli, c’est pas cher et c’est pas moi qui l’a fait, c’est local » !!! « Where you come from ? » « Ah ! bonchour comment ça va ? »

– La nourriture birmane est pas mal et proche de la cuisine Thaï sans être aussi bonne. Nous avons donc bien mangé à peu près partout, mais avons aussi beaucoup mangé Thaïlandais compte tenu de sa popularité dans le pays. Pour les spécialités, il faut quand même essayer la salade de feuilles de thé…

Ce qui nous a moins plu :

  • Les transports : chaque déplacement est une épreuve qui ne dure pas moins de 6 heures sur des routes défoncées, en réparation ou en préparation… A noter beaucoup de femmes réparent les routes en portant et concassant les pierres jusqu’à en faire du gravier qui sera ensuite damer par une machine, conduite elle…par un homme bien sûr !
  • La langue : la pratique de l’anglais est assez bonne sur les grands sites touristiques tels que Bagan ou Inle. En revanche lorsque l’on s’en écarte un peu, il faudrait parler le Birmanglais… et ça, on sait pas ! Nous, on maitrise mieux le franglais. Comme dirait Maé : « S’il vous please ! » Les contacts sont donc souvent succincts.

En conclusion, on a beaucoup aimé le Myanmar avec la chance de le découvrir avant qu’il ne sacrifie totalement ses trésors et son peuple au tourisme de masse. Les enfants ont bien sur préféré la plage et Bagan et le plaisir de faire de la moto en toute liberté et sans casque… puisque de toute façon, les loueurs n’en proposent pas !

Enfin, nous espérons que d’ici 3 mois, les rues du pays s’animeront pour fêter la victoire d’Aung San Suu Khi largement élue lors des dernières élections et que ces célébrations ne seront pas réprimées dans le sang. A ce propos, nous n’avons pas parlé de sa victoire car s’est passé complètement inaperçu ici. Nous avons dû demander pour connaître le résultat plus d’une semaine après le vote. Il lui faudra plusieurs mois pour constituer un gouvernement, et le pays ne célèbrera sa victoire qu’à ce moment-là. On ne sait jamais, et n’oublions pas que les militaires disposent de 25 % des sièges parlementaires, de toute éternité ! Voilà enfin une petite lueur d’espoir pour ce peuple qui souffre depuis si longtemps. Ce que nous avons ressenti en tout cas c’est que le passé douloureux de ce peuple adorable explique sûrement pour beaucoup leur discrétion excessive qui ne facilite pas toujours les échanges…

Mais tout ça est déjà derrière nous, au moment où nous écrivons ces lignes nous avons déjà prix un avion, 2 taxis, 2 tuk-tuk, 2 bateaux et passé 2 frontières pour arriver au Laos… Et c’est pas fini

En attendant la suite de notre Wonderful Worldwide Tribe Trip, voilà une petite vidéo de ces trois semaines passées au Myanmar.

Et continuez à nous envoyer vos petits messages et commentaires…je crois qu’on aime bien ça, à nous aussi ça fait du bien !

De Bagan à Mandalay (10 jours)

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Le moment est venu de quitter Bagan, où nous avons fait le plein de jolis souvenirs.

        Le minibus vient nous chercher pour nous conduire jusqu’à Kalaw. La route est belle, montagneuse, tapissée d’une forêt impénétrable d’où dégoulinent d’immenses lianes emmêlées. En chemin, on croise tout juste quelques petits villages de bambou. Les heures s’égrainent doucement au rythme du paysage qui défile sous nos yeux. Nous arrivons à Kalaw en début d’après-midi. A 1300 mètres d’altitude, il fait bien plus frais. On se met au travail car on a pris beaucoup de retard et il faut envoyer les devoirs avant de partir en trek.

Entre Kalaw et Inle

       Nous partons avec un jeune couple de Belges, et notre guide Wei Wei, une jeune birmane de 20 ans, qui fera définitivement partie des belles rencontres de ce voyage. En chemin, nous découvrons la campagne birmane, les champs de colza ou de maïs, les plantations de gingembre ou de riz des montagnes, le piment qui sèche au soleil. Les collines sont recouvertes d’un patchwork aux couleurs du Myanmar : rouge, jaune, vert. Wei WeiWei Wei nous apprend plein de petites choses sur les plantes médicinales : l’une qui traite les saignements, l’autre les piqûres, celle-ci est efficace contre le diabète ou encore celle-là avec laquelle on fait des bulles en soufflant entre les fibres de la tige cassée…Nous nous arrêtons dans un village Pa’O, une des minorités ethniques qui vivent dans ces montagnes. Nous déjeunons dans une grande maison en teck où Piu, notre cuistot attitré pour le trek, nous a précédé pour nous concocter un bon repas copieux : bouillon aux herbes, nouilles sautées, salade d’avocats, salade de tomates et cacahuètes, oranges, clémentines, etc… Nous mangeons tous les 6, assis en tailleur autour de la table basse, avant de fermer nos yeux pour une heure de pause avant de reprendre la marche.

Entre Kalaw et Inle

       Nous traversons ensuite de petits villages, assistons à la grande fête des donations qui a lieu dans tout le pays pendant plusieurs jours. Ici, toute la communauté s’est réunie près du monastère, chacun a revêtu son habit traditionnel noir, et les femmes ont arrangé leur turban de la plus belle des manières. Pendant plusieurs jours, les gens apportent de la nourriture, des couvertures, des ustensiles et même de la lessive, bref, tout ce qui peut être utile aux moines. Puis, ces donations sont rangées, suspendues à des panneaux mobiles qui sont ensuite apportés en procession et en musique au monastère. Wei Wei nous offre des tronçons de bambou remplis d’une pâte de riz gluant sucrée : extra ! La marche continue de montagnes en vallées, de forêts de bambous en rizières. IMG_2485Nous croisons trois petites en chemin qui récupèrent nos bouteilles en plastique pour les rapporter au village. Wei Wei nous explique que par ici, les enfants ne vont qu’à l’école primaire pour apprendre à lire et à compter, puis ils vont travailler la terre, comme le reste de la famille. En attendant, elles sont chargées d’aller chercher l’eau à la rivière. Nous arrivons enfin au village où nous passerons la nuit. C’est un petit village hors du temps, où vivent 500 âmes, fait de maisons de bambou et de chemins poussiéreux.

