Arrivés à New Delhi, nous faisons connaissance de Shaadi, notre chauffeur pour ces 3 semaines au Rajasthan. Sous son beau turban coloré se cache un homme discret, que nous allons apprendre à connaître. Il nous dépose à l’hôtel et comme la journée est bien entamée, nous allons juste faire un tour dans le bazar de Karol Bagh, qui est à quelques minutes à pieds de notre hôtel. Les ruelles sont surchargées de piétons, de rickshaws, de motos, de voitures, de chiens errants, au point qu’à un croisement, l’étranglement est tel que plus rien ne bouge, même les passants ont du mal à se frayer un chemin… seule subsiste la cacophonie des klaxons, au point que deux hommes se plantent au milieu pour faire la circulation et désagréger le bouchon. La rue du bazar est aussi surchargée , une marée humaine se tortille dans tous les sens dans un corps à corps inévitable. Whaou! On lutte 2-3 fois contre des gars qui essayent de nous traîner dans leur boutique en faisant valoir que le bazar est dangereux, ils ont tous le même discours bien huilé. Nous continuons notre ballade – ou bagarre, on se sait plus – avant de prendre la tangente pour essayer de s’extirper de la fourmilière. Arrivée à Delhi réussie et journée d’intégration terminée.
Le lendemain, on part pour une découverte plus culturelle de Delhi, en voiture avec Shaadi. Sûr que la visite est plus sereine, mais la ville reste extravagante dans tous ses aspects. La misère, qui a élu domicile sous l’interminable pont du métro, le bruit, la foule, l’enfilade infinie des échoppes et marchands en tout genre, les fruits et les légumes qui colorent les rues, les saris des femmes, les odeurs de pisse et d’épices… tableau anarchique de 17 millions d’humains dans cette ville tentaculaire que nos yeux incrédules balayent obstinément.
Avec ce décor en toile de fond, et les jambes recouvertes d’un longyi, nous allons visiter la Mosquée de Delhi (Jama Masjid) la plus grande d’Inde. Une merveille. Une famille d’Indiens me demande de les prendre en photos et de toucher la petite dernière. Puis, le père revient vers Maé un peu plus tard pour qu’elle la touche à son tour et que je les prenne en photo toutes les deux. Pendant ce temps, David est en train est en train de se faire convertir par quelques jeunes et fervents musulmans.
Puis nous nous baladons à l’extérieur du Fort rouge, déjà très beau, l’intérieur du Fort d’Agra étant plus intéressant d’après Shaadi, qui nous emmène ensuite au Tombeau de Yumayun, un très beau mausolée Moghôl. Ensuite, visite des quartiers coloniaux Anglais, le palais présidentiel, les ministères, et le mémorial de Gandhi. 
Comme Shaadi est Sikh et que nous lui posons beaucoup de questions sur sa religion, il nous emmène dans un temple Sikh à Delhi, haut en couleurs… Une belle expérience que nous n’aurions peut-être pas tentée sans lui! Shaadi n’est jamais plus loquace que lorsqu’on lui parle religion! 
Le lendemain on arrive à Agra, après de longues heures de route. L’état de l’Uttar Pradesh, un des plus pauvres, n’est pas franchement accueillant: pauvreté, saleté, bâtiments croulants, l’eau qui croupit partout…Mais c’est l’Inde, et un autre de ses nombreux visages. En arrivant à Agra, la misère est plus cinglante qu’ailleurs, c’est une réalité!
Nous visitons le Fort Rouge, magnifique lui aussi. Pour finir la journée, nous allons admirer la face arrière du Taj Mahal, côté rivière, à l’heure où le soleil se couche et les moustiques se lèvent… Demain, réveil à l’aube pour visiter le Taj Mahal.