IMG_2495Devant chaque bicoque ou presque, une charrette à bœufs tout en bois pour le travail de la terre. Ici on cultive surtout la pomme de terre, le piment et le maïs. Nous faisons la connaissance de Nala, notre hôte, avec qui nous échangeons nos prénoms et quelques sourires. Nous nous installons à l’étage de cette maison en teck et en bambou, dans la pièce principale. Nos matelas sont déjà installés au fond.

IMG_2520 Nous faisons un petit tour du village : les hommes et les femmes se lavent près de leur réserve d’eau, les enfants s’amusent en poussant un pneu avec un bâton ou font de  la luge sur une couronne de paille de riz… certains villageois terminent quelques briques, d’autres font sécher le maïs. Le soleil tombant, nous faisons quelques parties de cartes avec Wei Wei puis le repas-très généreux- est servi. Ensuite, Nala nous rejoint et nous essayons d’échanger un peu avec Wei Wei pour interprète. Eclairée par une barre de Led alimentée par un panneau solaire distribué gratuitement par la junte (bien plus efficace que n’importe quelle campagne électorale…), la pièce est plongée dans l’obscurité. Puis arrive Ulaw, le mari de Nala, qui rentre de la ville où il est allé vendre ses récoltes. Nous passons un super moment avec lui, il est drôle, baragouine quelques mots de français, et nous essayons d’en faire autant dans son langage. UlawNala et Ulaw ne savent ni lire ni écrire, ils vivent de la terre et leur trois grandes filles suivront le même chemin même si elles, savent lire et écrire. On nait, on vit, on meurt au village… Nous passons une soirée merveilleuse, puis à 21h, tout le monde s’endort pour une nuit douloureuse et froide. Vers 4h du matin, Piu allume le feu dans la pièce d’à côté pour préparer le petit déjeuner. Je suis réveillée par l’odeur de fumée, l’air est vite irrespirable. Finalement, tout le monde revient à la vie, et le petit déjeuner Deluxe est servi. On se contente d’un brossage de dents dans la cour, Wei Wei me met du thanakha sur les joues, nous faisons quelques photos avec Nala et Ulaw avant de les quitter, un brin nostalgiques.

Entre Kalaw et Inle

IMG_2535       Nous voilà repartis dans les vallées brumeuses pour 5 heures de marche, les jambes et les pieds encore douloureux de la veille. Puis très vite la brume matinale laisse place à un soleil de plomb. Enfin, le lac se dessine au loin. Après une pause déjeuner plus qu’appréciée, une pirogue nous dépose à Naungshwe après 45 minutes de traversée.

IMG_2608 Que c’est beau : toutes ces maisons en bois sur pilotis, les jardins flottants où on cultive des légumes qui partiront dans tout le reste du pays, les montagnes tout autour et leur camaïeu de cultures, le ciel azur… C’est magique d’arriver ici de cette manière ! Fin de journée tranquille avant de découvrir le lac Inle plus en profondeur demain.

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       Le bateau taxi nous attend à 8h30 pour une virée jusqu’à 16h. Nous commençons par le marché de Maing Tawk, où il se vend beaucoup moins de produits frais que de souvenirs en tout genre. Mais l’artisanat local est plutôt intéressant, et c’est parti pour une séance de marchandage.

Lac InlePour le reste du programme, visite de ferronnerie, d’ateliers d’orfèvrerie, de tissage, de fabrique de cheeroots. Puis nous traversons les jardins flottants, avant de terminer par la visite du monastère Nga Phe Chaung construit sur pilotis, tout en teck. Vieux de 150 ans, il est magnifique ! Puis nous regagnons la terre ferme, pour une soirée calme.

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Début de journée tranquille, puis un peu de travail avant d’aller à Taunggyi pour la grande fête des ballons. C’est en fait le point d’orgue du festival des donations. A une heure du lac Inle, dans la montagne, un immense festival est organisé, aux allures de Foire du Trône, mais puissance 4. Pas beaucoup de manèges, mais des centaines de stands de toutes sortes, genre « lancé de balles en mousse sur des canettes de coca », de la musique hurlante et une foule si dense qu’il a fallu s’en extirper à plusieurs reprises, en s’abritant chez le premier vendeur de bonnets venu… Attention aux mouvements de foule ! Finalement, on a choisi de se poser à une table pour boire un verre et manger un bout, en attendant le décollage des ballons, truffés de feux de Bengale, tirés vers le sol et donc très dangereux ! Finalement, nous verrons décoller 3-4 ballons décorés de sponsors luminescents sans grand intérêt (mais ce n’est que notre avis…). Il faut imaginer un immense terrain pouvant accueillir des manèges, des stands, plus de 200000 personnes au pifomètre, des gens entassés par terre sur des nattes qui viennent de tout le Myanmar pour assister à cette fête. Nous ne parlerons que rapidement des toilettes qui n’ont pour seul mérite que celui d’exister, mais en faire silence reviendrait à ne relater qu’une partie des évènements, et on ne peut pas vous faire ça 😉 . Pour ne pas heurter les plus sensibles, nous vous dirons seulement que l’utilisation de chaux vive y est largement répandue, mais pas toujours efficace… Bref, nous repartons déçus, groggy, un peu barbouillés par cette dernière et étrange soirée à Inle.

IMG_2775Mandalay nous attend après une journée de route. Le lendemain, nous partons pour la journée visiter les 4 anciennes cités royales, situées autour de Mandalay, que sont Amarapura, Mingun, Sagaing, et Inwa, Mandalay ayant été la dernière des capitales royales. En attendant l’heure du déjeuner des moines auquel nous voulons assister, nous passons rapidement voir un atelier-boutique de sculpture sur bois, puis les frappeurs d’or, qui tapent à longueur de journée, avec des masses de 3 kilos, sur des clapets qui renferment les feuille d’or, jusqu’à obtenir une finesse d’ 1 :10ème de millimètre, avant de servir à recouvrir les Bouddhas du pays. Ensuite, nous allons découvrir la pagode Mahamuni à Mandalay, dont le Bouddha est littéralement boursouflé sous les monceaux de feuilles d’or qui recouvrent son corps, mais seuls les hommes ont le privilège d’aller en déposer. La pagode est belle et la visite agréable. IMG_2758Puis nous rejoignons Amarapura et le monastère Mahagandhayon, pour assister au petit déjeuner des moines, qui prennent leur unique repas de la journée à 10h15. Il y a 1700 moines dans ce monastère, et les voir défiler dans le calme absolu pour aller s’asseoir avec leur timbale remplie de nourriture dans l’immense réfectoire est assez émouvant. Tous ces hommes et enfants, tout vêtus de rouge, inspirent le respect et dégagent une sérénité bienfaisante. Mais le flot de touristes, dont nous faisons partie, gâche un peu la magie du rituel, et nous ne nous sentons pas complètement à notre place. Mingun Nous rejoignons Mingun, où nous grimpons sur l’immense pagode inachevée qui aurait dû trôner sur les rives de l’Irrawaddy à plus de 150 mètres de haut, mais du haut de ses 50 mètres, elle offre déjà un très beau panorama sur ce fleuve enchanteur. Puis, pas loin de là, nous allons voir la grande cloche de Mingun. SagaingNous rejoignons ensuite Sagaing, sa pagode U Ponya et son beau panorama sur toute la vallée de l’Irrawaddy et les collines alentours. Ensuite, nous prenons un petit bateau pour traverser un petit affluent du fleuve, avant de débarquer à Inwa, qui a remporté nos faveurs! Nous grimpons dans nos calèches bringuebalantes, pour découvrir ce très beau village hors du temps.

IMG_2813 Inwa (Maha Aung)Nous visitons deux monastères de styles très différents, Maha Aung, construit en dur, mais très joli à cette heure où le soleil lui donne des teintes ocre jaune, et Bagaya, tout en teck sculpté, vraiment magnifique, où vit un seul moine qui donne quelques cours à des enfants défavorisés.

Inwa (Monastère Bagaya)Le monastère a près de 180 ans, et sous les craquements du bois, on sent planer la spiritualité… Nos calèches nous ramènent vers l’embarcadère, en traversant ce si beau village qui semble être resté à l’écart du monde. Puis nous repassons par Amarapura pour aller découvrir le pont U Bein, tout en teck, merveilleux au coucher de soleil, même si là encore, le tourisme a fait une entrée fracassante…Pont U bein

       Pour notre dernière journée à Mandalay, nous visitons l’ancien Palais Royal, détruit pendant la dernière guerre mondiale et reconstruit à l’identique.  Palais Royal  Puis, nous allons voir la maison du Roi Mindon devenue monastère. Tout en teck, c’est encore une merveille que nous prenons le temps de découvrir.Maison du Roi Mindon

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IMG_2931Ensuite, nous allons à l’étonnante pagode Kuthodaw où plus de 700 petits stupas abritent autant de stèles sur lesquelles est gravé le canon bouddhique dans son intégralité. C’est assez impressionnant ! Pour finir la journée, nous allons sur la colline de Mandalay, point de vue incontournable (et pas contourné d’ailleurs…) sur la ville au soleil couchant. IMG_2943C’est sur ces belles images que s’achève notre escale birmane. Le temps est passé bien vite ici, et même si nous sommes heureux de poursuivre notre chemin vers l’inconnu, le Myanmar nous a offert de vrais moments de bonheur, et nous gardons dans un coin de notre tête qu’il recèle encore bien des trésors à découvrir.

        Demain, nous rejoindrons Tachileik en avion, à la frontière thaïlandaise, puis nous passerons la nuit à Mae Sai, côté thaï, avant de rejoindre Chiang Kong en taxi, point de passage vers Huay Xai, au Laos. Nous passerons 4 postes frontières sans encombre (sortie Birmanie, entrée Thaïlande, sortie Thaïlande, entrée Laos) avant de nouvelles escapades laotiennes, mais ça, c’est une autre histoire… !

Myanmar: de Yangon à Bagan (13 jours)

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        Après une journée de transport pour rejoindre Yangon via Bangkok, nous avons pris un taxi pour rejoindre notre hôtel miteux. Mr Ayé Ko, le chauffeur de taxi, nous propose ses services pour nous faire visiter Yangon le lendemain. La chaleur est étouffante, on dégouline… Nous visitons d’abord la pagode Botataung dans laquelle se trouverait un cheveu de Bouddha. Sous le stupa doré, d’étroits couloirs se succèdent, aux coins desquels des fidèles se prosternent pour prier. Partout, des boîtes transparentes laissent apparaître des monceaux de billets déposés par les visiteurs. Il paraît que les Birmans donnent en moyenne 30% de leurs maigres revenus aux temples. Et puis, il y a cette petite pièce vitrée, qui abrite le cheveu de Bouddha, devant laquelle les Birmans s’agenouillent pour méditer quelques instants, les yeux fermés, les maintes jointes, en récitant à voix basse leur prière. Le taxi nous emmène ensuite à quelques dizaines de kilomètres de Yangon, voir une pagode construite sur un îlot, au milieu de la rivière. Nous prenons un petit bateau pour atteindre la pagode. C’est agréable, sans plus. Mais la visite a le mérite de nous donner un premier aperçu de la nature birmane, exubérante.Flotting Pagoda

Tout au long du trajet, nous découvrons les maisons sur pilotis, construites en bambou tressé et en feuilles de palmier, où la vie familiale s’organise dans une seule et même pièce, ouverte sur l’extérieur. Sur les motos, on monte à deux ou trois, parfois avec le dernier né de quelques mois. Les femmes, le visage recouvert de thanakha (une pâte blanchâtre obtenue à partir de l’écorce de l’arbre à thanakha, qui protège du soleil), montent en amazone, leurs longs cheveux d’ébène au vent. Partout, de petites gargotes où les gens s’attablent, au bord de la route. Nous voilà au Myanmar, et c’est le moment pour nous de tout réapprendre : une nouvelle langue, une nouvelle monnaie, d’autres habitudes de vie, un nouveau rapport au temps…

Retour à Yangon où nous allons visiter le musée des pierres précieuses, le sol birman étant un des plus riches du monde en pierre précieuses et semi-précieuses. Elles y sont presque toutes présentes.

Après une pause déjeuner, Ayé Ko nous emmène faire un tour au marché Bogyoke, un marché couvert où on trouve un peu de tout : artisanat, pierres précieuses, laques, vêtements… Mais en ce jour d’élections, si important puisque ce sont les premières élections libres depuis 1990, de nombreuses boutiques sont restées fermées. Le ciel devient sombre. Nous rentrons à l’hôtel juste avant que des pluies diluviennes s’abattent sur la ville.