À 6h, la queue de touristes est déjà longue!!! Pas très utile finalement de se lever si tôt, puisque tout le monde est déjà là. Le temps de passer les filtres de sécurité, une épopée, il n’y avait plus personne dans la file d’attente. (Pour info, c’est sûrement dans les guides mais nous ne l’avions pas, exit la nourriture, les livres et autres journaux, les lampes torches…)
Le mausolée est une pure merveille, sans aucun doute, et si l’on arrive à faire abstraction de l’afflux de touristes…C’est le prix à payer pour voir ces monuments d’exception! Et même s’il n’a pas suscité l’émotion espérée, il faut bien admettre que ce colosse de marbre blanc est d’une grande beauté! Et la lumière qui s’en dégage est unique.

Après cette visite matinale, nous prenons la route pour Jaipur, via Fathepur Sikri, la capitale de l’Empire Moghol au XVIème siècle. Nous avons adoré ce site. Le palais et la mosquée sont magnifiques et ça reste à ce jour un de mes lieux préférés au Rajasthan.
Après cette belle visite avec un jeune guide aux yeux de biche et les dents rougies par le bétel, nous avons dû lutter ferme pour décliner les sollicitations plus qu’insistantes des vendeurs ambulants qui nous attendaient à la sortie… Heureusement que les sourires de quelques gamines réclamant stylo et shampoing sont arrivés à point nommé.
Toujours sur le chemin de Jaipur, nous nous sommes arrêtés à Abhaneri pour voir un superbe baori, un puits en escalier qui permettait de descendre au niveau de l’eau, plus ou moins haut selon les saisons. C’est assez hallucinant comme ouvrage.
Le site conserve aussi de nombreux sous-bassements du temple Hindou voisin qui a été pillé par les Moghols au IXème siècle. Ce petit temple, bien qu’abîmé, est un petit bijou.
Le lendemain nous visitons le Fort d’Amber (ancien nom de la ville de Jaipur). Encore un lieu très important pour les Hindous qui se pressent ici en masse. Il faut dire que nous sommes à quelques jours de la grande fête de Dussehra, et on sent monter l’effervescence partout où nous passons. Nous nous perdons dans les dédales du fort; encore un bon moment en famille. Les enfants n’ont jamais été aussi épanouis en voyage…
Ensuite, nous avons visité le City Palace de Jaipur (bof…) et dejeuné dans un « boui-boui » (dixit Shaadi) de bonne facture. On aurait aimé déambulé un peu plus dans la ville, le bazar, les quartiers populaires de la ville rose…
Arrivés à Pushkar le lendemain, nous n’avons pas eu le temps de faire grand chose. Visite du temple de Brama, et rituel hindou au bord du lac en répétant les mots magiques de notre « gourou ». Ensuite nous retrouvons Shaadi pour la fête de Dussehra, cérémonie pendant laquelle on brûle d’immenses statues de papier à l’effigie du démon Ravana. Nous n’avons pas eu de coup de coeur pour Pushkar.
Le jour suivant, nous avons rejoint Bundi via Ajmer et sa mosquée. Un vendredi, la rue principale était archi-bondée, comme la mosquée elle-même, et nous n’avons pas trop compris l’intérêt de cette visite. Sans parler du nombre d’estropiés que nous avons vus ce jour-là dans les rues de la ville, c’était dur!
L’arrivée à Bundi a été comme une bouffée d’air frais. Entourée de 3 lacs, il règne ici un calme certain comparé à tout ce que nous avons vu jusque-là. Rien d’autre à faire que de déambuler dans les ruelles de ce gros village et de visiter l’ancien palais encerclé par le fort.
Le site est très abîmé, mais nous avons adoré cette ballade avec David. Nous avons laissé les enfants souffler un peu ce jour-là, puis David est allé se faire couper les douilles chez le coiffeur du coin, il est rentré tout sourire, avec de nouveaux copains, et un massage du crâne en prime… Moi, j’ai copiné avec un des artistes- peintre de village, puis nous avons pris un cours de cuisine qui n’en avait que le nom, mais c’était pas mal même si nous n’avons pas touché un couteau. Nous avons aussi rencontré 3 femmes françaises bien sympas avec qui nous avons dîner le soir. Le reste, nous l’avons consacré à rattraper le travail en retard, faire un peu de lessive, et profiter ce cette pause salvatrice. We love Bundi.




