          Pagode Shwedagon Pagode Shwedagon Aujourd’hui, la grande pagode Shwedagon nous attend. Il fait une chaleur étouffante. Le sol brûle nos pieds nus, dès que nous ne marchons pas sur les grandes dalles blanches. L’immense stupa recouvert de feuilles d’or se dresse au milieu du temple, majestueux. Frappé par le soleil, il brille tant et plus qu’on a du mal à le regarder sans être ébloui. Tout autour, de petits temples et autres petites pagodes, tout aussi dorés, des effigies de Bouddha de toutes tailles, arborant toujours son imperceptible sourire de plénitude. Des offrandes, bananes, noix de coco, fleurs fraîches, sont déposées un peu partout. Visite éblouissante.

Pagode Shwedagon

Nous nous faisons déposer en taxi près de la pagode Sule, puis nous errons dans les rues de Downtown. Dans les ruelles aux façades décrépites, nous nous immisçons dans la vie locale. Partout le sol est maculé de tâches rougeâtres, stigmate omniprésent des crachats de bétel. Ici, on chique beaucoup, et on crache tout autant… Les sourires abîmés, et les dents noircies par la chique en sont le criant témoin ! Yangon DowntownNous traversons un marché local, où l’on trouve un peu de tout…Il faut toujours aussi chaud, nous sommes en nage. Nous continuons notre marche après une pause déjeuner, puis passons dans une agence de voyage pour prendre nos billets d’avion afin de relier Mandalay et Tachilek (à la frontière thaïlandaise) pour de rejoindre le Laos, cette zone étant interdite au tourisme. Le ciel devient noir, comme la veille ; nous rentrons à l’hôtel avant le déluge, pour une fin d’après-midi studieuse.

 IMG_1857            Ayé Ko vient nous chercher à 4h30 du matin, pour nous emmener à la gare routière, située à 1h00 de Yangon. Les rues s’animent déjà, les échoppes accueillent leurs premiers clients, les gens s’entassent dans les pick-up déjà bondés. Nous traversons le marché aux poissons, en circulant au pas comme pour mieux voir le va-et-vient des camelots déchargeant leurs grands paniers tressés débordants de poissons, dans la nuit éclairée aux néons. Nous prenons notre bus climatisé, enfin… à l’origine, pour un périple de 7 heures entre Yangon et Chaunghtha Beach, sur la côte ouest. Au départ, le bus était plein, puis il a continué à se remplir au fil du trajet. Dans l’allée centrale, on installe les derniers passagers sur de petits tabourets en plastique, le contrôleur circule dans le bus en grimpant pieds-nus sur les accoudoirs pour aller chercher son dû ! Nous savions que les transports étaient compliqués au Myanmar, et nous en prenons maintenant toute la mesure. La route est belle malgré tout, et la végétation incroyable.Chaunghtha Beach

Nous arrivons enfin à Chaunghtha en début d’après midi, où un gars de l’hôtel nous attend. Nous voyons débouler 4 scooters sur lesquels nos sacs sont chargés aux pieds des conducteurs, et chacun de nous à l’arrière. Regards étonnés et joyeux des enfants… Nous rejoignons l’hôtel cheveux au vent ! Nous découvrons nos adorables bungalows plantés au milieu des bananiers, et nous filons à pied à la plage en contrebas. Elle est immense et surtout déserte ! L’eau est vraiment chaude et nous nous éclatons dans les vagues pendant un long moment. Les enfants rient à gorge déployée, ils sont au paradis. Quel bonheur de les voir aussi heureux… David et moi marchons un peu jusqu’au stupa au bout de la plage. Ca va être vraiment chouette de se pauser quelques jours ici.

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            Le lendemain, nous louons des scooters pour aller découvrir une autre plage, celle de Ngwe Saung. Nous traversons les rues de Chaunghtha, puis nous nous enfonçons dans les petits villages, où nous voyons les gens vivre, simplement. Nous passons des routes à des chemins de terre, nous roulons sur les plages désertes, repassons des chemins bordés de cocotiers, de maisons en bambou. Que c’est beau ! Puis nous arrivons au premier point de traversée, car c’est ici, dans la région des deltas, que se jette l’Irrawady, en une multitude de cours d’eau. Arrivés dans petit village de pêcheurs, nous attendons le bateau qui nous fera traverser. Pendant ce temps, autour de nous, on travaille le bambou, on le coupe, on l’assouplit, en fumant un cheeroot.

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Le bateau arrive, et il faut charger toutes les motos, une dizaine, en roulant sur une étroite passerelle en bois. Les motos disposées dans le sens de la descente, les passagers se calent là où ils peuvent. Puis nous traversons le premier cours d’eau, au milieu des regards, des sourires, de la vie birmane. Arrivés de l’autre côté, nous roulons sur de superbes plages totalement désertes. Seuls les crabes rouges traversent dangereusement devant nous… Parfois il faut quitter la plage et contourner par de petits chemins sablonneux, à l’ombre de la végétation tropicale. Nous sommes émerveillés. Après avoir passé deux autres cours d’eau sur de petits bateaux en bois ne pouvant accueillir que 5 motos, et appris aux enfants à conduire sur la plage (vous imaginez la banane ;-)), nous arrivons à Ngwe Saung. La plage est vraiment splendide, même si le village a vu poussé bien trop de resorts, ce qui sera sûrement la grande problématique de toute la côte birmane dans les années à venir… Nous sirotons une eau de noix de coco, avant de se jeter à l’eau et de s’éclater dans les rouleaux.

Ngwe Saung

Mais il faut déjà repartir, les bateaux ne traversent que jusqu’à 17h30. Nous faisons le chemin inverse, la mer s’est encore retirée davantage, et par endroit, la mangrove laisse apparaître ses racines tentaculaires. Au retour, la marée basse nous permet de traverser toute la plage de Chaunghtha, très populaire. Les birmans jouent au ballon, se baladent à cheval ou à zèbre (si, si, ils ont domestiqué des zèbres qui semblent être croisés avec des chevaux, c’est très beaux, on a pas de photos, c’est dommage…). Nous longeons les maisons qui ont les pieds au sec à cette heure-ci, en se délectant de ses moments merveilleux. Nous rentrons à l’hôtel heureux de cette excellente journée, la peau rougie par le soleil et des souvenirs plein la tête.

            Les deux jours suivants, nous restons dans les environs de l’hôtel, calmes et peu fréquentés, pour simplement profiter de la plage et de cette tranquillité, sans wifi, sans électricité en journée, nous sommes en pleine digital detox… ! Nous faisons connaissance de Géraldine et Victoire, deux jeunes françaises, qui viennent de terminer leurs études et font un voyage de 3 mois avant de se mettre en quête de travail. Quelle jolie rencontre ! Nous échangeons quelques infos sur le Myanmar et l’Indonésie, avant que nos chemins prennent des directions différentes : Bagan pour nous, la Nouvelle–Zélande pour elles. Bon voyage, les filles, profitez à fond et prenez soin de vous. Vous nous raconterez, hein ?

                Puis nous quittons Chaughtha à 4h30 du matin, pour 2 heures de taxi, et 7 heures de mini bus… Nous arrivons à Pyay, ville étape jusqu’à Bagan, fourbus, tout ankylosés. Nous retrouvons le wifi, et très vite Maé nous apprend qu’il s’est passé quelque chose de très grave à Paris ce vendredi 13 novembre 2015. Nous découvrons l’horreur peu à peu, au rythme d’un wifi capricieux et sporadique. Les infos nous parviennent au compte-goutte, en désordre, et il nous faudra plusieurs jours pour prendre toute la mesure de ces évènements atroces. Nous pensons à toutes ces innocentes victimes et à leur famille, à vous tous, à la France toute entière qui coule dans nos veines, en espérant que la meilleure réponse reste le bonheur, la liberté, la vie… Tout ces récits de voyage paraissent bien dérisoires maintenant, mais je me dis qu’ils vont permettront peut-être de vous évader un peu… Et rien que pour ça, ça vaut le coup de continuer !

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          Nous voilà repartis pour Bagan, la vallée aux 2OOO temples. Le trajet est encore compliqué dans un bus soit disant de nuit. En fait ce bus de nuit-là, il arrive la nuit, à 2h30 du matin… Remarque, oui, vu comme ça, ça marche aussi, « bus de nuit ». Pendant le trajet, nous avons droit à une bonne série B de type Hélène et les garçons, façon birmane. Ca occupe… Réveillés en sursaut au milieu de nulle part, il faut finir la nuit dans le lobby de l’hôtel, jusqu’à 6 heures du matin… Plus aurait relevé de l’exploit yogi !

IMG_2168 Bagan

Comme les chambres ne sont prêtes qu’à 14 heures, nous louons deux mobs électriques et nous partons arpenter les routes et les chemins de Bagan, en se perdant dans le labyrinthe des temples anciens. Pendant 4 jours, nous nous régalons de ces ballades, du lever de soleil, lorsque des dizaines de montgolfières s’élèvent doucement au-dessus des temples et viennent moucheter le ciel, au coucher de soleil sur le fleuve Irrawadi, lorsque les temples prennent leur couleur orangé. 4 jours à découvrir les pagodes avec l’instinct pour seule boussole, à se laisser surprendre par d’immenses Bouddha gracieux, à admirer les fresques délavées par le temps ou reproduites par passion. IMG_2263 IMG_2218 4 jours pour découvrir le travail minutieux de la laque, pour arpenter le marché et en prendre plein les sens, pour aller à la rencontre des rouleuses de cheeroots, avec toujours le sourire en partage. Ici, la douceur plane comme un voile qui enrobe toute chose, et ça fait du bien ! Prenez-en encore un peu…

Bagan

Regards sur l’Inde

IMG_0861Un mois s’est écoulé depuis notre départ, et notre séjour en Inde est déjà derrière nous. A postériori, nos impressions sont très positives malgré certains aspects qui peuvent être rebutants. Sans faire de long discours, voici les plus et les moins de cette première étape. Mais ce n’est là que notre regard, personnel donc…

LES PLUS:

  • le peuple avant tout, gentil, accueillant, jamais agressif.
  • la culture : les codes vestimentaires, les différentes religions, les castes, les Maharajas, les Moghols, la colonisation, Gandhi… L’Inde est un pays complexe que nous n’avons qu’effleuré, mais le peu de ce qu’elle nous a raconté nous a séduit.
  • la nourriture : paratha, naan, chapati, paneer, seek kabab, daal, butter chicken, lassi, thali, chicken tikka, byriani, raita… Quel régal ! C’est toujours un plaisir de passer à table en Inde, et nous n’avons jamais vraiment mal mangé. Mais c’est sûr qu’il vaut mieux aimer la cuisine épicée.
  • les forts et les temples dans le Rajasthan, car même si nous en avons visité beaucoup, ils ont tous leur charme et leur particularité.
  • la douceur de vivre et le calme relatif du Kerala, où nous avons trouvé les gens plus agréables encore que dans le Nord, et la cuisine meilleure aussi.
  • Shaadi avec qui nous avons passé 3 semaines, et qui nous a appris pas mal de choses. Nous n’oublierons pas son anglais-franco-penjabi, ses expressions toutes faites, ses méditations matinales en voiture, ses turbans colorés et sa zénitude légendaire.

LES MOINS:

  • le bruit permanent et surtout les klaxons.
  • la saleté qui est partout, à laquelle se rajoutent les bouses de vaches qui jonchent les rues, mais on finit par faire avec.
  • même si nous le savions en y allant, et sans prétendre qu’il puisse y avoir de niveaux de misère plus supportables que d’autres, celle que nous avons vue par endroit  et notamment à Delhi fait froid dans le dos.
  • les sollicitations permanentes et insistantes, pour tout et n’importe quoi.
  • les regards insistants qui peuvent mettre mal à l’aise parfois.

Finalement, nous nous sommes très vite acclimatés dans ce vaste pays si singulier. Pour les enfants, les moins ont sans doute pris un peu plus de place que les plus, mais le temps fera son œuvre, et pour nous parents, ce mois en Inde n’a été que du bonheur, nous n’en espérions pas tant de leur part. L’Inde était une phase importante du voyage, et ils l’ont traversée à merveille…

A Bundi, un homme nous a dit : l’Inde, c’est comme la cigarette : la première fois, ça n’est pas très bon, mais quand on a commencé, on ne peut plus s’en passer. Et je crois qu’il a dit vrai !

Ce petit mot était aussi prétexte à vous redire combien nous sommes heureux de partager cette aventure avec vous, de lire vos commentaires, et d’avoir l’impression que tous ceux que nous aimons sont ici, sur ce blog. Quelle chance nous avons de vous avoir ! Vous avez bien mérité une petite vidéo. A bientôt pour de nouvelles aventures birmanes, et la suite de ce Wonderful Worlwide Tribe Trip:-)

De Bundi à Delhi (13 jours)

IMG_1672Nous reprenons la route pour Udaipur via Bijaipur où nous passons la nuit. Sur le chemin, nous traversons de très jolis paysages. C’est un vrai plaisir de regarder les paysans labourer la terre avec leurs buffles, les femmes porter les fagots de bois ou les réserves d’eau potable sur leur tête, le long de la route, les enfants ébouriffés et poussiéreux qui jouent dans les cahutes.IMG_1217 Ici, pas de voiture ou presque, quelques motos au mieux, mais des vaches et des chèvres menées à la baguette par de vieilles bergères en sari. Dans les petites parcelles de terre rouge, on fait pousser le riz, la canne à sucre, ou le blé. A l’heure du déjeuner, on voit les jeunes filles apporter le repas aux paysans restés dans les champs. Le trajet défile, de village en village, avec ces minuscules maisons en pierres sèches et aux toits de branchages. A notre passage, certains nous regardent, surpris, d’autres nous offrent un sourire, certains enfants agitent la main en criant des « Hello » ! Ici, la vie a l’air plus douce qu’ailleurs, loin du tumulte des grandes villes indiennes ; chacun semble remplir son rôle, et le travail est l’affaire de tous, même des anciens. Ici, la retraite ne peut être que spirituelle.

Shiva Temple

Avant d’arriver à Bijaipur pour la nuit, nous visitons un vieux temple dédié à Shiva. Encore un petit bijou perdu au milieu de nulle part.

Juste le temps pour moi d’adopter une petite bactérie locale, et nous repartons vers Udaipur. Encore quelques heures de route, en traversant toujours cette jolie région agricole. Nous nous arrêtons visiter le Fort de Chittorgarh,en cours de restauration car il est très abîmé, sa tour, son temple, son réservoir, et toujours ces colosses en pierre taillée, recouverts de minuscules détails, ça reste un plaisir à regarder.

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Puis Shaadi nous arrête casser la croûte dans un boui-boui en bord de route. Souvenir mémorable. Arrivée à Udaipur dans un haveli un peu glauque, mais avec un beau toit-terrasse, où nous passerons le plus clair de notre temps.

La classe

La vue sur le lac est superbe, sur la rive opposée on devine les femmes qui font leurs ablutions sur le ghat, comme les hommes, qui eux y viennent à l’aube. Un peu plus loin, l’immense palais domine le lac du haut de ses larges façades ocre jaune. Voilà le décor qui servira de salle classe aux enfants pendants 3 jours… C’est peut-être pour ça qu’on est en retard ?

Udaipur

Première journée à Udaipur : nous nous promenons un peu en ville, croisons nos french girls rencontrées à Bundi et tapons un peu la causette ; puis nous allons visiter le palais. Enfin, surtout David et Pablo, car Maé et moi avons raté l’essentiel… Bref ! Ensuite, nous avons déambuler autour de Clock Tower et ses ruelles marchandes, avant de faire une pause déjeuner assis en tailleur au bord du lac. Repas qui fera le bonheur de ma petite bactérie.

Le lendemain, David et les enfants vont visiter un jardin avec Shaadi, et rentrant, clac ! David se fait un bon petit tour de reins. Résultat des courses : le séjour à Udaipur ne nous a pas été très profitable! Ca, c’est fait…

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Allez, c’est reparti pour Ranakpur via Kumbalgarh où nous visitons… ? Le Fort ! Bien ! Y’en a qui suivent… David est en deux, ou en un seul morceau tout raide. J’en mène pas large non plus… Mais là encore, la région du Mewar que nous traversons est vraiment belle. Plus montagneuse, plus verte, la vie paysanne nous offre de belles scènes de vie. On ne se lasse pas de ces images qui défilent sous nos yeux, avec le CD de méditation matinale de Shaadi en bande son, et le parfum d’encens qu’il brûle chaque matin dans la voiture avant de nous récupérer… Le fort de Kumbalgarh est l’un des seuls que les Moghols n’ont pas réussi à assiéger, mais l’intérieur est d’un intérêt limité, même s’il permet de prendre la mesure de l’immensité du site : la muraille qui encercle le Fort serait la 3ème plus grande du monde. Nous arrivons ensuite à Ranakpur où nous passons la nuit. Nous allons visiter un temple Jaïn vraiment magnifique, entièrement taillé dans le marbre. Il y a là plus de 1400 colonnes, toutes ciselées de manière différente. C’est magnifique !

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Le lendemain, la route nous mène jusqu’à Jodhpur la Bleue. Lessive et travail dans un charmant petit haveli loin de l’agitation et dîner de Rajas (rois) préparé par la maîtresse de maison. Seule ombre au tableau, le petit gamin qui nous servira pendant 2 jours n’a pas vraiment l’air de faire partie de la famille…

Fort de JodhpurA Jodhpur, visite du…? Fort, très bien ! Un des plus jolis pour nous. Et ballade dans la vieille ville, près de la Clock Tower, au cœur du bazar, des motos, des chiqueurs de bétel, des crachats, des klaxons, des regards insistants, des sollicitations en tout genre : tout ce que les enfants adorent 😦

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Le soir, nous dînons à l’hôtel avec deux Françaises avec qui nous parlons voyage. C’est toujours agréable !

Temple Jaïn OsyanLongue journée de route pour Jaisalmer. Nous faisons juste une courte visite au temple Jaïn de Osyan, où une vache a tenté d’encorner David : elle a décelé en lui le torero qui s’ignore. Faut dire qu’il a essayé de lui passer devant, et ça, en Inde, les vaches elles aiment pas trop !!! Puis pause déjeuner dans un restaurant de bord de route, où une nuée de guêpes nous attendait à l’accueil… Pas grand chose de plus sur la route, hormis quelques cultures de coton et de cacahuètes, 2-3 gazelles et une famille d’oiseaux migrateurs au bord d’un lac, des hérons cendrés peut-être ?

IMG_1538 IMG_1542Nous consacrons la matinée suivante à la visite de la citadelle, habitée cette fois, et du Patwon Haveli.

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Les couleurs de Jaisalmer sont magnifiques, toute la ville est construite avec cette pierre ocre jaune à laquelle le soleil donne des reflets mordorés. Dans l’après-midi, nous allons voir avec Shaadi un temple Jaïn au bord d’un lac, puis il nous emmène à Bada Bagh, visiter les chhatris où avaient lieu les crémations des Maharajas, jusqu’au coucher du soleil.

Bada Bagh

Le soir, nous avons voulu sortir de notre hôtel nauséabond et suivre les conseils de bad-trip-advisor, qui s’est avéré ce soir-là être de mauvais conseil, à moins d’être pris d’un irréprésible de manger coréen ; pourquoi pas remarque… Mais ça nous a donné l’occasion de prendre un rickshaw bollywoodien, qui poussait des « Oh ! » et des « Coooow ! » à chaque fois qu’il voyait une vache. On s’est fendu la poire pendant tout le trajet !

IMG_1648Nous passons la matinée au « Gem Past Hotel », puis nous allons déjeuner chez Monica, notre cantoche à Jaisalmer, avant notre Camel Safari in The Desert. Nous sommes seuls avec Anjana, une Indienne de Bangalore et notre chauffeur, Mr Soda. Après une heure de Jeep dans le désert du Thar, qui est plutôt une steppe à cette période de l’année, nous retrouvons nos deux Camel Men, et nos montures à bosse : Mickaël pour David, Mr Goma pour Maé, Mr India pour Moi, et… Marco pour Pablo (Marco, si tu nous regardes…) ! Au bout d’une heure à califourchon à surfer sur la bosse, nous sommes descendus, les jambes arquées, mais heureux !

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Là, les dunes exhibent leur formes généreuses aux rayons du soleil couchant ; nous nous y laissons glisser, rouler, nous les caressons de nos mains et de nos pieds nus, en laissant couler le sable fin entre nos doigts, une fois, dix fois, cent fois…en repoussant, de-ci, de-là des scarabées made in Starship Trooper… Nous entendons juste les clochettes de Marco & Co, qui broutent aux pieds des dunes. Le soleil s’évanouit doucement, laissant la place au crépuscule. Mr Soda nous emmène alors à 2-3 kms de là, voir un spectacle musique et danse en plein air, purement Rajasthani – qui, pour être véritable, doit se dérouler sous une nuée de criquets albinos en folie, sinon c’est du streaming… Mais sinon, les musiciens étaient vraiment bons, même si on aurait pu faire un peu plus court ! Allez, avant de partir, il serait bon d’aller au petit coin avant la nuit dans le désert. Mais ma traversée du désert, à moi, c’est de parcourir, tête baissée, les 15 mètres qui me séparent du lieu dit, sur lesquels les criquets ont formé un joli tapis blanc, sans compté leurs amis volant-sautant ; on aurait dit qu’on jetait des grains de riz, voire des sushis à mon passage… J’ouvre la porte, enfin, elle est là, et derrière… il neige des criquets, mais c’est la tempête, façon congère ! Je préfère les scarabées… Nous rentrons à nos dunes, Mr Soda et nos camel boys nous installent nos couches, là, sous un tapis d’étoiles. A chaque étoile filante, nous formulons de nouveaux vœux, attendant la prochaine jusqu’à ce que les yeux ne puissent plus lutter.

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Nous nous réveillons peu avant le soleil, nous l’attendons même un peu. Nous profitons encore un peu de lui, des dunes et du silence autour d’un tchai tea préparé au feu de bois, puis nous retrouvons nos dromadaires, pour rentrer à Jaisalmer. L’organisateur du safari nous prête une chambre pour prendre une bonne douche. Plus tard, nous prenons le train de nuit qui nous ramène vers Delhi.

La nuit sera bonne, cahin-caha… IMG_1749A l’approche de Delhi, les bidonvilles qui longent les voies ferrées donnent le vertige. A croire que tout ce que nous avions vu jusque-là n’était qu’un aperçu. L’esprit se brouille. Après 18 heures de train, nous retrouvons Shaadi qui nous dépose à la ghesthouse. Chacun vaque à ses occupations, avant le départ pour la Birmanie demain. Mais ça, c’est une autre histoire.

De Delhi à Bundi (10 jours)

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Arrivés à New Delhi, nous faisons connaissance de Shaadi, notre chauffeur pour ces 3 semaines au Rajasthan. Sous son beau turban coloré se cache un homme discret, que nous allons apprendre à connaître. Il nous dépose à l’hôtel et comme la journée est bien entamée, nous allons juste faire un tour dans le bazar de Karol Bagh, qui est à quelques minutes à pieds de notre hôtel.  Les ruelles sont surchargées de piétons, de rickshaws, de motos, de voitures, de chiens errants, au point qu’à un croisement, l’étranglement est tel que plus rien ne bouge, même les passants ont du mal à se frayer un chemin… seule subsiste la cacophonie des klaxons, au point que deux hommes se plantent au milieu pour faire la circulation et désagréger le bouchon. La rue du bazar est aussi surchargée , une marée humaine se tortille dans tous les sens dans un corps à corps inévitable. Whaou! On lutte 2-3 fois contre des gars qui essayent de nous traîner dans leur boutique en faisant valoir que le bazar est dangereux, ils ont tous le même discours bien huilé. Nous continuons notre ballade – ou bagarre, on se sait plus – avant de prendre la tangente pour essayer de s’extirper de la fourmilière. Arrivée à Delhi réussie et journée d’intégration terminée.

Le lendemain, on part pour une découverte plus culturelle de Delhi, en voiture avec Shaadi. Sûr que la visite est plus sereine, mais la ville reste extravagante dans tous ses aspects. La misère, qui a élu domicile sous l’interminable pont du métro, le bruit, la foule, l’enfilade infinie des échoppes et marchands en tout genre, les fruits et les légumes qui colorent les rues, les saris des femmes, les odeurs de pisse et d’épices… tableau anarchique de 17 millions d’humains dans cette ville tentaculaire que nos yeux incrédules balayent obstinément. 

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Avec ce décor en toile de fond, et les jambes recouvertes d’un longyi, nous allons visiter la Mosquée de Delhi (Jama Masjid) la plus grande d’Inde. Une merveille. Une famille d’Indiens me demande de les prendre en photos et de toucher la petite dernière. Puis, le père revient vers Maé un peu plus tard pour qu’elle la touche à son tour et que je les prenne en photo toutes les deux. Pendant ce temps, David est en train est en train de se faire convertir par quelques jeunes et fervents musulmans.

265Puis nous nous baladons à l’extérieur du Fort rouge, déjà très beau, l’intérieur du Fort d’Agra étant plus intéressant d’après Shaadi, qui nous emmène ensuite au Tombeau de Yumayun, un très beau mausolée Moghôl.  Ensuite, visite des quartiers coloniaux Anglais, le palais présidentiel, les ministères, et le mémorial de Gandhi. 273

Comme Shaadi est Sikh et que nous lui posons beaucoup de questions sur sa religion, il nous emmène dans un temple Sikh à Delhi, haut en couleurs… Une belle expérience que nous n’aurions peut-être pas tentée sans lui! Shaadi n’est jamais plus loquace que lorsqu’on lui parle religion! 306

Le lendemain on arrive à Agra, après de longues heures de route. L’état de l’Uttar Pradesh, un des plus pauvres, n’est pas franchement accueillant: pauvreté, saleté, bâtiments croulants, l’eau qui croupit partout…Mais c’est l’Inde, et un autre de ses nombreux visages. En arrivant à Agra, la misère est plus cinglante qu’ailleurs, c’est une réalité!

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Nous visitons le Fort Rouge, magnifique lui aussi. Pour finir la journée, nous allons admirer la face arrière du Taj Mahal, côté rivière, à l’heure où le soleil se couche et les moustiques se lèvent… Demain, réveil à l’aube pour visiter le  Taj Mahal. 

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À 6h, la queue de touristes est déjà longue!!! Pas très utile finalement de se lever si tôt, puisque tout le monde est déjà là. Le temps de passer les filtres de sécurité, une épopée, il n’y avait plus personne dans la file d’attente. (Pour info, c’est sûrement dans les guides mais nous ne l’avions pas, exit la nourriture, les livres et autres journaux, les lampes torches…)

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Le mausolée est une pure merveille, sans aucun doute, et si l’on arrive à faire abstraction de l’afflux de touristes…C’est le prix à payer pour voir ces monuments d’exception! Et même s’il n’a pas suscité l’émotion espérée, il faut bien admettre que ce colosse de marbre blanc est d’une grande beauté! Et la lumière qui s’en dégage est unique.

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Après cette visite matinale, nous prenons la route pour Jaipur, via Fathepur Sikri, la capitale de l’Empire Moghol au XVIème siècle. Nous avons adoré ce site. Le palais et la mosquée sont magnifiques et ça reste à ce jour un de mes lieux préférés au Rajasthan.

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Après cette belle visite avec un jeune guide aux yeux de biche et les dents rougies par le bétel, nous avons dû lutter ferme pour décliner les sollicitations plus qu’insistantes des vendeurs ambulants qui nous attendaient à la sortie… Heureusement que les sourires de quelques gamines réclamant stylo et shampoing  sont arrivés à point nommé.

Toujours sur le chemin de Jaipur, nous nous sommes arrêtés à Abhaneri pour voir un superbe baori, un puits en escalier qui permettait de descendre au niveau de l’eau, plus ou moins haut selon les saisons. C’est assez hallucinant comme ouvrage.

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Le site conserve aussi de nombreux sous-bassements du temple Hindou voisin qui a été pillé par les Moghols au IXème siècle. Ce petit temple, bien qu’abîmé, est un petit bijou.

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Le lendemain nous visitons le Fort d’Amber (ancien nom de la ville de Jaipur). Encore un lieu très important pour les Hindous qui se pressent ici en masse. Il faut dire que nous sommes à quelques jours de la grande fête de Dussehra, et on sent monter l’effervescence partout où nous passons. Nous nous perdons dans les dédales du fort; encore un bon moment en famille. Les enfants n’ont jamais été aussi épanouis en voyage…

 

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Ensuite, nous avons visité le City Palace de Jaipur (bof…) et dejeuné dans un « boui-boui » (dixit Shaadi) de bonne facture. On aurait aimé déambulé un peu plus dans la ville, le bazar, les quartiers populaires de la ville rose…

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Arrivés à Pushkar le lendemain, nous n’avons pas eu le temps de faire grand chose. Visite du temple de Brama, et rituel hindou au bord du lac en répétant les mots magiques de notre « gourou ». Ensuite nous retrouvons Shaadi pour la fête de Dussehra, cérémonie pendant laquelle on brûle d’immenses statues de papier à l’effigie du démon Ravana. Nous n’avons pas eu de coup de coeur pour Pushkar.

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Le jour suivant, nous avons rejoint Bundi via Ajmer et sa  mosquée. Un vendredi, la rue principale était archi-bondée, comme la mosquée elle-même, et nous n’avons pas trop compris l’intérêt de cette visite. Sans parler du nombre d’estropiés que nous avons vus ce jour-là dans les rues de la ville, c’était dur!

L’arrivée à Bundi a été comme une bouffée d’air frais. Entourée de 3 lacs, il règne ici un calme certain comparé à tout ce que nous avons vu jusque-là. Rien d’autre à faire que de déambuler dans les ruelles de ce gros village et de visiter l’ancien palais encerclé par le fort.

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Le site est très abîmé, mais nous avons adoré cette ballade avec David. Nous avons laissé les enfants souffler un peu ce jour-là, puis David est allé se faire couper les douilles chez le coiffeur du coin, il est rentré tout sourire, avec de nouveaux copains, et un massage du crâne en prime… Moi, j’ai copiné avec  un des artistes- peintre de village, puis nous avons pris un cours de cuisine qui n’en avait que le nom, mais c’était pas mal même si nous n’avons pas touché un couteau. Nous avons aussi rencontré 3 femmes françaises bien sympas avec qui nous avons dîner le soir. Le reste, nous l’avons consacré à rattraper le travail en retard, faire un peu de lessive, et profiter ce cette pause salvatrice. We love Bundi.

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